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La recherche sur la diarrhée de l'enfant est une priorité

Chaque année, près de deux millions d'enfants meurent de diarrhée.

Communiqué de presse

L'Organisation mondiale de la Santé a défini les priorités de la recherche sur la diarrhée, affection qui est à l'origine de près 20% des décès d'enfants dans le monde. Les domaines de recherche ont été choisis dans le but de déterminer comment utiliser au mieux les interventions existantes pour sauver le plus grand nombre d'enfants possible.

Chaque année, près de deux millions d'enfants meurent de diarrhée. Si l'on n’agit pas dès maintenant, on ne pourra atteindre le quatrième objectif du Millénaire pour le développement (OMD4), qui vise à réduire de deux tiers la mortalité de l’enfant d'ici à 2015.

Une recherche en perte de vitesse

Alors que la charge de la maladie demeure élevée, la recherche sur la diarrhée de l'enfant est en perte de vitesse depuis les années 80. Les fonds qui y sont consacrés sont nettement inférieurs au budget de la recherche sur d'autres maladies qui, comparativement, causent peu de décès.

On en sait déjà long sur les traitements efficaces de la diarrhée, mais des points essentiels nous échappent encore sur les moyens de mettre ces traitements à la disposition des enfants qui en ont le plus besoin. L'OMS a mené un processus tendant à déterminer quelles sont les recherches les plus utiles qui produiraient les plus grands effets sur la mortalité.

Des priorités établies

Les premiers cinquièmes des domaines de recherche répertoriés concernent principalement les obstacles à l'exécution, à l'efficacité et à l'optimisation des interventions et des programmes existants, par exemple l'administration de sels de réhydratation orale et de zinc, l'allaitement exclusif au sein et la prise en charge intégrée des maladies de l'enfant. Toutefois, très peu de donateurs reconnaissent actuellement l'importance de ces domaines de la recherche en santé. Un article publié dans le numéro de mars de la revue PLoS Medicine décrit en détail le processus suivi pour établir cette liste des recherches prioritaires.

Le traitement de la diarrhée qui garantit la survie est simple: sels de réhydratation orale (SRO) et comprimés de zinc. Les SRO sont essentiellement une pincée de sel et une poignée de sucre mélangées à de l'eau propre. Le coût d'un traitement de SRO et de zinc pour un enfant est d'environ 0,30 dollars (€0,25).

Le Dr Olivier Fontaine, médecin au Département OMS Santé et développement de l'enfant et de l'adolescent et principal auteur de l'article publié dans PLoS Medicine,témoigne : «Ayant vu de mes yeux les ravages que peut faire la diarrhée de l'enfant et l’effet salvateur quasi miraculeux des SRO et du zinc, j'espère sincèrement que nous obtiendrons le soutien dont nous avons besoin pour répondre à certaines des grandes questions encore en suspens.»

Faciliter l'accés aux traitements

Dans les pays pauvres, les enfants souffrent de diarrhée quatre fois par an en moyenne et chacun de ces épisodes peut mettre leur vie en danger. Avec les SRO et le zinc, le risque de décès est presque nul. Depuis leur mise au point il y a 25 ans, les SRO ont permis de sauver plus de 50 millions d'enfants, ce qui veut dire qu'une bonne partie de la population adulte des pays en développement est aujourd'hui en vie grâce à cette solution bon marché et facile à préparer. Le grand défi à relever aujourd'hui est de la mettre à la portée de tous les enfants qui continuent à souffrir de diarrhée et à en mourir.

En 2003, 126 milliards de dollars ont été consacrés à la recherche en santé dans l'ensemble du monde, mais cet argent n'a pas toujours été alloué aux travaux sur les maladies qui touchent le plus grand nombre. Moins de 10 dollars par année de vie ajustée sur l'incapacité (DALY) ont été consacrés à la recherche sur la diarrhée, tandis que des maladies comme le diabète de type 2, autre affection grave, ont bénéficié de 102 dollars par DALY.

L'OMS a pris des initiatives analogues pour définir les priorités de la recherche sur d'autres maladies «négligées» de l'enfant comme les infections respiratoires aiguës, l'hypoxie à la naissance, la septicémie néonatale et le faible poids de naissance. Elle organise à la fin du mois de mars 2009 une réunion des principaux mécènes de la recherche sur la santé de l'enfant pour:

  • communiquer la liste des priorités de la recherche établies pour ces différentes affections;
  • fixer un ensemble secondaire de priorités pour la réalisation de l’OMD4; et
  • trouver des sources de financement dans les domaines fixés.
Pour plus d'informations, veuillez prendre contact avec:

Olivia Lawe-Davies
Chargée de communication
Santé et développement de l’enfant et de l’adolescent
OMS, Genève
Téléphone: +41 22 791 1209
Portable: +41 794 755 545
Courriel: lawedavieso@who.int

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