Questions fréquentes sur la poliomyélite

1. Qu’est-ce que la poliomyélite?

La poliomyélite (ou «polio») est une maladie très contagieuse provoquée par le virus de la poliomyélite. Elle envahit le système nerveux et peut entraîner une paralysie voire la mort en quelques heures.

2. Comment se transmet-elle?

Le poliovirus sauvage (PVS) pénètre dans l’organisme par la bouche, dans l’eau ou les aliments qui ont été contaminés par les matières fécales d’un sujet infecté. Le virus se multiplie dans les intestins et il est excrété dans les selles du sujet infecté, par lesquelles il peut se transmettre de nouveau.

3. Quels en sont les symptômes?

Les premiers symptômes sont:

  • la fièvre;
  • la fatigue;
  • des céphalées;
  • des vomissements;
  • une raideur dans la nuque;
  • des douleurs dans les membres.

4. Qui risque de l’attraper?

La poliomyélite touche principalement les enfants de moins de 5 ans.

5. Quelles en sont les conséquences?

Les conséquences de la poliomyélite sont les suivantes:

  • Une infection sur 200 se solde par une paralysie irréversible (des jambes, en général).
  • Parmi les sujets paralysés, 5 à 10% meurent lorsque leurs muscles respiratoires cessent de fonctionner.

6. Existe-t-il un traitement?

Non, il n’y a pas de traitement contre la poliomyélite. Il est seulement possible de la prévenir par la vaccination. Il existe un vaccin sûr et efficace: le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO). Le VPO est un outil essentiel pour protéger les enfants contre la poliomyélite. Administré à plusieurs reprises, il leur confère une protection à vie.

À PROPOS DE LA LUTTE MONDIALE CONTRE LA POLIOMYÉLITE

7. Qu’est-ce que l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite?

C’est en 1988 que les gouvernements ont lancé l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (IMEP) dans le but de reléguer cette maladie aux livres d’histoire. L’IMEP est un partenariat mondial réunissant les gouvernements nationaux, l’OMS, le Rotary International, les CDC des États-Unis d’Amérique et l’UNICEF. Depuis sa création, les cas de poliomyélite ont chuté de 99% à l’échelle mondiale. Il y a encore 20 ans, 1000 enfants PAR JOUR étaient paralysés par la poliomyélite. Ils étaient 1349 pour toute l’année 2010.

8. Où le poliovirus sauvage continue-t-il de circuler aujourd’hui?

Seuls trois pays n’ont pas arrêté la transmission de la poliomyélite: l’Afghanistan, le Nigéria et le Pakistan. Toutefois, la poliomyélite peut se propager (et se propage) depuis ces pays vers les pays voisins et au-delà. Il faut se rappeler que toute poche de poliomyélite est une menace pour les enfants partout dans le monde. La poliomyélite ne tient compte ni des frontières, ni des classes sociales, et se déplace avec facilité.

9. La poliomyélite peut-elle se propager vers d’autres pays qui en sont aujourd’hui exempts?

La poliomyélite ne respecte pas les frontières – chaque enfant non vacciné y est exposé. Pour chaque cas de paralysie, entre 200 et 1000 enfants sont infectés sans présenter de symptômes. Il est donc difficile de détecter la poliomyélite et difficile également d’empêcher le virus de se déplacer au gré des voyages. Les enfants vivant dans des zones où les niveaux d’immunité sont faibles sont particulièrement vulnérables. L’éradication du virus est le meilleur moyen de défense contre les importations de poliomyélite. Ce n’est qu’une fois ce but atteint que tous les enfants seront protégés.

10. Comment s’y prendre pour éradiquer la poliomyélite?

Pour arrêter la poliomyélite, nous devons:

  • Mobiliser des sociétés entières en vue d’atteindre chaque enfant.
  • Élaborer des plans spéciaux pour atteindre les enfants des populations mobiles et migrantes, dans les zones de conflit ou dans les régions isolées.
  • Renforcer la vaccination systématique, qui est la meilleure défense contre la poliomyélite au plan national.
  • Améliorer la surveillance dans les zones à haut risque.
  • Encourager les gouvernements à mettre d’autres services publics à disposition des plus pauvres.
  • Continuer de bénéficier d’un engagement politique au plus haut niveau des gouvernements nationaux et des institutions multilatérales
  • Combler le déficit de financement pour les activités de vaccination et de surveillance.

11. Pourquoi accorder autant d’importance à la poliomyélite par rapport aux autres maladies?

La poliomyélite est l’une des rares maladies qu’il est possible d’éradiquer totalement, comme on a pu le faire de la variole. Cet accomplissement profiterait aux enfants du monde entier et plus aucun d’entre eux n’aurait jamais à connaître les souffrances de la poliomyélite paralytique. La plupart des maladies, par exemple le VIH et le paludisme, ne peuvent être éradiquées car les outils nécessaires ne sont pas disponibles.

Or la poliomyélite n’a pas d’hôte intermédiaire (c’est-à-dire qu’elle ne touche pas les animaux et que le virus ne peut pas vivre chez l’animal, contrairement au paludisme, par exemple, qui est véhiculé par les moustiques) et un vaccin sûr et efficace est disponible pour protéger les enfants. De plus, le virus ne survit pas longtemps dans l’environnement et, bien que la maladie soit contagieuse, elle ne l’est que durant une période relativement brève.

Les activités d’éradication de la poliomyélite permettent également de renforcer les services de santé généraux. Grâce à elles, en effet, un réseau de surveillance active de la maladie a été mis en place dans tous les pays, incluant d’autres maladies (y compris la rougeole). Les infrastructures d’éradication de la poliomyélite servent également à fournir d’autres services de santé, comme la distribution de comprimés vermifuges, de vitamine A et de moustiquaires.

À PROPOS DU VACCIN ANTIPOLIOMYÉLITIQUE ORAL (VPO)

12. Pourquoi administre-t-on des vaccins antipoliomyélitiques oraux aux enfants?

Le vaccin antipoliomyélitique est la seule protection contre la poliomyélite, une maladie paralysante contre laquelle il n’y a pas de traitement. Il est essentiel de vacciner chaque enfant de moins de cinq ans contre la poliomyélite. Le vaccin antipoliomyélitique oral est sûr et efficace et, comme il est administré par voie orale, il peut être donné par des volontaires.

13. Le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) a-t-il des effets secondaires?

Le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) est l’un des vaccins les plus sûrs jamais mis au point. Son innocuité est telle qu’il peut être donné aux enfants malades et aux nouveau-nés. Utilisé pour protéger les enfants partout dans le monde, il a permis à au moins cinq millions d’enfants d’échapper à une paralysie permanente. En de très rares occasions, le virus atténué contenu dans le vaccin antipoliomyélitique oral peut muter et retrouver sa virulence. Cela étant, la poliomyélite représente pour les enfants un risque bien supérieur à celui associé au vaccin antipoliomyélite.

14. Quel est l’avis des autorités islamiques sur le vaccin antipoliomyélitique?

Le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) est sûr et a été déclaré halal par des responsables islamiques du monde entier – le grand Cheik Tantawi de l’Université Al-Azhar, le grand Mufti d’Arabie saoudite et le Conseil des Oulémas d’Indonésie.

15. Est-il sûr d’administrer plusieurs doses de VPO à un enfant?

Oui. Le vaccin antipoliomyélitique est conçu pour être administré plusieurs fois de sorte à conférer une protection complète. Dans les régions tropicales, plusieurs doses sont nécessaires pour protéger totalement un enfant – parfois plus de dix. Ce vaccin est sûr pour tous les enfants. Chaque dose supplémentaire renforce leur immunité face à la maladie.

16. Combien de doses de VPO sont nécessaires pour protéger un enfant?

Pour être totalement efficace, le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) doit être administré plusieurs fois. Le nombre de doses nécessaires pour immuniser un enfant dépend entièrement de son état de santé et de son statut nutritionnel, ainsi que du nombre d’autres virus auquel il a été exposé. Tant qu’un enfant n’est pas totalement immunisé, il risque toujours de contracter la poliomyélite. Cela souligne combien il est nécessaire de vacciner tous les enfants à chaque journée nationale de vaccination. Chaque enfant non vacciné est un refuge où le poliovius pourrait s’abriter.

17. Le VPO doit-il être administré à l’enfant durant les campagnes antipoliomyélitiques et dans le cadre de la vaccination systématique?

Oui. Le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) est sûr et efficace et chaque dose supplémentaire renforce la protection de l’enfant face à la poliomyélite. Plusieurs doses de VPO sont nécessaires pour une immunité complète. Si l’enfant a déjà reçu le vaccin auparavant, les doses supplémentaires administrées lors des journées nationales ou locales de vaccination conféreront utilement une immunité supplémentaire.

18. Le VPO est-il sûr pour les enfants malades et les nouveau-nés?

Oui. Le vaccin antipoliomyélitique oral ne présente pas de danger pour les enfants malades. Il est en fait particulièrement important de les vacciner lors des campagnes, tout comme les nouveau-nés, car leurs niveaux d’immunité sont plus faibles que ceux des autres enfants. Tous les enfants malades et tous les nouveau-nés doivent être vaccinés lors des campagnes à venir afin de leur conférer la protection contre la poliomyélite dont ils ont désespérément besoin.

19. Pourquoi certains pays industrialisés utilisent-ils un vaccin antipoliomyélitique différent de celui administré dans les pays en développement?

À deux exceptions près (la Suède et l’Islande), tous les pays du monde utilisaient le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) pour éliminer la maladie et ont généralement continué de le faire jusqu’à la fin des années 1990, où certains sont passés au vaccin antipoliomyélitique inactivé en raison des progrès accomplis vers l’éradication (le risque associé au poliovirus sauvage ayant diminué).

La plupart des pays utilisent le VPO car lui seul permet d’induire une immunité intestinale locale, ce qui signifie qu’il peut effectivement interrompre la transmission du poliovirus sauvage dans un milieu donné. Cela est impossible avec le VPI, un vaccin antipoliomyélitique inactivé qui n’induit que de très faibles niveaux d’immunité contre le poliovirus à l’intérieur de l’intestin, et qui, par conséquent, confère bien une protection individuelle contre la poliomyélite, mais, à l’inverse du VPO, ne peut empêcher la propagation du poliovirus sauvage.

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