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Précisions sur le lien hypothétique entre les stations de base des téléphones mobiles et le cancer

Selon la presse récente, « l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) reconnaît désormais que les champs électromagnétiques (CEM) sont une cause probable ou possible de cancer ». Cette affirmation a été publiée à la suite des cas de cancer groupés qui sont apparus chez de jeunes enfants en Espagne et que l’on a attribués aux CEM émis par les antennes d’une station de base pour les téléphones mobiles.

Or, cette affirmation déforme la position adoptée par l’OMS sur les effets éventuels pour la santé d’une exposition aux radiofréquences émises par les téléphones cellulaires ou leurs stations de base.

Dans son aide-mémoire n°193, révisé en juin 2000, « Champs électromagnétiques et santé publique ; les téléphones mobiles et leurs stations de base », l’OMS déclare : « Parmi les études entreprises récemment, aucune ne permet de conclure que l’exposition à des champs de radiofréquences émis par les téléphones mobiles ou leurs stations de base ait une incidence néfaste quelconque sur la santé. Toutefois, l’état des connaissances actuelles présente des lacunes qui doivent être comblées pour permettre une meilleure évaluation des risques sanitaires. Il s'écoulera entre trois et quatre ans avant que les recherches nécessaires sur les radiofréquences soient menées à terme et évaluées et que les résultats finals soient publiés. » Cette déclaration, toujours conforme à l’état actuel des connaissances scientifiques, donne la position de l’OMS à ce sujet.

La confusion est peut-être venue du fait qu’en juin 2001, le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), agence spécialisée de l’OMS pour le cancer, a classé les champs magnétiques à basses fréquences (de 50 ou 60 Hz) dans la catégorie « peut-être cancérogène pour l’homme ». L’aide-mémoire n°263 de l’OMS,intitulé « Champs électromagnétiques et santé publique : fréquences extrêmement basses et cancer », paru en octobre 2001, donne la base et la signification de cette classification. Mais, comme l’explique l’aide-mémoire n°193 de l’OMS, les champs émis par les stations de base des téléphones mobiles se situent dans la gamme des radiofréquences (fréquences supérieures à 10 millions Hz).

L’OMS demande aux journalistes et au public de bien noter la très grande différence entre la fréquence des CEM, 50 ou 60 Hz, et celles qui dépassent 10 millions Hz. En conséquence, les phénomènes sur lesquels on se base pour limiter l’exposition humaine sont complètement différents : réchauffement des tissus pour les champs à radiofréquences élevées et induction de courants électriques dans l’organisme pour les champs à fréquence extrêmement basse.

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