Surveillance de la paralysie flasque aiguë

Surveillance de la paralysie flasque aiguë (PFA)

La surveillance nationale de la paralysie flasque aiguë (PFA) est la méthode de référence pour détecter les cas de poliomyélite. Elle comporte quatre étapes:

  • détecter et notifier les enfants atteints de paralysie flasque aiguë (PFA);
  • transporter les échantillons de selles pour analyse;
  • isoler et identifier le poliovirus au laboratoire;
  • cartographier le virus pour déterminer l’origine de la souche.

Surveillance environnementale

La surveillance environnementale consiste à rechercher le poliovirus dans les eaux usées ou d’autres échantillons environnementaux. Elle permet souvent de confirmer des infections de poliovirus sauvage en l’absence de cas de paralysie. L’échantillonnage environnemental systématique (pratiqué par exemple en Égypte et à Mumbai en Inde) fournit d’importantes données complémentaires dans ce domaine.

Ailleurs, en particulier dans les régions exemptes de poliomyélite, la surveillance environnementale ad hoc permet de mieux comprendre la propagation internationale du poliovirus.

Indicateurs de surveillance


Indicateurs Niveaux de surveillance minimaux requis pour la certification
Exhaustivité des rapports En matière de surveillance de la PFA, au moins 80% des rapports de routine attendus (hebdomadaires ou mensuels) doivent être reçus à temps, y compris lorsqu’aucun cas de PFA n’est à signaler. La répartition des sites de notification doit être conforme aux caractéristiques géographiques et démographiques du pays.
Sensibilité de la surveillance Au moins un cas de PFA non poliomyélitique doit être détecté chaque année pour 100 000 personnes de moins de 15 ans. Dans les régions d’endémie, pour que la sensibilité soit encore supérieure, ce rapport devrait être de 2 pour 100 000.
Exhaustivité  des enquêtes  Tous les cas de PFA doivent faire l’objet d’une enquête clinique et virologique complète, avec des échantillons de selles «adéquats» collectés pour au moins 80% des cas de PFA. Par échantillons de selles «adéquats», il faut comprendre deux échantillons de selles de qualité suffisante pour une analyse au laboratoire, recueillis à 24 heures d’intervalle au moins, dans les 14 jours suivant le début de la paralysie, et arrivant au laboratoire dans le respect de la chaîne du froid et avec la documentation appropriée.
Exhaustivité du suivi Au moins 80% des cas de PFA doivent faire l’objet d’un examen de suivi pour contrôler si la paralysie subsiste 60 jours après qu’elle se soit déclarée (paralysie résiduelle).
Fonctionnement du laboratoire Tous les échantillons de cas de PFA doivent être traités dans un laboratoire agréé par l’OMS appartenant au Réseau mondial de laboratoires pour la poliomyélite (RMLP).

Réseau mondial de laboratoires pour la poliomyélite (RMLP)

Pour une surveillance efficace de la poliomyélite, il faut que des virologues, des épidémiologistes, des médecins et des membres du programme national de vaccination soient disponibles et bénéficient de l’appui d’un réseau mondial de laboratoires.

Le Réseau mondial de laboratoires pour la poliomyélite (RMLP) a été créé en 1990 par l’OMS et les gouvernements nationaux. Sa principale responsabilité est d’établir si la paralysie flasque aiguë est due à la poliomyélite plutôt qu’à d’autres maladies.

Le Réseau, qui abrite 145 laboratoires, est structuré en trois niveaux.

  • Laboratoires nationaux: les laboratoires nationaux suivent des procédures standardisées pour détecter les poliovirus dans des échantillons de selles recueillis chez des cas de PFA.
  • Laboratoires régionaux de référence: ils confirment si les poliovirus détectés sont sauvages ou s’ils pourraient être issus du vaccin antipoliomyélitique oral (c’est-à-dire, s’il s’agit de poliovirus dérivés d’une souche vaccinale).
  • Laboratoires mondiaux spécialisés: tous les poliovirus sauvages détectés sont envoyés à l’un des sept laboratoires mondiaux spécialisés en vue de contrôler les schémas de transmission du virus.

Tous les laboratoires sont contrôlés de manière continue par rapport à des indicateurs de qualité et sont soumis à des évaluations annuelles en vue de leur agrément.

En 2009, le réseau a analysé plus de 150 000 échantillons de selles de près de 90 000 cas de paralysie flasque aiguë et d’autres sources. Il a également commencé à utiliser une nouvelle méthode pour identifier systématiquement les poliovirus dérivés de vaccins. Cette méthode se fonde sur l’amplification génique dite rRT-PCR en temps réel (transcriptase inverse – amplification génique en temps réel (rRT-PCR)), laquelle cible les substitutions nucléotidiques qui se produisent précocement lors de l’émergence du virus.

En plus de la surveillance, le réseau mène un programme de recherche destiné à améliorer les moyens diagnostiques au laboratoire.

Le réseau se réunit chaque année pour:

  • élaborer des recommandations afin d’améliorer les résultats et la coordination
  • déterminer les besoins en recherche et en ressources des laboratoires du Réseau.
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