Centre des médias

L’OMS et l’UNICEF s’attaquent au manque criant de médicaments destinés aux enfants

Communiqué de presse conjoint OMS/UNICEF

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a reçu une subvention d’un montant de US$ 9,7 millions de la Fondation Bill et Melinda Gates pour collaborer avec l’UNICEF et mener des études essentielles sur les médicaments destinés aux enfants, avec pour objectif d’accroître le nombre de médicaments à usage pédiatrique, c’est-à-dire conçus et formulés spécifiquement pour les enfants.

Actuellement, de nombreux médicaments n’ont été conçus que pour les adultes. Dans plus de 50 % des cas, les médicaments prescrits aux enfants soit n’ont pas été mis au point spécifiquement pour eux, soit n’ont pas une efficacité et une innocuité avérées dans cette utilisation. Il en résulte que de nombreux enfants n’ont pas accès aux traitements essentiels par manque de médicaments dosés ou formulés pour un usage pédiatrique, ou parce que ceux qui existent ne sont pas disponibles ou sont trop chers.

« Il faut arrêter de tâtonner dans le domaine des médicaments pour enfants, estime Carissa Etienne, Sous-Directeur général à l’OMS. Les enfants souffrent et meurent de maladies que nous pouvons traiter et pourtant, nous ne disposons pas des données factuelles essentielles pour délivrer des médicaments adaptés, efficaces et abordables qui pourraient les sauver. »

Solution sans garantie pour remplacer les médicaments à usage pédiatrique qui manquent, les agents de santé et les parents ont souvent recours au fractionnement des formes galéniques pour adultes ou improvisent en écrasant des comprimés ou en dissolvant des fractions de gélules dans l’eau. Un autre défi à relever consiste à faire davantage d’essais cliniques et de recherche sur les médicaments à usage pédiatrique.

« On a fait quelques progrès dans le domaine des médicaments pour enfants, mais encore trop de médicaments leur sont administrés sans avoir été correctement testés pour eux, explique le Dr Hans Hogerzeil, Directeur à l’OMS de Médicaments essentiels et politiques pharmaceutiques. Ce travail est un excellent exemple de coordination entre des institutions des Nations Unies et des experts de premier plan pour résoudre ce problème urgent. »

La subvention apporte un appui à des travaux essentiels de recherche pour : déterminer les présentations optimales des médicaments à usage pédiatrique (petits comprimés, comprimés solubles, poudres par exemple) ; élaborer des guides posologiques (par ex. en examinant les médicaments prioritaires existant et en déterminant la posologie adaptée des nouveaux médicaments pour les enfants) ; mettre au point des directives pour les essais des médicaments, le traitement et l’utilisation chez les enfants, y compris des directives sur les essais cliniques chez l’enfant.

Dans le monde, 1000 enfants de moins de 5 ans meurent toutes les heures. Les maladies diarrhéiques sont responsables de 17 % de ces décès. Le traitement optimal consiste à administrer du zinc et des sels de réhydratation orale. Pourtant, une étude récente dans les établissements de santé a montré que, de tous les médicaments pédiatriques, le zinc était le moins disponible. Et lorsqu’il y en a, il n’est pas homologué pour le traitement des diarrhées. Il revient alors aux pharmaciens de préparer les doses appropriées alors que le zinc a mauvais goût et qu’il est difficile à administrer. Pour réduire la mortalité dans ce domaine, il faut des formes pharmaceutiques faciles à utiliser, agréables au goût et adaptées.

« La subvention de la Fondation Bill et Melinda Gates va contribuer à accélérer les travaux de recherche, d’explication et de communication avec les partenaires, dont l’industrie, sur ce que sont les besoins des enfants en terme de médicaments et de posologies pour mieux combattre la morbidité et la mortalité dont ils sont victimes, a déclaré Hanne Bak Pedersen, Directeur adjoint à l’UNICEF de la Division des approvisionnements. L’UNICEF se félicite de collaborer avec l’OMS sur ce projet et salue l’appui de la Fondation Gates. »

Avec 17 % des décès, la pneumonie fait aussi partie des causes majeures de mortalité chez les moins de 5 ans. Pour être traitée efficacement, il faut administrer à l’enfant 50 mg d’amoxicilline par kilo et par jour pendant trois à cinq jours. Un conditionnement de ce principe actif facile à l’emploi pour administrer la posologie requise permettrait de garantir la bonne prise du médicament et aiderait ainsi à faire baisser la mortalité.

« L’amélioration des médicaments essentiels pour les enfants est un problème critique de santé à l’échelle mondiale, a ajouté Jaime Sepulveda, Directeur de Integrated Health Solutions Development à la Fondation Bill et Melinda Gates. Ce programme aidera à mettre en place des interventions sanitaires efficaces et à améliorer la survie des enfants, notamment dans les pays les plus pauvres du monde. »

Ce travail fait suite à l’initiative « Pour des médicaments au format enfant », dirigée par l’OMS et lancée en 2007, qui s’attache à améliorer l’accès à de meilleurs médicaments pour les enfants. Le sujet des médicaments destinés aux enfants figure aussi à l’ordre du jour de la session de janvier 2009 du Conseil exécutif de l’OMS.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter:

Liz Finney
Communications Officer
WHO, Geneva
Telephone: +41 22 791 1866
E-mail: finneye@who.int

Maria Ieroianni
Communication Specialist
UNICEF, Copenhagen
Telephone: +45 35 27 3213
E-mail: mieroianni@unicef.org

Partager