Centre des médias

L’OMS souligne le manque d’investissements dans les soins de santé mentale au niveau mondial

Notes d'information aux médias
7 octobre 2011

Une personne sur quatre aura besoin de soins de santé mentale à un moment ou à un autre de sa vie, mais la plupart des pays ne consacrent que 2% des ressources du secteur de la santé aux services de santé mentale.

Les dépenses moyennes mondiales pour la santé mentale sont encore inférieures à 3 dollars par habitant et par an. Selon L’Atlas de la santé mentale 2011, publié par l’Organisation mondiale de la Santé à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, dans les pays à faible revenu, les dépenses peuvent être d’à peine 0,25 dollar par personne et par an.

Le rapport constate également que l’essentiel de ces ressources est souvent affecté à des services qui ne touchent que relativement peu de gens.

«Les gouvernements ont tendance à dépenser l’essentiel de leurs maigres ressources pour la santé mentale dans les soins à long terme dans les hôpitaux psychiatriques» a déclaré le Dr Ala Alwan, Sous-Directeur général chargé des maladies non transmissibles et de la santé mentale à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

«À l’heure actuelle, près de 70% des dépenses de santé mentale vont aux institutions psychiatriques. Si les pays dépensaient davantage au niveau des soins primaires, ils pourraient atteindre davantage de gens et commencer à s’attaquer aux problèmes suffisamment tôt pour réduire les besoins en soins hospitaliers plus coûteux.»

L’Atlas met en lumière d’autres déséquilibres. De bons services de santé mentale doivent à parts égales dispenser aux patients à la fois des médicaments et des soins psychosociaux. Or, dans les pays à faible revenu, la pénurie de ressources et de compétences fait que les malades ne sont souvent traités qu’au moyen de médicaments. Le manque de soins psychosociaux réduit l’efficacité du traitement.

Il reste que beaucoup de gens n’ont pas accès du tout aux services de santé mentale. Dans les pays à revenu faible ou moyen, plus des trois quarts de personnes qui ont besoin de soins de santé mentale n’ont même pas accès aux services de santé mentale les plus élémentaires.

«Près de la moitié de la population mondiale vit dans des pays qui ne comptent en moyenne qu’un psychiatre (ou moins) pour 200 000 habitants», estime le Dr Shekhar Saxena, Directeur, Santé mentale et abus de substances psychoactives à l’OMS. «De nombreux pays à revenu faible ou moyen comptent moins d’un spécialiste de santé mentale pour un million d’habitants.»

En 2008, l’OMS a lancé son Programme d’action mondial pour la santé mentale (mhGAP) pour aider les pays à développer les services de prise en charge des troubles mentaux, neurologiques et liés à l’abus des substances psychoactives. Ce Programme apporte des connaissances et des compétences aux agents de soins de santé primaires comme aux médecins généralistes, aux infirmières et aux agents de santé chargés de dépister et de traiter ces troubles.

Depuis, certains pays ont fait des progrès notables en développant leurs services avec l’aide de l’OMS. Ainsi:

  • L’Éthiopie et le Nigéria ont commencé à former leur personnel de soins de santé primaires au dépistage et au traitement des principaux troubles mentaux. Les ministères de la Santé des deux pays se sont engagés à soutenir le programme afin d’en pérenniser les résultats.
  • La Chine a élargi son programme afin de fournir des soins aux patients épileptiques dans 19 provinces, s’appuyant sur l’expérience menée avec succès dans un petit nombre de provinces pilotes. Plus de 40 millions de personnes bénéficient désormais de ce programme.
  • La Jordanie a enregistré également des progrès avec un programme de prise en charge des troubles mentaux prioritaires. Le Panama a commencé à former ses agents de soins primaires de façon systématique.
  • Les grands pays en développement comme le Brésil, l’Inde et la Thaïlande sont également sur le point d’accomplir des progrès rapides en développant les soins à travers les programmes de santé nationaux.
Pour plus d'information, veuillez prendre contact avec:

Fadéla Chaib
Chargée de communication
Téléphone: +41 22 791 3228
Portable: + 41 79 475 55 56
Courriel: chaibf@who.int

Gregory Hartl
Conseiller en communication
Téléphone: +4122 791 4458
Courriel: hartlg@who.int

Partager