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Progrès en matière de diagnostic de la tuberculose multirésistante

Un projet innovant étend l’accès à de nouveaux tests de dépistage

Communiqué de presse

En 2012, près d’un demi-million de personnes ont contracté une tuberculose multirésistante (tuberculose-MR), mais seulement un cas sur quatre a été diagnostiqué, principalement à cause du manque d’accès à des services de qualité.

À l’approche de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, le 24 mars, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) rapporte cependant que, grâce à un projet international innovant, 27 pays font des progrès prometteurs en matière de diagnostic de la tuberculose multirésistante.

Ce projet, connu sous le nom de «EXPAND-TB» (Étendre l’accès à de nouvelles méthodes de diagnostic de la tuberculose) et financé par UNITAID, a aidé à tripler le nombre des cas de tuberculose multirésistante diagnostiqués dans les pays participants.

«Il est crucial de diagnostiquer plus tôt et plus rapidement toutes les formes de tuberculose, déclare le Dr Margaret Chan, Directeur général de l’OMS. On augmente ainsi les chances de prescrire le bon traitement et de guérir les patients, et on contribue à arrêter la propagation des formes résistantes aux médicaments.»

Atteindre les trois millions de personnes qui ne sont pas soignées

«Il est crucial de diagnostiquer plus tôt et plus rapidement toutes les formes de tuberculose. On augmente ainsi les chances de prescrire le bon traitement, de guérir les patients, et on contribue à arrêter la propagation des formes résistantes aux médicaments.»

Dr Chan, Directeur général de l’OMS

La Journée mondiale de lutte contre la tuberculose 2014 a pour slogan «Atteindre les trois millions». Selon les estimations, un tiers des neuf millions de personnes contractant la tuberculose chaque année ne bénéficient pas des soins dont ils ont besoin. Dans de nombreux pays, il est difficile d’avoir accès aux services de diagnostic, en particulier en cas de tuberculose-MR.

Certains pays ne disposent que d’un laboratoire central, souvent avec des capacités limitées pour diagnostiquer cette forme de tuberculose. Dans certains cas, les échantillons des patients doivent être envoyés dans d’autres pays pour faire les analyses. De plus, avec les tests classiques, il faut parfois plus de deux mois pour obtenir les résultats.

La situation commence cependant à évoluer. De nouvelles technologies permettent de diagnostiquer rapidement la tuberculose et la tuberculose-MR en à peine deux heures.

«Grâce à l’association fructueuse de collaborateurs, parmi lesquels ceux qui travaillent sur l’accès au diagnostic, l’histoire de la tuberculose-MR évolue», déclare Philippe Meunier, Ambassadeur du gouvernement français chargé de la lutte contre le VIH/sida et les maladies transmissibles. «L’augmentation des capacités et la baisse des prix signifient que l’on pourra prendre en charge davantage de patients et que les risques pour la santé mondiale diminueront.»

En 2009, UNITAID a donné (US $)87 millions pour soutenir le projet EXPAND-TB réunissant plusieurs partenaires et visant à permettre un accès efficace et durable, ainsi que l’utilisation de nouvelles techniques de diagnostic recommandées dans 27 pays à revenu faible ou intermédiaire. Selon les estimations, ces pays représentent ensemble 40% de la charge de morbidité mondiale imputable à la tuberculose-MR.

Plus de 30% des cas de tuberculose multirésistante détectés

Le projet EXPAND-TB a donné des résultats impressionnants. Les pays qui en ont bénéficié ont détecté plus de 30% des cas de tuberculose-MR dans le monde en 2012. En Inde, 90% des cas de tuberculose-MR ont été décelés dans des services aidés par le projet. L’utilisation de ces tests suppose un renforcement des services de laboratoire. Fin 2013, le nombre d’établissements pleinement opérationnels était de 92. De 2009 à 2013, le nombre de cas de tuberculose-MR diagnostiqués dans les 27 pays a triplé et a atteint 36 000 pour 2013 seulement.

Le projet a permis de traiter davantage de patients avec des médicaments antituberculeux de seconde intention de qualité garantie. Grâce à cette demande, il a contribué à faire baisser d’un tiers le prix des médicaments et des schémas thérapeutiques contre la tuberculose-MR. Les prix ont également diminué pour les fournitures nécessaires au diagnostic.

Les partenaires du projet sont l’OMS, l’Initiative mondiale pour les laboratoires, le Service pharmaceutique mondial du Partenariat Halte à la tuberculose et la Fondation pour des outils diagnostiques nouveaux et innovants (FIND). Les fonds ont été utilisés pour acheter du matériel, des fournitures et pour former les techniciens de laboratoire.

Le projet EXPAND-TB complète les investissements dans le domaine des infrastructures de laboratoire et des services de diagnostic de la part de partenaires internationaux comme le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, la Banque mondiale et le gouvernement des États-Unis d’Amérique.

« Le retard en matière d’accès au diagnostic et aux soins de la tuberculose est loin d’avoir été rattrapé, mais il est en train de se combler. Grâce à la dynamique de laboratoires modernes, nous sommes sur le bon chemin pour nous occuper enfin de la tuberculose-MR », explique le Dr Mario Raviglione, Directeur à l’OMS du Programme mondial de lutte antituberculeuse.

Les ministères de la santé s’efforcent désormais de trouver au niveau national les fonds nécessaires sur le moyen terme et collaborent avec les partenaires pour combler les déficits de financement pour des tests et services de diagnostic de qualité.


Note à la rédaction

Partenaires du projet EXPAND-TB et citations supplémentaires

L’OMS représente, à l’intérieur du système des Nations Unies, l’autorité directrice et coordonnatrice en matière de santé. Il lui incombe de jouer le rôle de chef de file pour les questions de santé au niveau mondial, d’inspirer l’agenda de la recherche en santé, de fixer des normes et des critères, de développer, en ce qui concerne les politiques à mener, différentes options fondées sur des données factuelles, d’apporter une assistance technique aux pays et d’assurer le suivi et l’évaluation de tendances en matière de santé.

UNITAID est une initiative mondiale pour la santé créée en 2006 par les gouvernements du Brésil, du Chili, de la France, de la Norvège et du Royaume-Uni pour garantir un financement durable de la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose. Environ 70% des fonds d’UNITAID proviennent d’une taxe modique sur les billets d’avion. Par l’intermédiaire d’agents d’exécution, UNITAID finance l’achat de médicaments et de produits diagnostiques de qualité garantie pour les patients des pays pauvres, usant de son influence sur le marché pour étendre l’offre, promouvoir la mise au point de produits nouveaux et mieux adaptés, réduire les délais de livraison et faire baisser les prix.

Le Dr Philippe Duneton, Directeur exécutif par intérim d’UNITAID a déclaré: «Le projet EXPAND-TB a représenté une part importante du portefeuille d’investissement d’UNITAID pour la tuberculose, l’identification des cas ayant été et demeurant essentielle. Pour atteindre les trois millions «manquants», nous devons continuer à trouver et à utiliser des techniques de diagnostic toujours plus performantes, mais aussi permettre aux pays à revenu faible ou intermédiaire d’accéder aux nouveaux médicaments désormais disponibles.»

Le Service pharmaceutique mondial du Partenariat Halte à la tuberculose coordonne et gère pour les pays éligibles les achats et les livraisons de produits pour la tuberculose, comme des médicaments de qualité garantie, du matériel de diagnostic et des fournitures; il offre également une assistance technique pour établir des systèmes d’approvisionnement qui soient plus pérennes. Il a procuré et distribué des diagnostics et du matériel de laboratoire pour le projet et, en centralisant la demande mondiale de médicaments antituberculeux de seconde intention, a obtenu jusqu’à 32% de réduction des coûts pour le traitement de la tuberculose-MR en instituant une base plus large de fournisseurs produisant des médicaments de qualité garantie et en permettant une plus grande concurrence sur les marchés.

«Nous devons veiller à ce que les services de diagnostic soient accessibles et plus proches de ceux qui en ont besoin. Le projet a appliqué avec succès une approche stratégique qui réunit de multiples partenaires et a lié le diagnostic, les capacités de traitement et l’approvisionnement en médicaments, montrant ainsi la voie à une lutte plus puissante contre la tuberculose-MR», explique le Dr Joel Keravec, Conseiller spécial du Service pharmaceutique mondial.

FIND (Fondation pour des outils diagnostiques nouveaux et innovants) est une organisation internationale à but non lucratif pilotant la mise au point et la livraison de solutions innovantes de diagnostic pour les maladies liées à la pauvreté. Principal partenaire d’exécution du projet EXPAND-TB, elle travaille en étroite collaboration avec les programmes nationaux de lutte antituberculeuse et de multiples partenaires internationaux et locaux pour renforcer les capacités des laboratoires, accélérer la mise en place des nouvelles technologies et établir le savoir-faire nécessaire à leur utilisation. La Fondation veille avec d’autres à ce que les éléments essentiels nécessaires pour une mise en œuvre réussie des diagnostics soient en place et vise à avoir un impact maximum sur les patients.

«Sans moyens de diagnostic, la médecine est aveugle, a déclaré le Dr Catharina Boehme, Directeur général de la Fondation. Le projet EXPAND-TB est crucial pour développer les capacités de détection de la résistance de la tuberculose aux médicaments. Il a également établi le fondement d’une utilisation rapide et à bon escient des futures innovations en matière de diagnostic, dont on a besoin d’urgence pour combattre efficacement la tuberculose et la résistance aux médicaments. L’engagement continuel de la part de la communauté mondiale de la santé en faveur de ces outils, en particulier des méthodes de diagnostic sur le lieu même des soins, devrait rester en tête des priorités.»


Pour plus d’informations, veuillez prendre contact avec:

Mr Tarik Jasarevic
Chargé de communication, OMS
Portable +41 79 367 6214
Téléphone: +41 22 791 5099
Courriel: jasarevict@who.int

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