Mélamine et acide cyanurique

Toxicité, évaluation préliminaire du risque et orientation sur les teneurs dans les denrées alimentaires


Toxicité associée

Alors que la mélamine et l’acide cyanurique ont une faible toxicité, les faits observés en 2007 lors de la flambée d’insuffisances rénales aiguës chez le chat et le chien, associée à la consommation d’aliments contaminés pour animaux, montrent que l’ingestion simultanée de ces deux composés est toxique pour le rein. Dans cet incident, l’analyse des aliments a établi la présence d’un certain nombre de triazines, dont la mélamine et l’acide cyanurique.

Une étude limitée, dans laquelle des chats ont été nourris avec des aliments contenant des doses croissantes de mélamine et d’acide cyanurique, a également signalé des insuffisances rénales et la présence de cristaux dans les reins (Brown et al., 2007; Puschner et al., 2007). Cela a été confirmé par Dobson et al (2008) qui, dans une étude sur le rat, ont testé l’ingestion de mélamine seule, d’ammeline ou ammelide seuls (des analogues de la mélamine), un mélange de mélamine et d’acide cyanurique et un mélange des quatre produits.

Ni l’ammeline, ni l’ammelide n’ont eu d’effets sur les reins, mais les mélanges ont entraîné des lésions rénales importantes et la formation de cristaux dans les néphrons. Les analyses ont confirmé la présence de mélamine et d’acide cyanurique dans le rein. La microspectroscopie infrarouge des cristaux provenant des reins de rats et de chats (de la flambée concernant les aliments pour animaux) a confirmé qu’il s’agissait de cristaux associant la mélamine et l’acide cyanurique.

Le cyanurate de mélamine a une très faible solubilité, ce qui entraînerait la formation de cristaux dans les reins. On pense que la mélamine et l’acide cyanurique sont absorbés dans le tube digestif, passent dans la circulation systémique et, pour des raisons que l’on n’a pas encore élucidé complètement, précipitent dans les tubules rénaux, entraînant progressivement leur blocage et leur dégénérescence (Dobson et al., 2008).

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