Comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins

Innocuité des vaccins antirotavirus

Les fabricants des vaccins RotaTeq® and Rotarix® ainsi que les CDC et la FDA ont présenté des données relatives principalement au risque d’invagination intestinale, que l’on avait observé en association avec un vaccin antirotavirus précédent. De plus, des informations ont été présentées sur la survenue post-vaccinale de la maladie de Kawasaki, pour laquelle les preuves de l’accroissement du risque sont limitées et non significatives du point de vue statistique dans l’essai clinique pour un des deux produits.

En ce qui concerne Rotarix®, rien n’indique, dans aucune des études portant sur 30 000 sujets vaccinés au cours d’essais et une utilisation dans le monde entier, avec 5 millions de doses distribuées, qu’il y ait eu un surcroît d’incidence des invaginations intestinales. Les cas qui ont été signalés ne confirment pas à une relation de cause à effet pour ce qui est du délai d’apparition après la vaccination. Le nombre total des cas signalés a été bien inférieur à ce que l’on aurait pu attendre en appliquant les taux normaux d’incidence pour une population de la taille qui a été vaccinée.

En ce qui concerne RotaTeq®, un rapport sur un grand essai (> 30 000) (l’étude REST) a été présenté et une cohorte d’observation de 44 000 enfants vaccinés est prévue. La plupart des données sont liées aux pays développés, notamment en ce qui concerne les études post-commercialisation et les notifications spontanées. Rien n’indique que la fréquence des invaginations intestinales soit augmentée par rapport à la fréquence spontanée et elle est certainement bien plus faible que celle qui avait été observée avec le vaccin retiré pour cette association. Les données du VAERS sur la notification spontanée montrent également une fréquence des invaginations intestinales inférieure à celle escomptée.

Au cours de l’étude REST, il y a eu 5 cas de maladie de Kawasaki dans le groupe vacciné contre 1 dans le groupe placebo. Les sujets atteints étaient assez jeunes et l’on ne sait pas clairement si la fréquence dans le groupe vacciné est réellement plus élevée que ce à quoi on aurait pu s’attendre. On n’a pas établi précisément d’informations détaillées sur l’incidence spontanée de cette maladie. Son délai d’apparition chez l’enfant vacciné ne présente pas de caractéristiques particulières, mais le nombre des notifications est trop faible pour une évaluation détaillée. La pharmacovigilance a porté avant tout sur les invaginations intestinales, de sorte qu’on a peu de données sur la maladie de Kawasaki.

En ce qui concerne l’invagination intestinale, le GACVS a conclu que les données sont rassurantes, notamment celles provenant des pays développés. Il fait néanmoins observer que, pour l’instant, elles portent surtout sur les vaccins administrés à de jeunes enfants à l’âge préconisé. La surveillance des invaginations intestinales reste importante dans les pays en développement quand les vaccins antirotavirus y sont introduits, notamment parce que la moyenne d’âge des nourrissons présentés à la primo-vaccination risque d’être légèrement plus élevée que dans les pays développés.

En ce qui concerne les rares cas de maladie de Kawasaki constatés, les observations constituent au mieux l’indice d’un signal et les données ne permettent pas encore une évaluation complète du risque. Le diagnostic de cette maladie est difficile chez le nourrisson et elle pourrait ne pas être signalée sans la suspicion qu’elle a été provoquée par un vaccin. Une évaluation soigneuse s’impose donc pour les données à notre disposition et il faut veiller à ce que les études actuelles et futures intègrent la surveillance post-vaccinale de la maladie de Kawasaki.1

1. En juin 2007, la Food and Drug Administration des Etats-Unis (FDA) (http://www.fda.gov/cber/products/rotateq.htm) a approuvé une modification de l’étiquetage, sur la base des rapports concernant la maladie de Kawasaki, mais elle n’a pas modifié les indications du RotaTeq®. Elle n’a pas non plus publié d’avertissements ou de précautions d’emploi qui soient nouveaux ou révisés. Dans son annonce, la FDA a déclaré que la fréquence des cas notifiés à ce jour n’était pas plus grande que celle à laquelle on aurait pu s’attendre par le simple jeu des coïncidences et que les professionnels de santé et les parents peuvent garder toute leur confiance dans ce vaccin. De même, les US Centers for Disease Control and Prevention n’ont pas modifié leurs recommandations sur l’utilisation du RotaTeq®.

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