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Il faut un meilleur accès aux soins pour les personnes présentant une dépendance

L’OMS dresse l’inventaire des ressources pour le traitement et la prévention de la dépendance dans 147 pays.

Note d'information aux médias

La plupart des personnes ayant des troubles liés à l’usage de drogues ne bénéficient pas de soins et de traitements efficaces, selon un nouveau système d’information de l’OMS qui, pour la première fois, donne des détails sur les ressources allouées à la prévention des problèmes liés à l’alcool et aux toxicomanies dans 147 pays. Jusqu’à présent, de nombreux pays n’ont pas encore reconnu la dépendance comme un problème de santé et la stigmatisation et les discriminations qui lui sont liées ont été des obstacles majeurs pour un traitement adapté.

Pas d'accès au traitement dans une majorité des cas

«La dépendance est un trouble que l’on peut traiter avec efficacité mais, malheureusement, les personnes qui ont besoin d’un traitement n’y ont pas accès dans une grande majorité des cas, déclare le Dr Shekhar Saxena, Directeur du Département Santé mentale et toxicomanies. Les données présentées par le nouveau système illustrent les lacunes énormes qui persistent dans le domaine du traitement de la dépendance. Néanmoins, de plus en plus de pays prennent conscience des avantages du traitement de l’alcoolisme et des toxicomanies, non seulement pour les personnes concernées, mais aussi pour la société et l’économie.»

Selon de nouvelles estimations des Nations Unies, environ 230 millions d’adultes dans le monde (âgés de 15 à 64 ans), soit 5% de la population adulte, ont consommé au moins une fois une drogue illicite en 2010; parmi eux, on compte 27 millions de personnes souffrant de graves problèmes de toxicomanie.

Des données complètes par pays sur les toxicomanies

La base de données de l’Observatoire mondial de la santé de l’OMS – Resources for the Prevention and Treatment of Substance Use Disorders fournit désormais pour chaque pays des données sur le financement, le personnel et les services et complète ainsi les informations déjà disponibles sur l’ampleur du problème des toxicomanies et des effets nocifs qui s’y associent. Les profils des pays intégrés dans le nouveau système couvrent 88% de la population mondiale.

«Selon nos données, la disponibilité des traitements pour les toxicomanies est très en retard par rapport aux traitements et aux soins proposés pour d’autres maladies, explique le Dr Vladimir Poznyak, Coordonnateur de l’équipe travaillant à l’OMS sur la prise en charge des toxicomanies. Par exemple, seulement 45% des pays évalués peuvent fournir les médicaments essentiels pour traiter la dépendance à l’héroïne et aux autres produits opiacés et, dans près de la moitié des pays où ces traitements sont disponibles, pas plus d’une personne sur 5 ayant des troubles liés à l’abus de drogues en bénéficie. Un quart des pays identifiant les produits opiacés comme étant le principal problème de toxicomanie n’offrent pas la gamme des médicaments recommandés par l’OMS.»

La dépendance peut être traitée avec efficacité

La dépendance est un trouble que l’on peut traiter avec efficacité à l’aide de médicaments à faible coût et de psychothérapies standardisées. En particulier, le traitement de la dépendance à l’héroïne a connu un grand succès, en faisant baisser le nombre des infections à VIH dues aux injections à risque, la criminalité et le risque de mort par overdose.

Depuis 2009, l’OMS travaille en étroite collaboration avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour améliorer l’accès au traitement pour les personnes présentant une dépendance. La reconnaissance que la toxicomanie est, dans son essence, une question de santé publique s’est développée ces dernières années. Pourtant, seulement 82 pays proposent des services spécialisés aux personnes présentant une dépendance.

L’OMS lance le nouveau système mondial d’information à l’occasion de la Journée internationale de la lutte contre l'abus et le trafic de drogues, commémorée chaque année par les Nations Unies le 26 juin.

Pour plus d'information, veuillez prendre contact avec:

Mr. Glenn Thomas
Chargé de communication
OMS, Genève
Tél.: +41 22 791 3983
Portable: +41 79 509 0667
Courriel: thomasg@who.int

Dr. Vladimir Poznyak
Coordonnateur, Prise en charge des toxicomanies
OMS, Genève
Tél.: +41 22 791 4307
Portable: +41 79 367 6213
Courriel: poznyakv@who.int

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