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L'Assemblée mondiale de la Santé s'achève sur de nombreuses résolutions adoptées

Communiqué de presse

La 63ème Assemblée mondiale de la Santé, qui a réuni des ministres de la santé et des hauts responsables sanitaires des États Membres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a achevé ses travaux vendredi soir.

«Vous êtes parvenus à un accord sur certains points qui sont un bienfait réel pour la santé publique partout dans le monde. Grâce à ceux d’entre vous qui ont travaillé parfois toute la nuit, nous disposons maintenant d’un code de pratique pour le recrutement international des personnels de santé», a déclaré le Dr Margaret Chan, Directeur général de l’OMS.

«De plus, vous avez donné à la santé publique un instrument de politique générale et des orientations pour faire face à l’un des problèmes de santé les plus alarmants et qui progressent le plus rapidement dans le monde: celui des maladies non transmissibles telles que les maladies cardio vasculaires, le cancer, le diabète et les maladies respiratoires chroniques.»

Les délégués ont adopté des résolutions sur différentes questions de santé publique, parmi lesquelles:

Santé publique, innovation et propriété intellectuelle: Stratégie mondiale et Plan d’action

La question de la propriété intellectuelle est cruciale pour les 4,8 milliards de personnes qui vivent dans les pays en développement, dont plus de 40% avec moins de 2 dollars par jour. La pauvreté les empêche d’accéder aux produits médicaux indispensables contre la maladie. Cette année, le débat a porté sur des considérations de financement, notamment l’usage rationnel des fonds, et sur la réalisation de recherches par l’intermédiaire de réseaux régionaux. La Stratégie mondiale attribue à l’OMS un rôle stratégique et central dans la relation entre santé publique, innovation et propriété intellectuelle dans le cadre de son mandat.

Cette stratégie est destinée à promouvoir une nouvelle réflexion sur l’innovation et l’accès aux médicaments qui encourage une recherche axée sur les besoins et non motivée par de pures considérations de marché. Un nouveau groupe consultatif examinera les moyens d’avancer en ce sens et devrait faire rapport à la 65ème Assemblée mondiale de la Santé, en 2012.

Produits médicaux contrefaits

Un groupe de travail sur les produits médicaux contrefaits a proposé, et l’Assemblée de la Santé a accepté, que l’OMS crée un groupe de travail intergouvernemental ouvert à tous les États Membres, chargé d’examiner:

  • le rôle que peut jouer l’OMS pour assurer la disponibilité de médicaments de qualité, sûrs, efficaces et d’un prix abordable;
  • les relations entre l’OMS et le Groupe spécial international de lutte contre la contrefaçon de produits médicaux (IMPACT);
  • le rôle que peut jouer l’OMS pour prévenir et combattre les produits médicaux de qualité inférieure, faux, faussement étiquetés, falsifiés et contrefaits.

Il était souligné dans la proposition que le groupe devrait s’en tenir aux seules questions de santé publique. Les questions de propriété intellectuelle et de commerce n’entreront pas dans son mandat. Le groupe formulera des recommandations spécifiques à la Soixante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé, en 2011.

Hépatite virale

Les États Membres ont accepté le rapport présenté à l’Assemblée mondiale de la Santé et ont adopté une résolution instituant une Journée mondiale de l’hépatite le 28 juillet. L’hépatite virale (hépatite A, B, C, D et E), dont on estime que plus d’un million de personnes meurent chaque année, toucherait une personne sur 12 actuellement, qui, si la maladie n’est pas diagnostiquée, souffriront à vie d’une maladie du foie. En adoptant cette résolution, les États Membres engagent l’OMS à mettre au point une approche globale pour lutter contre les différentes formes de cette maladie.

Suivi de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)

Dans sa résolution, l’Assemblée de la Santé se dit préoccupée par la lenteur relative des progrès accomplis en vue d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, notamment en Afrique subsaharienne, et par les inégalités en matière de santé qui continuent à compromettre la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant et l’accès universel aux services de santé génésique. Les États Membres ont noté le retard concernant les objectifs 4 et 5 et sont convenus de renforcer les systèmes de santé nationaux et de tenir compte de l’équité en santé dans toutes les politiques nationales. Ils ont aussi réaffirmé la valeur des soins de santé primaires et renouvelé leur engagement de prévenir et d’éliminer la morbidité et la mortalité maternelles, néonatales et juvéniles.

Recrutement international des personnels de santé: code de pratique mondial

Le code de pratique pour le recrutement international des personnels de santé vise à instituer et à promouvoir des principes et des pratiques non contraignants pour un recrutement conforme à l’éthique. Il propose aux États Membres des principes d’éthique pour un recrutement international qui renforcent les systèmes de santé des pays en développement. Il dissuade les États de recruter activement des personnels de santé originaires de pays en développement qui sont confrontés à des pénuries aiguës d’agents de santé et les encourage à faciliter les «migrations circulaires des personnels de santé» en vue d’accroître le plus possible les compétences et l’échange de connaissances. Il stipule aussi que les personnels de santé migrants ont les mêmes droits que les personnels de santé locaux.

Sécurité sanitaire des aliments

Un grand nombre de pays ont noté que beaucoup de maladies peuvent avoir une origine alimentaire, que des problèmes de sécurité sanitaire peuvent survenir dans les systèmes nationaux de production alimentaire et que le commerce international de produits alimentaires a atteint un volume sans précédent. Dans sa résolution, l’Assemblée de la Santé invite à améliorer la base de données factuelles pour estimer la charge des maladies d’origine alimentaire, à renforcer les réseaux mondiaux, y compris le Réseau international des autorités de sécurité sanitaire des aliments (INFOSAN), et à faire en sorte que les risques d’origine alimentaire et zoonotique soient évalués, maîtrisés et communiqués en temps opportun.

L’OMS est encouragée à continuer à collaborer directement avec la FAO et l’OIE afin d’améliorer la santé publique et de soutenir le développement économique et à poursuivre les évaluations conjointes des risques dans le cadre des organes spécialisés de l’OMS et de la FAO, ainsi que la fixation de normes dans le cadre de la Commission FAO/OMS du Codex Alimentarius.

Lutte contre les maladies non transmissibles: mise en œuvre de la Stratégie mondiale

Les maladies non transmissibles – à savoir principalement les maladies cardio-vasculaires, les cancers, les maladies respiratoires chroniques et le diabète – font près de 35 millions de morts chaque année. Près de 90% des décès avant l’âge de 60 ans surviennent dans les pays en développement et sont en grande partie évitables. Les États Membres ont passé en revue les progrès accomplis au cours des deux premières années de mise en œuvre du Plan d’action pour la Stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles. Ils ont pris acte du succès des approches menées en ce qui concerne:

  • la mise en œuvre d’interventions visant à surveiller des maladies non transmissibles et les facteurs qui y contribuent;
  • la lutte contre les facteurs de risque et les déterminants, soutenue par des mécanismes efficaces d’action intersectorielle; et
  • l’amélioration des soins de santé dispensés aux personnes atteintes de maladies non transmissibles grâce à un renforcement du système de santé.

Les pays en développement ont également souligné que l’aide publique au développement visant à mettre en place des capacités institutionnelles durables pour lutter contre les maladies non transmissibles restait très modeste.

Stratégies visant à réduire l’usage nocif de l’alcool

Chaque année, 2,5 millions de personnes meurent de causes liées à l’alcool. La consommation nocive d’alcool est un facteur de risque de maladies non transmissibles et elle est également associée à diverses maladies infectieuses de même qu’à des accidents de la circulation, des actes de violence et des suicides. Pour la première fois, les délégations de tous les États Membres sont parvenues à un consensus sur une résolution visant à lutter contre l’usage nocif de l’alcool. Outre la résolution, les États Membres ont examiné une stratégie mondiale visant à réduire l’usage nocif de l’alcool qui fixe des domaines d’action prioritaires et recommande tout un ensemble de mesures et d’options pour l’élaboration de politiques.

Éradication mondiale de la rougeole

Les États Membres ont approuvé une série de cibles intérimaires pour 2015 comme étapes vers l’éradication mondiale de la rougeole. Les pays ont été encouragés par les efforts menés et les progrès accomplis dans la lutte contre la rougeole mais ont également mis en lumière les problèmes qui restent encore à résoudre si l’on veut atteindre les cibles de 2015. Ces problèmes sont notamment les suivants: des priorités de santé publique concurrentes, des systèmes de vaccination médiocres, une couverture élevée par la vaccination systématique à maintenir, un déficit de financement à combler, la vaccination de populations difficiles à atteindre et la prise en charge d’un nombre croissant de flambées de rougeole, en particulier dans des zones transfrontalières.

La réalisation des cibles fixées pour la rougeole en 2015 est un élément décisif pour celle de l’objectif 4 du Millénaire pour le développement concernant la réduction de la mortalité de l’enfant.

Disponibilité, innocuité et qualité des produits sanguins

La résolution ouvre la voie à un élargissement de l’accès à des transfusions de sang sécurisé et à des produits sanguins sûrs et abordables dans les pays en développement en les encourageant à créer des systèmes nationaux de réglementation, en mettant à profit l’expertise et l’expérience réglementaire qui existent déjà dans d’autres parties du monde.

Transplantation d’organes et de tissus humains

Les nouvelles lignes directrices sur la transplantation d’organes et de tissus humains ajoutent de nouveaux principes directeurs aux recommandations existantes. Le premier consiste à améliorer l’innocuité, la qualité et l’efficacité tant des procédures suivies pour les dons que des méthodes de transplantation – ainsi que des matériels humains utilisés. Le deuxième vise à accroître la transparence tout en assurant la protection de l’anonymat et de la vie privée des donneurs comme des receveurs.

Traitement et prévention de la pneumonie

Les États Membres de l’OMS ont adopté une résolution sur le traitement et la prévention de la pneumonie – première maladie mortelle pour les enfants de moins de cinq ans au niveau mondial. La résolution précise bien que des efforts intensifiés pour lutter contre la pneumonie s’imposent si l’on veut atteindre l’objectif 4 du Millénaire pour le développement.

Alimentation du nourrisson et du jeune enfant

Près de 112 millions d’enfants dans le monde sont d’un poids insuffisant et 186 millions d’enfants de moins de cinq ans présentent un retard de croissance (petite taille pour l’âge), dont 90% vivent dans 36 pays. La malnutrition de l’enfant est liée à des pratiques inadaptées d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Au niveau mondial, 35% seulement des nourrissons de moins de six mois sont exclusivement nourris au sein et les pratiques d’alimentation complémentaire sont loin d’être optimales. L’amélioration des pratiques en matière d’allaitement pourrait permettre de sauver chaque année près d’un million de vies d’enfants. L’alimentation complémentaire, alliée à une poursuite de l’allaitement jusqu’à l’âge de deux ans ou au-delà, pourrait à son tour permettre de sauver la vie de 500 millions d’enfants supplémentaires.

La résolution comporte un appel à un engagement politique accru, à la mise en œuvre de la Stratégie mondiale pour l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant et au renforcement des systèmes de surveillance nutritionnelle, ainsi qu’à une meilleure utilisation des indicateurs de l’objectif du Millénaire pour le développement pour suivre les progrès.

Malformations congénitales

Une résolution a été adoptée pour aider à remédier à l’importance limitée accordée jusqu’ici à la prévention et à la prise en charge des malformations congénitales, notamment dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. La résolution demande aux États Membres de prévenir les malformations congénitales dans la mesure du possible, de mettre en œuvre des programmes de dépistage, et de fournir un soutien et des soins continus aux enfants présentant des malformations congénitales et à leur famille.

Préparation en cas de grippe pandémique: échange des virus grippaux et accès aux vaccins et autres avantages

Les États Membres ont exprimé un soutien sans faille aux efforts poursuivis par le groupe de travail à composition non limitée afin d’améliorer encore la préparation mondiale en cas de grippe pandémique en renforçant l’échange des virus grippaux et le partage des avantages tels que les vaccins. Les États Membres se sont exprimés sur les progrès accomplis lors de la récente réunion intergouvernementale (10-12 mai 2010) et ont qualifié leurs échanges de transparents, utiles, fondés sur une bonne collaboration et constituant un fondement important pour les futures négociations dans ce domaine.

Parmi les problèmes soulevés: le rôle de l’industrie en tant que partie prenante du processus visant à accroître les capacités mondiales de production de vaccins, à accroître le transfert de technologie aux pays en développement et l’accès aux vaccins et aux médicaments à des prix abordables pour les pays qui manquent de ressources. Plusieurs pays ont demandé instamment d’intensifier la collaboration en vue de renforcer la préparation en cas de pandémie et de protéger la santé publique mondiale. Après examen du rapport du groupe de travail à composition non limitée (15 avril 2010), une résolution a été adoptée qui:

  • prie le Directeur général de continuer à apporter son soutien à l’effort engagé et de mener les consultations techniques et études nécessaires;
  • décide que le groupe fera rapport à la Soixante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé par l’intermédiaire du Conseil exécutif, en mai 2011.

Application du Règlement sanitaire international (2005

Le premier rapport du Comité d’examen, qui était chargé d’évaluer le fonctionnement du Règlement sanitaire international (RSI) durant la grippe pandémique, a été examiné.

Les délégués ont souligné que la portée du RSI va au-delà des pandémies et joue un rôle central dans la santé publique mondiale, et que leurs pays soutiennent pleinement son application. Ils ont présenté de façon détaillée les activités menées par leurs pays pour mettre en œuvre le Règlement aux niveaux national et régional.

Les États Membres ont souligné la nécessité de renforcer les capacités individuelles dans les pays, de tirer les leçons du passé, et mis en exergue combien il importe de faire preuve de flexibilité et de nouer un dialogue au-delà même du secteur de la santé. Ils se sont également félicités des activités de formation et de sensibilisation menées en rapport avec le RSI grâce au soutien de l’OMS, et ont insisté sur l’importance de surveiller l’application du RSI. Enfin, ils ont mis en avant la nécessité de disposer d’une communication et de partenariats solides.

Élection du Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé

Les délégués ont débattu de la question de savoir si l’élection du Directeur général devait se faire uniquement sur la base du mérite ou par roulement entre les Régions de l'OMS.

D’autres résolutions ont été adoptées, et notamment sur la situation sanitaire dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et dans le Golan syrien occupé.

L’Assemblée mondiale de la Santé était présidée par M. Mondher Zenaïdi, ministre de la Santé de la Tunisie.

«Je suis convaincu que les décisions importantes qui ont été prises par consensus entre les États Membres témoignent d’un désir commun d’obtenir des résultats concrets de nature à aider l’humanité tout entière à exercer son droit à la santé», a-t-il déclaré.

Plus de 2800 délégués ont participé cette année à la Soixante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé.

En marge de l’événement, des responsables de la santé publique ont inauguré au Siège de l’OMS une statue pour commémorer les 30 ans de l’éradication de la variole.

Pour plus d’informations, veuillez prendre contact avec:

Christy Feig
Directeur de la communication de l’OMS
Portable: + 41 79 251 70 55
Courriel: feigc@who.int

Fadéla Chaib
Portable: +41 79 475 55 56
Courriel: chaibf@who.int

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