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Un tiers des établissements de santé au nord-est du Nigéria sont détruits

Communiqué de presse

Sur plus de 700 établissements de santé dans l’État de Borno, au nord-est du Nigéria, un tiers a été complètement détruit, selon un rapport publié aujourd’hui par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Parmi ceux qui restent, un tiers ne fonctionne plus du tout.

«La forte insécurité, les difficultés du terrain et le manque de personnels de santé, de médicaments, d’équipements et des commodités de base, comme l’eau potable, rendent l’accès aux soins de santé indispensables extrêmement difficile pour les populations dans cette zone de conflit», déplore le Dr Wondi Alemu, Représentant de l’OMS au Nigéria.

«La première des priorités pour l’OMS est d’aider à sauver des vies et à éviter les maladies pour les 6 millions de personnes qui, selon les estimations, ont besoin d’une assistance sanitaire au cours de cette crise.»

L’OMS a collaboré avec le ministère de la Santé de l’État de Borno pour mettre en place un système de suivi de la disponibilité des ressources sanitaires (appelé HeRAMS, Health Resources Availability Monitoring System), afin de recueillir des informations sur la disponibilité des ressources et des services de santé dans cette crise humanitaire.

Le premier rapport de ce nouveau système a identifié 743 établissements de santé dans l’État de Borno, dont 35% sont complètement détruits, 29% partiellement endommagés et seulement 34% intacts. Une centaine d’établissements de santé temporaires ont été mis en place pour soutenir l’intervention, dont 49 dispensaires d’urgence pour les personnes déplacées vivant dans des camps.

Sur les 481 établissements qui n’ont pas été détruits, 31% ne fonctionnent pas, principalement du fait d’un accès impossible à cause de l’insécurité. Près de 60% des établissements de santé n’ont pas d’eau potable (32% n’ont pas du tout d’accès à l’eau) et trois sur quatre (73%) n’ont pas de stocks suffisants de chlore pour décontaminer l’eau qu’ils utilisent.

«Les informations données par ce système sont cruciales pour orienter la gestion du Ministère de la santé de l’État de Borno et de ses partenaires afin de combler les lacunes les plus urgentes», indique M. Kadai Baba Gana, Directeur adjoint de la planification, de la recherche et des statistiques au Ministère de la santé de l’État de Borno, qui dirige aussi l’équipe spéciale HeRAMS. «Elles nous aideront à mieux coordonner et surveiller l’action, ainsi qu’à orienter l’allocation de nos faibles ressources.»

HeRAMS est un système en ligne servant à surveiller les établissements de santé, les services et les ressources qui sont disponibles et accessibles en situation d’urgence. L’OMS forme les agents de santé à saisir les informations essentielles dans ce système sur le dispensaire ou l’hôpital où ils travaillent, notamment le type des services pouvant être assurés par l’établissement, les ressources essentielles dont dispose l’infrastructure, comme l’électricité ou l’eau, les compétences des personnels de santé, les équipements et les médicaments disponibles, ainsi que l’aide reçue de partenaires externes. Ces informations sont actualisées régulièrement pour aider à suivre les progrès ou de nouvelles interruptions des services.

Environ 60% des établissements de santé au nord-est du Nigéria reçoivent actuellement une aide d’un ou de plusieurs des 18 partenaires intervenant sur cette crise.

L’OMS travaille en étroite collaboration avec eux pour aider le gouvernement à délivrer les services de santé essentiels, à collecter et à analyser les principales informations sanitaires, à se préparer à des flambées épidémiques et à y riposter.

L’OMS a établi une forte présence dans les communautés de ces régions grâce à un programme de lutte contre la poliomyélite bien implanté et comprenant des équipes d’agents de santé formés à travailler dans des zones de forte insécurité et à s’occuper de communautés qu’aucun autre partenaire ne peut atteindre.

Il faut néanmoins davantage de ressources. Les Nations Unies et leurs partenaires ont besoin de 94 millions de dollars (US $) pour dispenser au cours de cette crise les services de santé à 6 millions de personnes, dont plus de la moitié sont des enfants. Sur cette somme, l’OMS a besoin de 31 millions de dollars (US $) pour réaliser ses plans d’intervention en 2017.

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