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Onchocercose

Aide-mémoire N°374
Septembre 2017


Principaux faits

  • L’onchocercose, plus connue sous le nom de «cécité des rivières» est due au ver parasite Onchocerca volvulus.
  • Elle se transmet à l’homme lors des contacts répétés avec des simulies infectées.
  • L’onchocercose se manifeste par de très fortes démangeaisons, une atteinte cutanée qui provoque un défigurement, et une déficience visuelle pouvant aller jusqu’à la cécité.
  • Plus de 99% des sujets infectés vivent dans 31 pays africains, mais on retrouve également la maladie dans certains foyers en Amérique latine et au Yémen.
  • Le traitement par l'ivermectine sous directives communautaires (TIDC) est la principale stratégie pour éliminer l'onchocercose en Afrique; la stratégie adoptée dans les Amériques est le traitement de masse semestriel à l'ivermectine.
  • En juillet 2016, le Guatemala est devenu le quatrième pays du monde à être déclaré exempt d’onchocercose, après la Colombie, en 2013, l’Équateur en 2014 et le Mexique en 2015, déclarés exempts, après avoir appliqué avec succès des activités d’élimination pendant des décennies.

L’onchocercose, ou «cécité des rivières», est une maladie parasitaire due au filaire Onchocerca volvulus, qui se transmet lors de contacts répétés avec des simulies infectées (Simulium spp.). Ces simulies se reproduisent dans des rivières et des cours d’eau à courant rapide, surtout dans les villages isolés situés près des terres fertiles, où la population dépend de l’agriculture.

Dans l’organisme humain, les vers adultes produisent des larves (microfilaires) qui migrent vers la peau, les yeux et d’autres organes. Lorsqu’une simulie femelle pique une personne infectée pour un repas de sang, elle ingère aussi des microfilaires qui vont se développer dans son organisme et qu’elle va transmettre à son tour à un autre être humain en le piquant.

Signes et symptômes

L’onchocercose est une maladie des yeux et de la peau. Les symptômes sont dus aux microfilaires qui se déplacent dans les tissus sous-cutanés et provoquent de violentes réactions inflammatoires lorsqu’ils meurent. Les personnes infectées ressentent de fortes démangeaisons et présentent des lésions cutanées.

Certains malades sont atteints de lésions oculaires qui peuvent entraîner une déficience visuelle et une cécité irréversible. Dans la plupart des cas des nodules apparaissent sous la peau autour des vers adultes.

Distribution géographique

L'onchocercose sévit principalement dans les zones tropicales. Plus de 99% des personnes infectées vivent dans 31 pays d'Afrique subsaharienne:

  • Angola
  • Bénin
  • Burkina Faso
  • Burundi
  • Cameroun
  • Côte d'Ivoire
  • Éthiopie
  • Gabon
  • Ghana
  • Guinée
  • Guinée Bissau
  • Guinée équatoriale
  • Kenya
  • Libéria
  • Malawi
  • Mali
  • Mozambique
  • Niger
  • Nigéria
  • Ouganda
  • République centrafricaine
  • République démocratique du Congo
  • République-Unie de Tanzanie
  • Rwanda
  • Sénégal
  • Sierra Leone
  • Soudan
  • Soudan du Sud
  • Tchad
  • Togo

La maladie a également été introduite au Yémen et en Amérique latine.

En juillet 2016, la transmission du parasite de l’onchocercose se poursuivait au Brésil et au Venezuela (République bolivarienne du).

Programmes de prévention, de lutte et d'élimination

Aucun vaccin ni médicament ne permet de prévenir l'infection à O. volvulus.

Les efforts déployés par le Programme de lutte contre l’onchocercose entre 1974 et 2002 ont permis de maîtriser la maladie en Afrique de l’ouest. Le Programme a principalement eu recours à la pulvérisation d’insecticides contre les larves de simulies (lutte antivectorielle) par hélicoptère et par avion, puis à la distribution d’ivermectine à grande échelle à partir de 1989.

Le Programme de lutte contre l’onchocercose a soigné l’infection chez 40 millions de personnes, dont 600 000 ont ainsi pu être sauvées de la cécité, et a permis de faire en sorte que 18 millions d’enfants naissent sans que pèse sur eux la menace de la maladie et de la cécité. En outre, 25 millions d’hectares de terres arables abandonnées ont été récupérés pour la construction de logements et la production agricole, ce qui permet de nourrir 17 millions de personnes par an.

Le Programme africain de lutte contre l’onchocercose (APOC) a été créé en 1995 afin de lutter contre la maladie dans les derniers pays africains d’endémie. Il a été clôturé fin 2015 après le commencement de la transition vers l’élimination de l’onchocercose. La principale stratégie a été la mise en place du traitement par l’ivermectine sous directives communautaires (TIDC) et, le cas échéant, de la lutte antivectorielle au moyen de méthodes sans risque pour l’environnement.

Lors de la dernière année, plus de 119 millions de personnes ont été traitées à l’ivermectine et de nombreux pays avaient obtenu une baisse importante de la morbidité liée à l’onchocercose. Plus de 800 000 personnes en Ouganda et 120 000 au Soudan n’avaient plus besoin d’ivermectine au moment de la fermeture de l’APOC. En 2016, plus de 129 millions de personnes avaient bénéficié d’un traitement en Afrique où la stratégie de traitement par l’ivermectine sous directives communautaires a été mise en œuvre, ce qui représente environ 65,3% de la couverture mondiale.

Le Projet spécial élargi pour l’élimination des maladies tropicales négligées (ESPEN) qui succède à l'APOC, s’intéressera au début plus particulièrement à plusieurs pays prioritaires pour soutenir leurs programmes de lutte contre les maladies tropicales négligées, dont les programmes de lutte contre l’onchocercose, et créera un groupe d’experts pouvant apporter une assistance technique à tous les pays membres. Comme le Programme de lutte contre l’onchocercose et l’APOC, ESPEN est hébergé au Bureau régional OMS de l’Afrique.

Le programme d'élimination de l'onchocercose dans les Amériques a été créé en 1992 dans le but d’éliminer les troubles oculaires liés à l’onchocercose et d’enrayer la transmission de la maladie dans les Amériques d’ici 2015 grâce à un traitement semestriel à l’ivermectine à grande échelle. Les 13 endroits de cette région où sévissait la maladie bénéficiaient d’une couverture de plus de 85% en 2006 et la transmission avait été interrompue dans 11 d’entre eux en 2017.

Fin 2016, l’un des 3 derniers foyers était en période de surveillance post-thérapeutique après avoir cessé les traitements à l’ivermectine, qui se poursuivaient en revanche dans les 2 autres foyers.Les efforts d’élimination portent désormais essentiellement sur le peuple Yanomami au Brésil et au Venezuela.

Le 5 avril 2013, le Directeur général de l’OMS a publié une lettre officielle confirmant que la Colombie était parvenue à éliminer l’onchocercose. La Colombie est le premier pays où l’élimination de l’onchocercose a été vérifiée et déclarée par l’OMS. Ensuite, l’Équateur a été le second pays à être déclaré exempt d’onchocercos en 2014, suivi du Mexique en juillet 2015 et du Guatemala en juillet 2016.

Traitement

L’OMS recommande de traiter l’onchocercose par l’ivermectine au moins une fois par an sur une période de 10 à 15 ans. Lorsque O. volvulus coexiste avec Loa loa, les stratégies thérapeutiques doivent être adaptées. Loa loa est une autre filaire parasitaire endémique au Cameroun, au Congo, au Nigéria, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud. Le traitement des sujets ayant une forte densité de Loa loa dans le sang peut parfois entraîner des effets indésirables graves. Dans les pays affectés, il est donc conseillé de suivre les recommandations conjointes du Comité d’experts du Mectizan® et de l’APOC sur la prise en charge des éventuels effets indésirables graves.

L'action de l'OMS

Le Siège de l’OMS apporte un appui administratif, technique et opérationnel à la recherche dans les 3 régions de transmission de l’onchocercose.

Le Bureau régional OMS de l’Afrique, qui a assuré la supervision générale du Programme de lutte contre l’onchocercose (OCP) de 1975 à 2002 et du Programme africain de lutte contre l’onchocercose (APOC) de 1995 à 2015, encadrera désormais ESPEN, qui jouera un rôle important dans les activités pour combattre et éliminer les maladies tropicales négligées.

Dans le cadre du partenariat de l’OEPA (Programme pour l’élimination de l’onchocercose dans les Amériques), l’OMS collabore avec les pays d’endémie et les partenaires internationaux dans la Région OMS des Amériques. Bien qu’il n’y ait pas de programme officiel pour coordonner les activités dans la Région OMS de la Méditerranée orientale, les 2 pays dans cette ¨région collaborent pour les activités d’élimination.