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Encéphalite japonaise

Aide-mémoire NNo 386
Mars 2014


Principaux points

  • L’encéphalite japonaise (EJ) est due à un flavivirus apparenté aux virus de la dengue, de la fièvre jaune et au virus West Nile, transmis par les moustiques.
  • C’ est la principale cause d’encéphalite virale dans de nombreux pays d’Asie, avec près de 68 000 cas cliniques observés chaque année.
  • Bien que l’encéphalite japonaise symptomatique soit rare, le taux de létalité peut atteindre 30% en cas d’encéphalite et 30 à 50% de ceux qui survivent gardent des séquelles neurologiques ou psychiatriques définitives.
  • La transmission de l'encéphalite japonaise est endémique dans 24 pays des Régions OMS de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental, ce qui représente une population de plus de trois milliards de personnes exposées au risque.
  • Il n’existe pas de traitement curatif. La prise en charge s’attache à soulager les signes cliniques graves et à apporter un soutien aux patients pour les aider à surmonter l’infection.
  • Il existe en revanche des vaccins sûrs et efficaces pour la prévention. L’OMS recommande cette vaccination dans toutes les régions où la maladie est reconnue comme un problème de santé publique.

L’encéphalite japonaise (EJ) est la cause la plus importante d’encéphalite virale en Asie. Elle est due à un flavivirus transmis par les moustiques et apparenté à ceux de la dengue, de la fièvre jaune et au virus West Nile. Le premier cas d’encéphalite japonaise a été documenté en 1871 au Japon.

L’incidence annuelle de la maladie clinique varie d’un pays à l’autre et au sein d’un même pays et elle peut être de 100 pour 100 000 habitants. Un examen récent des articles publiés a permis d’estimer à près de 68 000 le nombre de cas cliniques d’encéphalite japonaise chaque année dans le monde (Bulletin de l’OMS, octobre 2011).

La maladie touche principalement les enfants. La plupart des adultes des pays d’endémie sont naturellement immunisés après avoir été en contact avec l’infection pendant l’enfance, mais on peut être affecté à n’importe quel âge.

Signes et symptômes

La plupart des infections par le virus de l’encéphalite japonaise sont bénignes (avec de la fièvre et des céphalées) ou sans symptômes apparents mais, dans environ 1 cas sur 250, elles entraînent une maladie grave se caractérisant par l’apparition brutale d’une forte fièvre, des céphalées, une raideur de la nuque, une désorientation, le coma, des convulsions, une paralysie spastique et la mort, le taux de létalité pouvant atteindre 30% des cas symptomatiques.

Parmi ceux qui survivent, de 20 à 30% gardent des problèmes intellectuels, comportementaux ou neurologiques permanents, comme une paralysie, des convulsions récurrentes ou l’incapacité de parler.

Transmission

Le risque de transmission de l’encéphalite japonaise existe dans 24 pays des Régions OMS de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental, comptant plus de 3 milliards d’habitants.

L’encéphalite japonaise est transmise à l’homme par les piqûres de moustiques infectés du genre Culex (principalement Culex tritaeniorhynchus). Une fois infecté, l’être humain ne développe pas une virémie suffisante pour pouvoir contaminer les moustiques prenant leur repas de sang.

Le cycle de transmission du virus se déroule entre les moustiques, les porcs et/ou les oiseaux aquatiques (cycle enzootique). On trouve principalement cette maladie en milieu rural et périurbain, là où l’homme vit à proximité des hôtes vertébrés.

Dans la plupart des régions tempérées d’Asie, le virus de l’encéphalite japonaise (VEJ) se transmet surtout au cours de la saison chaude, pendant laquelle on peut observer de grandes épidémies. En zone tropicale et subtropicale, la transmission peut intervenir toute l’année, mais s’intensifie souvent pendant la saison des pluies et la période précédant les récoltes dans les régions de riziculture.

Diagnostic

Les personnes résidant en zone d’endémie de l’encéphalite japonaise ou y ayant voyagé et manifestant une encéphalite sont considérées comme des cas suspects. Pour confirmer l’infection et exclure d’autres causes d’encéphalite, il faut faire en laboratoire des tests sur le sérum ou, de préférence, sur le liquide céphalorachidien.

La surveillance de la maladie est surtout celle du syndrome d’encéphalite aiguë. Les tests de confirmation en laboratoire sont souvent exécutés dans des sites sentinelles dédiés et des efforts sont faits pour étendre la surveillance basée sur les laboratoires. La surveillance basée sur les cas est établie dans les pays qui luttent efficacement contre l’encéphalite japonaise au moyen de la vaccination.

Traitement

Il n’y a pas de traitement antiviral spécifique. Le traitement de soutien vise à soulager les symptômes du patient et à stabiliser son état. Le Programme PATH (Programme for Appropriate Technology in Health) a élaboré des directives pour les soins cliniques.

Prévention et lutte

Il existe des vaccins sûrs et efficaces pour la prévention de l’encéphalite japonaise. L’OMS recommande de puissantes activités de prévention et de lutte, dont la vaccination, dans toutes les régions où cette maladie est reconnue comme un problème de santé publique, avec le renforcement des dispositifs de surveillance et de notification. D’autres mesures de lutte, par exemple contre les moustiques ou chez les porcins, se sont avérées moins fiables.

On utilise actuellement quatre types principaux de vaccins: vaccin inactivé préparé sur tissu cérébral de souris, vaccin inactivé préparé sur culture cellulaire, vaccin vivant atténué et vaccin chimère vivant. Traditionnellement, le vaccin le plus utilisé est un produit inactivé et purifié obtenu avec des souches Nakayama ou Beijing cultivées sur tissu cérébral de souris. Il est encore produit et utilisé dans plusieurs pays.

Ces dernières années, le vaccin vivant atténué SA14-14-2 fabriqué en Chine est celui qui a été le plus utilisé dans les pays d’endémie et il a été préqualifié par l’OMS en octobre 2013. Des vaccins inactivés préparés sur culture cellulaire ont également été homologués (et un produit préqualifié par l’OMS), de même qu’un vaccin vivant produit par recombinaison ciblée d’un virus de la fièvre jaune atténué utilisé pour le vaccin antiamaril.

En novembre 2013, l’Alliance GAVI a ouvert une fenêtre de financement pour soutenir les campagnes de vaccination contre l’encéphalite japonaise dans les pays remplissant les conditions requises.

Tout voyageur se rendant en zone d’endémie de l’encéphalite japonaise doit prendre des précautions pour éviter les piqûres de moustiques et ainsi réduire le risque d’encéphalite japonaise. Les mesures de prévention personnelles comportent l’application de produits répulsifs, le port de vêtements à manches longues, les spirales et les vaporisateurs antimoustiques.

Flambées épidémiques

Des flambées majeures d’encéphalite japonaise se produisent tous les 2 à 15 ans. La transmission s’intensifie pendant la saison des pluies, au cours de laquelle les populations de vecteurs augmentent. Pourtant, on n’a pas encore mis en évidence de recrudescence de la transmission de l’EJ après de grandes inondations ou des tsunamis.

La propagation de l’encéphalite japonaise dans de nouvelles zones a été mise en relation avec le développement agricole et la riziculture intensive s’appuyant sur des programmes d’irrigation.

L’OMS riposte à l’encéphalite japonaise en:

  • publiant des recommandations mondiales pour la lutte, avec notamment l’utilisation des vaccins. Elle recommande la vaccination contre l’encéphalite japonaise dans toutes les régions reconnaissant cette maladie comme un problème de santé publique et elle en soutient la mise en œuvre.
  • apportant une aide technique pour la surveillance de l’encéphalite japonaise, l’introduction du vaccin et les campagnes de vaccination à grande échelle.
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