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Onchocercose

Aide-mémoire N°374
Mars 2014


Principaux faits

  • L’onchocercose, plus connue sous le nom de «cécité des rivières» est due au ver parasite Onchocerca volvulus.
  • Elle se transmet à l’homme lors des contacts répétés avec des simulies infectées.
  • L’onchocercose se manifeste par de très fortes démangeaisons, une atteinte cutanée qui provoque un défigurement, et une déficience visuelle pouvant aller jusqu’à la cécité.
  • Plus de 99% des sujets infectés vivent en Afrique subsaharienne, mais on retrouve également la maladie dans certains foyers en Amérique latine et au Yémen.
  • Le traitement par l'ivermectine sous directives communautaires (TIDC) est la principale stratégie pour éliminer l'onchocercose en Afrique; la stratégie adoptée dans les Amériques est le traitement de masse semestriel à l'ivermectine.
  • En 2013, à l’issue d’un processus de vérification, l’OMS a déclaré la Colombie exempte d’onchocercose.

L’onchocercose, ou « cécité des rivières », est une maladie parasitaire due au filaire Onchocerca volvulus, qui se transmet lors de contacts répétés avec des simulies infectées (Simulium spp.). Ces simulies se reproduisent dans des rivières et des cours d’eau à courant rapide, surtout dans les villages isolés situés près des terres fertiles, où la population dépend de l’agriculture.

Dans l’organisme humain, les vers adultes produisent des larves (microfilaires) qui migrent vers la peau, les yeux et d’autres organes. Lorsqu’une simulie femelle pique une personne infectée pour un repas de sang, elle ingère aussi des microfilaires qui vont se développer dans son organisme et qu’elle va transmettre à son tour à un autre être humain en le piquant.

Signes et symptômes

L’onchocercose est une maladie des yeux et de la peau. Les symptômes sont dus aux microfilaires qui se déplacent dans les tissus sous-cutanés et provoquent de violentes réactions inflammatoires, en particulier lorsqu’ils meurent. Les personnes infectées ressentent de fortes démangeaisons et présentent plusieurs lésions cutanées.

Dans la plupart des cas, des nodules apparaissent sous la peau. Certains malades sont atteints de lésions oculaires qui peuvent entraîner une déficience visuelle et une cécité irréversible.

Distribution géographique

L'onchocercose sévit principalement dans les zones tropicales. Plus de 99% des personnes infectées vivent dans 31 pays d'Afrique subsaharienne:

  • Angola
  • Bénin
  • Burkina Faso
  • Burundi
  • Cameroun
  • Côte d'Ivoire
  • Éthiopie
  • Gabon
  • Ghana
  • Guinée
  • Guinée Bissau
  • Guinée équatoriale
  • Kenya
  • Libéria
  • Malawi
  • Mali
  • Mozambique
  • Niger
  • Nigéria
  • Ouganda
  • République centrafricaine
  • République démocratique du Congo
  • République-Unie de Tanzanie
  • Rwanda
  • Sénégal
  • Sierra Leone
  • Soudan
  • Soudan du Sud
  • Tchad
  • Togo

La maladie a également été introduite au Yémen.

On la retrouve en outre dans 12 foyers disséminés dans 5 pays d'Amérique latine:

  • Brésil
  • Équateur
  • Guatemala
  • Mexique
  • Venezuela (République bolivarienne du).

Programmes de prévention, de lutte et d'élimination

Aucun vaccin ni médicament ne permet de prévenir l'infection à O. volvulus.

Les efforts déployés par le Programme de lutte contre l’onchocercose entre 1974 et 2002 ont permis de maîtriser la maladie en Afrique de l’ouest. Le Programme a principalement eu recours à la pulvérisation d’insecticides contre les larves de simulies (lutte antivectorielle) par hélicoptère et par avion, puis à la distribution d’ivermectine à grande échelle à partir de 1989.

Le Programme de lutte contre l’onchocercose a soigné l’infection chez 40 millions de personnes, dont 600 000 ont ainsi pu être sauvées de la cécité, et a permis de faire en sorte que 18 millions d’enfants naissent sans que pèse sur eux la menace de la maladie et de la cécité. En outre, 25 millions d’hectares de terres arables abandonnées ont été récupérés pour la construction de logements et la production agricole, ce qui permet de nourrir 17 millions de personnes par an.

En 1995, le Programme africain de lutte contre l’onchocercose (APOC) a été créé afin de lutter contre la maladie dans les derniers pays africains d’endémie. Sa principale stratégie a consisté à mettre en place un traitement par l’ivermectine que les communautés peuvent gérer de façon autonome et, le cas échéant, à lutter contre le vecteur par des méthodes sans danger pour l’environnement.

En 2010, près de 76 millions de traitements ont été distribués dans 16 pays couverts par l’APOC où la stratégie de traitement par l’ivermectine sous directives communautaires a été mise en œuvre. Au moins 15 millions de personnes supplémentaires devront être couvertes dans les prochaines années, maintenant que le programme n’est plus axé sur la lutte mais sur l’élimination.

Le programme d'élimination de l'onchocercose dans les Amériques a été créé en 1992 dans le but d’éliminer les troubles oculaires liés à l’onchocercose et d’enrayer la transmission de la maladie dans les Amériques d’ici 2012 grâce à un traitement semestriel à l’ivermectine à grande échelle. Les 13 endroits de cette Région où sévissait la maladie bénéficiaient d’une couverture de plus de 85% en 2006 et la transmission avait été interrompue dans 10 d’entre eux fin 2011.

Après la réussite du traitement à grande échelle des populations touchées, avec le soutien de partenaires internationaux, la Colombie et l’Équateur ont pu enrayer la transmission de la maladie en 2007 et en 2009 respectivement. Le Mexique et le Guatemala ont également pu arrêter la transmission en 2011. Les efforts d’élimination portent désormais essentiellement sur le peuple Yanomami au Brésil et au Venezuela.

Le 5 avril 2013, le Directeur général de l’OMS a publié une lettre officielle confirmant que la Colombie était parvenue à éliminer l’onchocercose. Le président colombien a annoncé publiquement cette nouvelle lors d’une cérémonie organisée à Bogota le 29 juillet 2013. La Colombie est le premier pays où l’élimination de l’onchocercose a été vérifiée et déclarée par l’OMS.

Traitement

L'OMS recommande de traiter l'onchocercose par l'ivermectine au moins une fois par an sur une période de 10 à 15 ans. Lorsque O. volvulus coexiste avec Loa loa, une autre filaire parasitaire endémique au Cameroun, au Congo, au Nigéria, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud, il est conseillé de suivre les recommandations conjointes du Comité d'experts du Mectizan® et de l'APOC sur la prise en charge des éventuels effets indésirables graves.

L'action de l'OMS

L'OMS est l'organisme d'exécution de l'APOC. Le Bureau régional OMS de l'Afrique supervise ainsi la gestion de l'APOC, cependant que le Siège de l'Organisation fournit un appui administratif et technique et un soutien à la recherche opérationnelle. De plus, par l'intermédiaire du partenariat de l'OEPA, l'OMS collabore avec les pays d'endémie et les partenaires internationaux.

Enfin, l'OMS soutient actuellement le lancement d'un programme d'élimination au Yémen, en collaboration avec le ministère de la santé, la Banque mondiale et d'autres partenaires internationaux.

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