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Pour L'Organisation mondiale de la santé, le tabac n'a que des retombées néfastes sur l'économie

31 mai - Journée mondiale sans tabac 2004 - Tabac et pauvreté : un cercle vicieux

La campagne que l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) lance cette année à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac aura pour slogan "tabac et pauvreté : un cercle vicieux" et insistera sur le coût énorme du tabagisme et de la culture du tabac pour les familles, les communautés et les pays.

L'image du cercle vicieux illustre le caractère indissociable du lien entre le tabac et la pauvreté et montre que le tabagisme, surtout chez les pauvres, qui sont les plus gros consommateurs de tabac, peut avoir des conséquences néfastes sur leur situation financière déjà précaire et sur leur revenu.

"La lutte contre le tabac a énormément progressé grâce aux efforts de nombreux gouvernements et de la société civile, constate le docteur LEE Jong-wook, Directeur général de l'OMS. Mais il ne faut pas faiblir : toutes les 6,5 secondes, une personne meure d'une affection liée au tabac et beaucoup d'autres tombent malades ou souffrent de maladies et d'incapacités qui sont le fait du tabac. De telles pertes humaines et économiques, si facilement évitables, sont inacceptables."

Dans toutes les régions du monde, les études montrent que ce sont les couches les plus pauvres de la population qui ont tendance à fumer le plus, aussi bien dans les pays en développement que dans les pays développés, et c'est sur elles que pèse l'essentiel de la charge de morbidité.

Les personnes peu instruites ont aussi tendance à faire une plus grande consommation de tabac. D'après une étude faite il y a peu à Rio de Janeiro, la prévalence du tabagisme chez les personnes qui n'ont pas été scolarisées plus de quatre ans est de 26%, contre 17% chez celles qui ont fait au moins neuf ans d'études. La tendance est la même quand on tient compte des revenus.

Beaucoup d'études montrent aussi que les personnes défavorisées dépensent une part plus importante du revenu du ménage en produits du tabac, au détriment de besoins essentiels comme la nourriture, les soins de santé ou l'éducation. Au Bangladesh par exemple, 10,5 millions de personnes mal nourries s'alimenteraient correctement si elles dépensaient en nourriture les deux tiers de l'argent qu'elles consacrent au tabac.

Le tabac a aussi des conséquences néfastes sur l'économie des pays. L'importante étude qui mesure le coût économique du tabac au niveau mondial a été faite par Barnum en 1994. Il a estimé que le tabac entraîne une perte nette de US $20 milliards par an, dont un tiers dans les pays en développement. La Banque mondiale estime que dans les pays à haut revenu, le traitement des maladies liées au tabac représente 6% à 15% des dépenses totales de soins de santé.

Il existe aussi des données spécifiques sur les pays en développement. En Egypte, le coût annuel du traitement des maladies dues au tabagisme a été estimé à US $545,5 millions en 2003, et en Chine, le coût sanitaire du tabagisme a été estimé à US $6,5 milliards par an (au milieu des années 90). Le tabac représente aussi pour les économies une perte de devises étrangères (vu que la majorité des pays sont des importateurs nets de tabac), une perte de recettes fiscales en raison de la contrebande et des dégâts écologiques de la culture du tabac.

L'OMS souligne également dans le cadre de la campagne de cette année qu'une écrasante majorité des petits cultivateurs de tabac, surtout dans les pays en développement, vivent dans la misère. "Une grande partie des coûts économiques et sanitaires engendrés par le tabac retombent sur les petits cultivateurs de tabac et sur leur famille. Des conditions de travail précaires, y compris le travail des enfants et l'exposition à des produits hautement toxiques, et des conséquences très néfastes sur l'environnement font que le tabac est inextricablement lié à la pauvreté et à d'autres problèmes de développement," explique le docteur Catherine le Galès-Camus, Sous-Directeur général, Groupe Maladies non transmissibles et santé mentale de l'OMS.

Alors que le délai pour la signature de la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac touche à sa fin - le 29 juin 2004 - la campagne lancée cette année à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac joue un rôle démystificateur au sujet de l'intérêt économique de la culture du tabac en offrant en même temps une solution aux pays dont l'économie dépend en grande partie de ce produit. La Convention-cadre de l'OMS, adoptée à l'unanimité par tous les Etats Membres de l'OMS en mai 2003, énonce les dispositions et les normes minimales que les Etats Parties au traité devront respecter dans leurs programmes de lutte antitabac.

"Nous sommes très optimistes concernant le nombre de signatures et de ratifications de la Convention-cadre de l'OMS, déclare le docteur Vera Luiza da Costa e Silva, Directeur de l'initiative de l'OMS Pour un monde sans tabac. A ce jour en effet, 118 signatures (y compris celle de la Communauté européenne) et 16 ratifications ont déjà été enregistrées, ce qui illustre bien la confiance qu'éprouvent les gouvernements à l'égard de la convention et leur intention résolue de combattre un problème qui menace désormais la santé et l'économie partout dans le monde."

Aujourd'hui, l'OMS estime que l'épidémie de tabagisme continue de s'étendre, en particulier dans les pays en développement, où vivent actuellement 84% des fumeurs. Le tabagisme tue 4,9 millions de personnes chaque année, et le nombre des victimes devrait doubler au cours des vingt prochaines années. Au rythme actuel, le nombre total de fumeurs passera de 1,3 milliard aujourd'hui à 1,7 milliard en 2025.

Pour célébrer la Journée mondiale sans tabac, le Ministère brésilien de la santé et l'OMS organisent une manifestation spéciale pendant deux jours à Brasilia, tandis que des milliers d'autres se dérouleront ailleurs dans le monde.

Note aux rédacteurs

Au 26 mai 2004, la Convention-cadre de l'OMS fait l'objet de 118 signatures (y compris celle de la Communauté européenne) et de 16 ratifications ou actes équivalents.

La Convention-cadre de l'OMS contient des dispositions qui fixent des normes internationales concernant les augmentations du prix du tabac et des taxes sur le tabac, la publicité et le parrainage, l'étiquetage, le commerce illicite et le tabagisme passif. Elle entrera en vigueur et aura force obligatoire pour les gouvernements qui y sont Parties 90 jours après la quarantième ratification.

La Convention-cadre de l'OMS, déposée au Siège des Nations Unies à New York, est ouverte à la signature jusqu'au 29 juin 2004. Après cette date, les gouvernements qui souhaitent devenir Partie à la convention peuvent y adhérer. Il n'y a aucun délai de ratification pour les signataires de la convention.

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