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La grossesse chez les adolescentes

Aide-mémoire N° 364
Mis à jour en septembre 2014


Principaux faits

  • Près de 16 millions de jeunes filles âgées de 15 à 19 ans et quelque 1 million de jeunes filles âgées de moins de 15 ans mettent au monde des enfants chaque année – la plupart dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.
  • Les complications de la grossesse et de l’accouchement sont la deuxième cause de décès pour les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans dans le monde.
  • Chaque année, près de 3 millions de jeunes filles âgées de 15 à 19 ans subissent des avortements à risque.
  • Les enfants de mères adolescentes ont un risque de mortalité sensiblement plus élevé que ceux de femmes âgées de 20 à 24 ans.

Taux de natalité

On observe depuis 1990 une diminution sensible bien qu’irrégulière des taux de natalité chez les adolescentes, mais près de 11 % des naissances dans le monde surviennent encore chez des jeunes filles de 15 à 19 ans. La grande majorité de ces naissances (95 %) ont lieu dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Selon les Statistiques sanitaires mondiales 2014, le taux de natalité moyen chez les jeunes filles de 15 à 19 ans est de 49 pour 1000. Les taux par pays vont de une à 299 naissances pour 1000 jeunes filles, les taux les plus élevés étant enregistrés en Afrique subsaharienne.

La grossesse chez l’adolescente reste l’un des principaux facteurs de mortalité de la mère et de l’enfant et contribue au cycle de la mauvaise santé et de la pauvreté.

Contexte

Si certaines adolescentes planifient et désirent leur grossesse, pour beaucoup ce n’est pas le cas. Les grossesses sont plus fréquentes chez les adolescentes dans les populations pauvres, peu instruites ou rurales. Dans certains pays, les grossesses hors mariage ne sont pas rares. Inversement, les jeunes filles subissent parfois des pressions sociales pour se marier et, une fois mariées, pour avoir des enfants tôt. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, plus de 30 % des jeunes filles se marient avant l’âge de 18 ans, et près de 14 % avant l’âge de 15 ans.

Certaines adolescentes ne savent pas comment éviter une grossesse : l’éducation sexuelle fait défaut dans beaucoup de pays. Elles ont parfois honte ou n’osent pas avoir recours aux services de contraception ; les contraceptifs sont parfois trop chers ou ne sont pas largement ou légalement disponibles. Et même lorsque les contraceptifs sont largement disponibles, les adolescentes sexuellement actives sont moins susceptibles de les utiliser que les adultes.

Les jeunes filles ne sont pas toujours en mesure de refuser des rapports sexuels non désirés ou de résister à la contrainte, et ces rapports ne sont généralement pas protégés.

Conséquences sur la santé

Les complications de la grossesse et de l’accouchement sont la deuxième cause de décès chez les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans dans le monde. Toutefois, des baisses importantes du nombre de décès ont été observées dans toutes les Régions depuis 2000, en particulier en Asie du Sud-Est, où les taux de mortalité sont passés de 21 à 9 pour 1000 jeunes filles. Près de 3 millions d’avortements non médicalisés ont lieu chez les jeunes filles de 15 à 19 ans chaque année, ce qui contribue à la mortalité maternelle et entraîne des problèmes de santé durables.

Les grossesses précoces accroissent les risques pour la mère comme pour l’enfant. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les mortinaissances et les décès néonatals sont 50 % plus nombreux parmi les enfants nés de mères âgées de moins de 20 ans que parmi ceux de mères âgées de 20 à 29 ans. Plus la mère est jeune, plus le risque est grand pour l’enfant. Les enfants de mères adolescentes sont plus susceptibles d’avoir un faible poids de naissance, avec un risque de conséquences à long terme.

Conséquences économiques et sociales

Chez une adolescente, la grossesse peut également avoir des conséquences économiques et sociales. Beaucoup de jeunes filles doivent abandonner l’école lorsqu’elles tombent enceintes. Or, une jeune fille pas ou peu instruite aura moins de compétences et de possibilités de trouver un emploi. Cela peut aussi avoir un coût pour le pays, en raison du manque à gagner sur le revenu annuel qu’une jeune femme aurait pu percevoir sa vie durant si elle n’avait pas eu une grossesse précoce.

Action de l’OMS

En 2011, l’OMS a publié, en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), des lignes directrices sur la manière de prévenir les grossesses précoces et leurs conséquences en matière de santé reproductive. Elles recommandent des mesures à prendre par les pays, visant six objectifs principaux :

  • réduire le nombre de mariages avant l’âge de 18 ans;
  • sensibiliser l’opinion afin d’obtenir un soutien pour réduire le nombre de grossesses avant l’âge de 20 ans;
  • augmenter le recours à la contraception des adolescentes exposées à des grossesses non désirées;
  • réduire l’incidence des rapports sexuels sous la contrainte chez les adolescentes;
  • réduire le nombre d’avortements à risque chez les adolescentes;
  • accroître le recours à des soins qualifiés avant, pendant et après l’accouchement chez les adolescentes.

L’OMS participe également à divers efforts conjoints avec des organismes et des programmes tels que l’initiative « H4+ », qui regroupe l’ONUSIDA, l’UNFPA, l’UNICEF, l’ONUFemmes et la Banque mondiale. Cette initiative vise à accélérer les progrès vers la réalisation des objectifs 4 (Réduire la mortalité de l’enfant) et 5 (Améliorer la santé maternelle) du Millénaire pour le développement d’ici 2015.

Elle s’attaque aux causes mêmes de la mortalité et de la morbidité de la mère, du nouveau-né et de l’enfant – dont les inégalités entre les sexes, le mariage des enfants et l’accès limité des filles à l’éducation. L’initiative « H4 » s’aligne étroitement sur les plans de santé nationaux et fournit un soutien technique et financier aux gouvernements.

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