Centre des médias

Noyade

Aide-mémoire N°347
Octobre 2012


Principaux faits

  • La noyade est la troisième cause de décès par traumatisme non intentionnel dans le monde et représente 7% de l’ensemble des décès par traumatisme.
  • On estime à 388 000 le nombre annuel de décès par noyade au niveau mondial.
  • Il se peut que les estimations mondiales sous évaluent sensiblement le problème effectif de santé publique posé par la noyade.
  • Ce sont les enfants, les personnes de sexe masculin et les personnes qui sont souvent en contact avec l’eau qui sont le plus exposés à la noyade.

La noyade est le processus d’altération de la fonction respiratoire résultant d’une submersion/immersion dans un liquide; le sujet en sort indemne, avec une pathologie, ou il décède.

Ampleur du problème

D’après les estimations, 388 000 personnes sont mortes par noyade en 2004; il s’agit donc d’un problème majeur de santé publique à l’échelle mondiale. Les traumatismes représentent près de 10% de la mortalité totale au niveau mondial. La noyade est la troisième cause de décès par traumatisme non intentionnel – soit 7% de l’ensemble des décès liés à des traumatismes.

La charge et les décès imputables aux noyades se retrouvent dans toutes les économies et toutes les Régions de l'OMS; toutefois:

  • 96% des décès par noyade non intentionnelle se produisent dans des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire;
  • plus de 60% des noyades enregistrées dans le monde ont lieu dans la Région OMS du Pacifique occidental et la Région OMS de l’Asie du Sud-Est;
  • c’est dans la Région africaine de l’OMS que les taux de décès par noyade sont les plus élevés, où ils sont plus de huit fois supérieurs à ceux de l’Australie ou des États-Unis d’Amérique;
  • la Chine et l’Inde ont des taux de mortalité par noyade particulièrement élevés; 43% des décès par noyade enregistrés dans le monde surviennent dans ces pays, considérés ensemble, et 41% du nombre total d’années de vie ajustées sur l’incapacité (DALY) 1 perdues au niveau mondial du fait d’une noyade leur est attribuable.

Malgré le peu de données disponibles, plusieurs études donnent des informations sur le coût des noyades. Aux États-Unis, 45% des personnes qui décèdent par noyade font partie du segment le plus actif de la population sur le plan économique. Dans ce seul pays, la noyade sur le littoral représente un coût direct et indirect de 273 millions de dollars par an. En Australie et au Canada, le coût annuel total des noyades est de 85,5 millions et de 173 millions de dollars, respectivement.

Il existe une grande incertitude quant au nombre estimatif de décès par noyade au niveau mondial. Il est important de souligner que le problème posé par ces décès est bien plus grand que ne le montrent les chiffres susmentionnés; en raison de la façon dont les données sont classées, le total mondial ne comprend pas les noyades dues aux crues ou inondations (cataclysmes), aux activités nautiques et aux accidents lors du transport maritime ou fluvial. Dans bon nombre de pays, les statistiques sur les noyades n’ayant pas entraîné la mort ne sont pas faciles à obtenir ou ne sont pas fiables.

Qui est exposé?

Âge

L’âge est l’un des principaux facteurs de risque. Ce lien est souvent associé à un relâchement de la surveillance. Au niveau mondial, c’est en général chez les enfants de moins de 5 ans que le taux de mortalité par noyade est le plus élevé. Le Canada et la Nouvelle-Zélande sont les seules exceptions, où les adultes de sexe masculin ont un taux de mortalité encore plus élevé.

Les statistiques sur les noyades d’enfants dans un certain nombre de pays sont particulièrement éloquentes:

  • Australie: la noyade est la principale cause de décès par traumatisme non intentionnel chez les enfants de 1 à 3 ans.
  • Bangladesh: la noyade représente 20% de l’ensemble des décès chez les enfants de 1 à 4 ans.
  • Chine: la noyade est la première cause de décès par traumatisme chez les enfants de 1 à 14 ans.
  • États-Unis: la noyade est la deuxième cause de décès par traumatisme non intentionnel chez les enfants de 1 à 14 ans.
Différences entre hommes et femmes

Les hommes sont particulièrement exposés aux noyades, avec un taux de mortalité global deux fois supérieur à celui des femmes. Le risque d’hospitalisation par suite d’une noyade n’ayant pas entraîné la mort est plus élevé chez les hommes que chez les femmes. D’après les études réalisées, c’est parce qu’ils sont davantage en contact avec l’eau et qu’ils ont un comportement plus risqué, comme le fait de nager seul, de boire de l’alcool avant d’aller se baigner seul ou de pratiquer des activités nautiques, que ce risque est plus élevé.

Accès à l’eau

Le fait d’être plus souvent en contact avec l’eau constitue un autre facteur de risque. Les personnes qui exercent une activité dans le domaine de la pêche commerciale ou dont le moyen de subsistance est la pêche – qui, dans les pays à faible revenu, utilisent de petites embarcations – sont plus exposées à la noyade. Les enfants vivant à proximité d’étendues d’eau non closes, comme les fossés, les mares, les canaux d’irrigation ou les bassins ou piscines, sont particulièrement exposés.

Autres facteurs de risque

Les facteurs suivants sont également associés à un risque accru de noyade:

  • dans de nombreux pays, un faible statut socio économique, l’appartenance à une minorité ethnique, un faible niveau d’instruction et le fait de vivre en milieu rural;
  • le fait de laisser des nourrissons sans surveillance ou seuls avec un autre enfant dans une baignoire;
  • les déplacements à bord de navires ou embarcations peu sûrs ou trop chargés et qui ne sont pas munis de dispositifs de flottaison suffisants;
  • la consommation d’alcool à proximité de l’eau ou dans l’eau;
  • des affections médicales, par exemple l’épilepsie;
  • l’ignorance des touristes qui ne connaissent pas les risques et particularités des milieux aquatiques locaux;
  • la survenue de crues ou inondations, ou autres événements cataclysmiques comme les raz-de-marée.

Prévention

Les stratégies de prévention de la noyade, à caractère global, devraient être les suivantes: mise au point de techniques permettant de supprimer le risque, adoption d’une législation imposant des mesures de prévention et garantissant une moindre exposition, formation des individus et des communautés afin de les sensibiliser aux risques et aux mesures nécessaires en cas de noyade, et, enfin, décision visant à donner un degré de priorité élevé à la recherche et aux initiatives en matière de santé publique afin de mieux définir la charge que représentent les noyades à l’échelle mondiale et d’étudier la possibilité de mener à bien des actions en matière de prévention.

Les techniques permettant d’éliminer l’exposition aux risques liés à l’eau constituent la stratégie la plus efficace de prévention des noyades. Les mesures incluses dans cette stratégie sont essentiellement le drainage de l’eau inutilement accumulée ou la modification de l’environnement pour mettre en place des dispositifs isolant les personnes des étendues d’eau non closes. On peut notamment citer les exemples suivants:

  • conception et mise en place de systèmes de sécurité, comme les systèmes de drainage, les systèmes de canalisation, les digues de protection contre les crues ou inondations dans les zones exposées;
  • construction de barrières ou clôtures de protection des bassins ou piscines, sur quatre côtés, afin d’empêcher l’accès à l’eau;
  • création et maintien de zones de sécurité dans l’eau pour les activités récréatives;
  • installation de couvercles sur les citernes ou puits ouverts;
  • nécessité de vider les seaux, cuvettes et baignoires et de les retourner lorsqu’on les range.

La législation peut constituer une stratégie de prévention. Par exemple, le fait de rendre obligatoire l’installation d’une barrière sur quatre côtés autour d’un bassin ou d’une piscine peut diminuer le risque de noyade. Toutefois, les lois et réglementations à cet effet sont en elles mêmes insuffisantes. Il est souvent nécessaire de veiller à ce que les systèmes de clôture soient effectivement utilisés et fassent l’objet d’un contrôle si l’on veut réduire les taux de noyade.

Les autres lois ou réglementations visant les facteurs de risque, sur lesquelles l’on ne dispose pas aujourd’hui de données suffisantes, sont notamment les lois imposant des contrôles réguliers de sécurité pour les navires à passagers et les lois sur la consommation d’alcool lors d’activités nautiques ou pendant la baignade. Toutefois, la présence de dispositifs de flottaison personnels bien arrimés et appropriés à bord des navires ou embarcations est un moyen efficace de prévenir les noyades.

L’éducation des individus et des communautés pour les sensibiliser aux problèmes de la noyade et aux risques qui y sont associés et leur formation aux techniques de survie dans l’eau semblent constituer des stratégies prometteuses pour prévenir les noyades. De même, le fait de faire en sorte que des maîtres nageurs sauveteurs soient présents sur les lieux de baignade semble être également une stratégie prometteuse.

Le fait de permettre une réanimation immédiate du noyé en améliorant l’aptitude des premières personnes présentes à apporter les premiers secours en cas de noyade peut aussi diminuer la gravité éventuelle des conséquences de cette noyade.

Les autres stratégies pour lesquelles l’on ne dispose pas actuellement de données suffisantes et qui devraient faire l’objet de travaux de recherche supplémentaires sont notamment les suivantes:

  • programmes de cours de natation à l’intention des enfants d’âge scolaire et des adultes;
  • surveillance des enfants à l’intérieur et à l’extérieur des habitations et constitution de groupes de parents ou autres mécanismes de surveillance des enfants dans les communautés rurales, notamment au moment des récoltes;
  • éducation des enfants pour leur apprendre à ne pas aller dans les cours d’eau lorsque le courant est fort et à ne pas aller se baigner seuls.

Action de l'OMS

Il est essentiel de donner un degré de priorité élevé à la recherche et aux initiatives en matière de santé publique afin de pouvoir déterminer quelle charge représentent les noyades au niveau mondial et quels sont les facteurs de risque. Il convient de définir des objectifs clairs, comme la quantification de l’ampleur du problème et l’identification des populations vulnérables, des risques et des situations présentant un danger, et de renforcer les services d’intervention d’urgence, tout en mettant l’accent sur les actions de prévention et la sensibilisation dans les populations les plus touchées.

Pour plus d'informations:

OMS Centre des médias
Téléphone: +41 22 791 2222
Courriel: mediainquiries@who.int


1 L’année de vie ajustée sur l’incapacité (DALY) élargit le concept de nombre d’années de vie potentielles perdues en raison d’un décès prématuré en y incluant le nombre équivalent d’années de vie « en bonne santé » perdues du fait d’une mauvaise santé ou d’une incapacité.

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