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La violence chez les jeunes

Aide-mémoire N°356
Décembre 2014


Principaux faits

  • Au niveau mondial, on dénombre 250 000 homicides chaque année chez les jeunes âgés de 10 à 29 ans, soit 43% du nombre total d’homicides enregistrés dans le monde chaque année.
  • Pour chaque jeune tué, 20 à 40 autres subissent des blessures nécessitant une hospitalisation.
  • De 3 à 24% des femmes rapportent que leur première expérience sexuelle a eu lieu sous la contrainte.
  • La violence chez les jeunes a des répercussions graves, souvent à vie, sur le fonctionnement psychologique et social de l’individu.
  • La violence chez les jeunes a d’énormes incidences sur le coût des services de santé, de protection sociale et judiciaires, réduit la productivité, diminue la valeur des biens, et d’une manière générale, fragilise le tissu social.

La violence chez les jeunes est un problème de santé publique mondiale. Elle recouvre toute une série d’actes qui vont du harcèlement aux violences physiques, en passant par des violences sexuelles et physiques plus graves pouvant aller jusqu’à l’homicide.

La problématique

On estime que 250 000 homicides se produisent chaque année dans le monde chez les jeunes âgés de 10 à 29 ans, soit 43% du nombre total d’homicides enregistrés dans le monde chaque année. Les taux d’homicide chez les jeunes varient considérablement à l’intérieur des pays et entre eux. Toutefois, dans tous les pays, la majorité des auteurs et des victimes d’homicides sont de jeunes hommes. Les taux d’homicide chez les jeunes femmes sont bien inférieurs presque partout. Entre 2000 et 2012, les taux d’homicide chez les jeunes ont diminué dans la plupart des pays, même si la baisse a été plus marquée dans les pays à revenu élevé que dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Pour chaque jeune tué, 20 à 40 autres subissent des blessures nécessitant un traitement hospitalier. Les blessures non mortelles impliquent en beaucoup moins grand nombre des armes à feu que les agressions mortelles, les agresseurs faisant davantage usage de leurs poings, de leurs pieds, de couteaux et d’objets contondants.

La violence sexuelle touche également un nombre important de jeunes. Ainsi, 3 à 24% des femmes interrogées dans le cadre de l’Étude multipays de l’OMS sur la santé des femmes et la violence domestique rapportent que leur première expérience sexuelle a eu lieu sous la contrainte. Les bagarres et le harcèlement sont également courants chez les jeunes.

Une étude de 40 pays en développement a montré que l’exposition aux brutalités et au harcèlement concernait de 8,6 à 45,2% des garçons et de 4,8 à 35,8% des filles.

Les homicides et actes de violence non mortels concernant des jeunes contribuent non seulement considérablement à la charge mondiale de mortalité prématurée, de traumatismes et d’incapacités, mais ont également des répercussions graves, souvent à vie, sur le fonctionnement psychologique et social de l’individu. Cela peut toucher les familles des victimes, leurs amis et leurs communautés. La violence chez les jeunes accroît considérablement les coûts des services de santé, de protection sociale et judiciaires, réduit la productivité, diminue la valeur des biens et, d’une manière générale, fragilise le tissu social.

Facteurs de risque

Les facteurs qui augmentent les risques de violence chez les jeunes sont complexes.

Facteurs de risque au niveau individuel
  • hyperactivité;
  • impulsivité;
  • manque de contrôle sur le comportement;
  • problèmes de concentration;
  • antécédents de comportements agressifs;
  • consommation précoce d’alcool, de drogues et de tabac;
  • croyances et comportements antisociaux;
  • niveau intellectuel bas et mauvais résultats scolaires;
  • manque d’investissement scolaire et échec scolaire;
  • appartenance à une famille monoparentale;
  • séparation ou divorce des parents;
  • exposition à la violence au sein de la famille.
Facteurs de risque dans le cadre des relations avec les proches (famille, amis, partenaires intimes et pairs)
  • manque de surveillance et d’encadrement des enfants par les parents;
  • pratiques disciplinaires parentales dures, laxistes ou incohérentes;
  • faible niveau d’attachement entre les parents et les enfants;
  • manque d’intérêt des parents pour les activités des enfants;
  • abus de substances psychoactives ou délinquance des parents;
  • faible niveau de revenu familial;
  • association avec des pairs délinquants.
Facteurs de risque au sein de la communauté et plus largement de la société
  • faibles niveaux de cohésion sociale dans la communauté;
  • présence de gangs et offre locale d’armes à feu et de drogues illicites;
  • absence d’alternatives non violentes pour la résolution des conflits;
  • fortes inégalités de revenu;
  • changements sociaux et démographiques rapides;
  • urbanisation;
  • qualité de la gouvernance d’un pays (lois et application de celles-ci, de même que politiques d’éducation et de protection sociale).

Prévention

Les programmes de prévention qui se révèlent efficaces sont les suivants:

  • programmes de développement des compétences essentielles et de développement social visant à aider les enfants et les adolescents à gérer la colère, à résoudre les conflits et à acquérir les compétences sociales nécessaires pour résoudre les problèmes;
  • programmes de prévention du harcèlement dans les écoles.

Les programmes de prévention de violence chez les jeunes prometteurs – dont l’efficacité demande toutefois encore à être étudiée – sont les suivants:

  • les programmes qui apportent un soutien aux parents et leur inculquent des compétences parentales positives (à travers des visites d’infirmières à domicile);
  • les programmes préscolaires qui inculquent aux enfants des compétences scolaires et sociales dès le plus jeune âge;
  • les programmes visant à améliorer le milieu scolaire, les politiques, les pratiques pédagogiques et les mesures de sécurité;
  • les mesures visant à réduire l’accès à l’alcool à travers l’augmentation des taxes ou la réduction de la densité des points de vente;
  • l’amélioration de la gestion des lieux où l’on consomme de l’alcool (par exemple en réduisant la densité de consommateurs, en formant le personnel des bars, en appliquant plus strictement la législation existante en matière d’autorisation de vente);
  • les politiques restrictives en matière d’achat et d’autorisation des armes à feu;
  • une application de l’interdiction du port d’arme en public;
  • des programmes visant à réduire les concentrations de pauvreté en distribuant des bons de logement pour aider les familles à quitter les quartiers défavorisés.

La prévention de la violence chez les jeunes exige une approche globale qui porte également sur les déterminants sociaux de la violence, tels que les inégalités de revenu, l’évolution démographique et le changement social rapide et de faibles niveaux de protection sociale.

Si l’on veut réduire les conséquences immédiates de la violence chez les jeunes, il est essentiel d’apporter des améliorations aux soins d’urgence et pré-hospitaliers, et notamment en matière d’accès aux soins.

Action de l’OMS

L’OMS et ses partenaires collaborent afin de faire baisser la violence chez les jeunes à travers des initiatives qui aident à définir le problème, le quantifier et y répondre, par les moyens suivants:

  • en appelant l’attention sur l’ampleur de la violence chez les jeunes et sur l’importance de la prévention;
  • en recueillant des données sur l’ampleur et les types de violence dans différents contextes, ce qui est important pour comprendre l’ampleur et la nature du problème au niveau mondial;
  • en élaborant des recommandations à l’intention des États Membres et autres secteurs pertinents afin de prévenir la violence chez les jeunes et de renforcer l’action contre celle-ci;
  • en soutenant les efforts nationaux de prévention de la violence chez les jeunes;
  • en collaborant avec les organismes et organisations internationaux pour décourager la violence chez les jeunes au niveau mondial.
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