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Margaret Chan plaide pour remettre plus de justice au coeur des politiques

Communiqué de presse

Le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, le Dr Margaret Chan, a répondu aujourd’hui aux responsables qui appellent à une refonte des systèmes internationaux: «Nous avons à tort placé une confiance aveugle dans la croissance économique et ses avantages comme étant une fin en soi et la solution à tous les maux», constatation de plus en plus largement partagée.

S’exprimant au siège de l’Organisation des Nations Unies à New York aujourd’hui, le Dr Chan a déclaré qu’il était temps d’élaborer des politiques plus justes – sur la base des écarts en matière de santé entre les populations de différents pays ou à l’intérieur même d’un pays – comme étant «la principale mesure à l’aune de laquelle nos progrès en tant que société civilisée seront mesurés».

«Le monde est dans un véritable chaos», a poursuivi le Dr Chan devant le Forum sur la promotion de la santé dans le monde organisé par le Secrétaire général de l’ONU lundi. Assistaient à cette réunion de hauts responsables gouvernementaux et des experts internationaux de la santé et du développement international.

Au cours de l’année écoulée, ce monde victime du réchauffement climatique a connu une crise énergétique, une crise alimentaire et une crise financière. La liste des défis auxquels il doit faire face s’est encore allongée la semaine dernière avec la déclaration de la pandémie de grippe.

L’impact de ces crises n’est pas ressenti partout de la même façon. La grippe pandémique, par exemple, touchera davantage les pays en développement, qui comptent d’importantes populations vulnérables. Ces pays, dont les systèmes de santé sont plus faibles, mettront plus longtemps à se relever. À de nombreux égards, les pays en développement confrontés à la pandémie sont pratiquement totalement démunis, a déclaré le Dr Chan.

«La justice est, je pense, au coeur de nos ambitions en matière de santé dans le monde», a déclaré le Dr Chan aux ambassadeurs présents. Mais elle fait cruellement défaut. Les différences en matière de revenu ou d’espérance de vie et l’inégalité des chances sont plus importantes aujourd’hui qu’à aucun autre moment de l’histoire récente. Des privilèges et une misère extrêmes, a fait observer le Dr Chan, sont souvent «précurseurs d’une rupture sociale».

Les réflexions qu’a suscitées la crise financière nous ont amenés à remettre en question cette confiance aveugle dans la croissance économique. À partir de cet examen de conscience, les dirigeants ont appelé à redonner à d’autres valeurs, et notamment à la justice, un rôle central dans l’élaboration des politiques.

Le Dr Chan a poursuivi : «les responsables du monde entier nous appellent clairement à apporter aux systèmes internationaux une dimension morale, et à les redéfinir de façon à ce qu’ils répondent mieux aux valeurs et aux préoccupations sociales ... Une réorientation sur la santé comme étant une finalité utile en soi est le moyen le plus sûr de retrouver une dimension morale, le moyen le plus sûr de mettre en place un système de valeurs centré sur le bien-être de l’humanité. Une plus grande équité en matière de santé des populations, à l’intérieur des pays et entre eux, devrait être considérée comme l’une des principales mesures à l’aune de laquelle nos progrès en tant que société civilisée seront mesurés.»

L’un des moyens de parvenir à davantage de justice, a suggéré le Dr Chan, serait que davantage de pays adoptent les soins de santé primaires. Comme elle l’a fait remarquer, l’approche des soins de santé primaires introduit en effet une plus grande équité, de même qu’une plus grande efficience, et permet aux systèmes de santé d’exploiter toutes leurs possibilités de façon cohérente, en stabilisant les institutions sociales.

Pour plus d'informations:

Dick Thompson
OMS, Genève
Portable: +41 79 594 2876
Courriel: thompsond@who.int

Thomas Abraham
OMS, Genève
Portable: +41 79 516 3136
Courriel: abrahamt@who.int

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