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Un siècle d’action des femmes pour améliorer leur vie

Déclaration du Directeur général de l’OMS, le Dr Margaret Chan à l’occasion du centième anniversaire de la Journée internationale de la femme
Genève, Suisse

8 mars 2011

Cette année, nous célébrons un siècle d’action des femmes pour améliorer leur vie, celle de leur communauté et leur santé en jouant le rôle d’agents de changement.

Depuis cent ans, de nombreux progrès ont permis d’améliorer la santé des femmes et des jeunes filles. Par exemple: les réformes sociales et juridiques concernant l’âge minimum du mariage et du consentement sexuel, l’accès à des services d’avortement médicalisé (lorsque celui-ci est autorisé par la loi), à la contraception, aux mammographies et autres technologies sanitaires; et les progrès réalisés en vue de mettre fin aux pratiques nocives telles que la violence sexuelle et sexiste, y compris les mutilations sexuelles féminines.

Mais la santé des femmes ne se limite pas, bien sûr, à la procréation et de nombreuses maladies se manifestent et sont traitées différemment chez les femmes. Les femmes scientifiques, cliniciennes, celles qui défendent les femmes ou effectuent des recherches sur la santé des femmes ont permis de développer les connaissances et la pratique médicale en ce qui concerne de nombreuses affections courantes, y compris les maladies cardio-vasculaires – l’une des 10 principales causes de mortalité féminine dans le monde.

Les femmes n’ont pas réalisé tout cela seules – mais rien n’aurait été possible si les femmes et les jeunes filles n’avaient pas pris en main ces questions.

Oui, nous avons beaucoup à célébrer en ce centième anniversaire. Mais nous avons également des défis à relever. Les taux de mortalité maternelle et les taux de VIH chez les jeunes femmes sont encore trop élevés, la consommation de tabac chez les femmes est en augmentation, les différentes formes de violence sexiste sont toujours très répandues et le fardeau des maladies non transmissibles pour les femmes est de plus en plus lourd.

Le thème de cette année «l’égalité d’accès à l’éducation, à la formation, aux sciences et aux technologies: vers un travail décent pour les femmes », se concentre sur quelques déterminants fondamentaux de la santé des femmes. Il faut que nous agissions sans plus tarder sur les formes directes et indirectes des inégalités entre les sexes qui empêchent les femmes de tous âges de jouir de leur droit fondamental à la santé.

L’éducation et la formation dotent les filles et les femmes des compétences nécessaires pour protéger leur santé mais les normes sociales empêchent beaucoup d’entre elles de suivre et de terminer des études primaires et secondaires. Cela se répercute de façon négative sur la fécondité, les taux de tabagisme ou la prévention du VIH et est associé à un risque accru pour les femmes de subir des formes sexuelles ou autres de violence sexiste.

L’accès à la science et à la technologie permet aux femmes de maîtriser leur propre santé et de suivre des programmes de formation et d’éducation spécialisés. Grâce à une telle formation, les femmes et les filles peuvent tirer parti des campagnes de santé novatrices souvent diffusées en ligne ou sur téléphone portable. En adoptant des stratégies de santé novatrices, nous devons être certains que les femmes et les filles ne sont pas laissées de côté parce qu’elles ne savent pas utiliser les nouvelles technologies ou n’y ont pas accès.

Associer les femmes à la recherche en santé et à la mise au point de technologies garantit que les progrès médicaux permettent d’améliorer leur santé et qu’elles en bénéficient de manière égale. Cela exige une participation éclairée des femmes à des essais cliniques ainsi que des données de recherche en santé ventilées par sexe, au minimum.

Lorsque les femmes ont des conditions de travail décentes, elles sont plus susceptibles de bénéficier de mesures de protection sociale telles que l’assurance-maladie de l’employeur, des prestations de maternité, des services de médecine du travail ou des mesures de sécurité – autant de facteurs qui améliorent l’accès aux soins de santé et les résultats sur le plan sanitaire.

En somme, lorsque les jeunes filles et les femmes n’ont pas une égalité d’accès à ces déterminants de la santé, cela veut dire que l’éducation, l’emploi et les systèmes de santé ont échoué à répondre à leurs besoins. Il est temps de remédier à cette situation.

Aujourd’hui, prenons le temps de célébrer tout ce qui a été accompli pour et par les femmes au cours du siècle écoulé. Mais allons également de l’avant pour nous attaquer à des problèmes essentiels en nous fondant sur les enseignements tirés depuis la première Journée internationale de la femme, afin de permettre aux femmes et aux jeunes filles partout dans le monde de réaliser leur plein potentiel.

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