L’acces aux services de santé devrait être possible dans tout l’Angola
Au cours de sa première visite dans un pays, le Directeur général de l’OMS souligne que les bases existent pour desservir toute la population angolaise
Luanda (Angola), 29 août 2003 - A la suite des succès obtenus par les campagnes nationales de vaccination contre la poliomyélite et la rougeole, il apparaît désormais possible de faire bénéficier tous les Angolais de soins de santé, a estimé aujourd’hui le Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé à Luanda. Il a souligné le fait que, malgré de grandes difficultés, les programmes de lutte contre la polio et la rougeole ont établi les bases pour desservir tous les enfants, même ceux qui se trouvent dans les zones les plus difficiles et les plus inaccessibles.
“Ces campagnes nationales de vaccination ont couvert l’ensemble du pays, sans exception, et prouvé qu’avec des bénévoles et des agents de santé opiniâtres, soutenus par la ferme volonté et l’engagement des autorités angolaises, les services de santé peuvent desservir toute la population du pays. C’est sur cette plate-forme qu’il faudra s’appuyer pour améliorer le niveau de santé des Angolais” a déclaré le Dr Lee.
“Nous savons que nous pouvons couvrir toute la population et il est urgent de continuer à s’y employer. Dans un pays où l’on observe l’un des plus forts taux de mortalité infantile au monde et où l’on considère qu’environ deux millions de personnes sont extrêmement vulnérables, il y a beaucoup de travail. On ne peut laisser mourir par manque de soins des personnes qui ont survécu à trente années de conflits”, s’insurge-t-il.
Le Dr Lee a rendu visite aux personnes vivant avec le VIH/SIDA à l’Hôpital Cajuero de Luanda, l’un des quelques centres du pays qui proposent le test de dépistage du VIH, un service de conseils et des soins. Les traitements antirétroviraux ne sont toutefois pas encore disponibles. Il a rappelé son engagement pour atteindre l’objectif "3 x 5", en d’autres termes faire en sorte que trois millions de personnes des pays les plus démunis aient accès d’ici 2005 aux médicaments antirétroviraux.
C’est la première visite du Dr Lee dans un pays depuis qu’il a pris ses fonctions de Directeur général le 21 juillet. Il a choisi l’Angola pour bien montrer sa volonté de travailler avec les pays confrontés à de très graves problèmes de santé, fort taux de paludisme, incidence croissante du VIH et systèmes de santé travaillant avec des ressources très limitées par exemple.
Le Dr Lee a également pris part au lancement des journées nationales de vaccination contre la poliomyélite, une campagne de trois jours pour vacciner plus de 5 millions d’enfants de moins de cinq ans contre cette maladie. En voiture, à bicyclette, en canoë, en moto, en hélicoptère ou même à pied, des dizaines de milliers d’agents de vaccination ont réussi à administrer trois fois le vaccin antipoliomyélitique à plus de cinq millions d’enfants en 2002. Grâce à ce succès, on n’a plus observé aucun cas de poliomyélite en Angola depuis septembre 2001, alors que ce pays avait enregistré la plus grande flambée épidémique du continent africain en 1999, avec plus de 1 000 enfants paralysés.
La rougeole, maladie tuant plus d’un demi-million d’enfants chaque année, est aussi mieux maîtrisée cette année grâce à une campagne nationale de “rattrapage” qui a couvert au printemps 7,3 millions d’enfants de moins de 15 ans. A ce jour, on a enregistré 200 cas suspects de rougeole en juin et juillet, contre 2 781 l’année dernière à la même période.
“Le problème n’est plus d’atteindre les enfants, a expliqué le Dr Lee. Ce qu’il faut faire maintenant, c’est assurer d’autres interventions sanitaires à l’efficacité prouvée : vaccination systématique, amélioration des soins aux mères et aux nouveau-nés, surveillance et traitement des personnes vivant avec le VIH/SIDA. Des millions d’Angolais se réinstallent dans leur région d’origine et il est temps d’assurer les services de santé en reconstruisant les infrastructures au niveau communal.”
Plus de 4.5 millions d’Angolais ont été déplacés au cours des trois décennies de guerre civile. Aujourd’hui, 2,4 millions sont revenus se réinstaller chez eux. L’OMS a, avec ces partenaires, fourni des kits sanitaires de base, apporté son aide aux services de vaccination, vaccination systématique ou campagnes nationales contre la poliomyélite et la rougeole, envoyé des fournitures de laboratoire ainsi que des médicaments contre le paludisme, la tuberculose, la lèpre, la trypanosomiase et l’onchocercose, alors que les autorités prévoient la réinstallation de deux millions de personnes supplémentaires.
Le Dr Lee a fait observer que, comme pour la polio pour laquelle un partenariat étendu s’est formé sous la direction du gouvernement angolais et avec l’appui du Rotary International, des Centres de lutte contre la maladie (U.S. Centers for Disease Control), de l’UNICEF et de l’USAID, les autres interventions sanitaires devront être fermement dirigées par les autorités du pays, tandis que l’OMS et d’autres partenaires poursuivront leur assistance.
“L’OMS emploie 110 personnes en Angola, dans 18 bureaux répartis dans tout le pays. Nous sommes ici pour aider à renforcer le système de santé publique. C’est ma priorité pour l’Angola et pour tous les pays qui ont besoin de notre aide, a déclaré le Dr Lee. L’OMS compte sur ses partenaires pour fournir les services de santé à toutes les populations, même celles qui se trouvent dans les situations les plus difficiles. C’est leur droit et notre responsabilité.”
Depuis le cessez-le-feu du 4 avril 2002, l’OMS, l’UNICEF, les ONG et d’autres partenaires ont aidé le pays à assurer un service de santé minimal comprenant la vaccination et des actions de lutte contre le VIH, le paludisme, la tuberculose, la trypanosomiase et d’autres maladies. L’Union Européenne, l’USAID, l’Italie, les Centres de lutte contre la maladie et le Japon font partie des partenaires qui ont fourni des services de soins de santé primaires aux centaines de milliers d’Angolais qui retournaient chez eux.
Au cours de sa visite de deux jours en Angola, le Dr Lee lancera la campagne de vaccination antipoliomyélitique, visitera un centre pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA, un centre d’accueil pour jeunes filles sans domicile et un centre de rééducation physique. Il rencontrera également des partenaires et des membres du gouvernement angolais et, cette après-midi, le Président de l’Angola, M. José Eduardo dos Santos.