Centre des médias

Les chutes

Aide-mémoire N°344
Octobre 2012


Principaux faits

  • Les chutes sont la deuxième cause de décès accidentels ou de décès par traumatisme involontaire dans le monde.
  • Selon les estimations, 424 000 personnes perdent la vie chaque année à la suite de chutes, dont plus de 80% dans les pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire.
  • Les personnes qui font le plus grand nombre de chutes mortelles sont des personnes de plus de 65 ans.
  • On enregistre chaque année 37,3 millions de chutes qui sont suffisamment graves pour nécessiter des soins médicaux.
  • Les stratégies de prévention devraient privilégier l’éducation, la formation et l’aménagement d’environnements sécurisés, en accordant un degré de priorité élevé aux travaux de recherche sur les chutes et en mettant en place des mesures efficaces pour réduire les risques.

On entend par chute un événement à l’issue duquel une personne se retrouve, par inadvertance, sur le sol ou toute autre surface située à un niveau inférieur à celui où elle se trouvait précédemment. Les traumatismes dus aux chutes peuvent être mortels [1], même si, le plus souvent, ce n’est pas le cas. Si l’on prend l’exemple des enfants en République populaire de Chine pour chaque décès dû à une chute, on enregistre 4 cas d’incapacité permanente, 13 chutes entraînant une hospitalisation pendant plus de 10 jours, 24 cas occasionnant une hospitalisation durant 1 à 9 jours et 690 nécessitant des soins médicaux ou une absence de l’école/du travail.

Le problème

Au niveau mondial, les chutes constituent un problème majeur de santé publique. Selon les estimations, 424 000 chutes mortelles ont lieu chaque année, ce qui constitue la deuxième cause de décès par traumatisme involontaire, après les décès dus aux traumatismes provoqués par des accidents de la route.

Plus de 80% des décès liés à des chutes se produisent dans des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire – dont plus des deux tiers dans les Régions OMS du Pacifique occidental et de l’Asie du Sud-Est. Dans toutes les régions du monde, c’est chez les personnes de plus de 60 ans que le taux de décès est le plus élevé.

Même si elles n’entraînent pas la mort, près de 37,3 millions de chutes suffisamment graves pour nécessiter des soins médicaux ont lieu chaque année. Plus de 17 millions d’années de vie ajustées sur l’incapacité (DALY) perdues sont imputables à ces chutes. [2]. C’est chez les personnes de 65 ans ou plus, les jeunes de 15 à 29 ans et les enfants jusqu’à 15 ans que la morbidité est la plus élevée.

Si près de 40% du nombre total d’années de vie DALY perdues du fait de chutes concernent des enfants, il se peut que cette mesure ne rende pas compte avec précision de l’incidence de l’incapacité liée à des chutes chez les sujets âgés qui ont moins d’années de vie à perdre. En outre, pour les personnes victimes de chutes et présentant de ce fait une incapacité, notamment les personnes âgées, le risque d’avoir besoin ultérieurement de soins à long terme ou de devoir être placées dans un établissement ou une maison de retraite est élevé.

Le coût des traumatismes dus aux chutes est important. Pour les personnes de 65 ans ou plus, le coût moyen par traumatisme dû à une chute, pour le système de santé de la République finlandaise et de l’Australie, est de 3611 et 1049 dollars respectivement. D’après les données du Canada, la mise en œuvre de stratégies de prévention efficaces, entraînant une baisse de 20% de l’incidence des chutes chez les enfants de moins de 10 ans, pourrait permettre une économie nette de plus de 120 millions de dollars par an.

Quelles sont les personnes exposées?

Si toutes les personnes qui font une chute sont exposées à un risque de traumatisme, l’âge, le sexe et l’état de santé peuvent avoir une incidence sur le type et la gravité de ce traumatisme.

Âge

Pour ce qui est des chutes, l’âge est l’un des principaux facteurs de risque. C’est chez les personnes âgées que le risque de décès ou de traumatismes graves dus à une chute est le plus élevé et le risque augmente avec l’âge. Par exemple, aux États-Unis d’Amérique, 20 à 30% des personnes âgées victimes de chutes subissent un traumatisme léger à grave, comme des bleus, une fracture de la hanche ou un traumatisme crânien. Ce niveau de risque est peut-être en partie attribuable aux modifications physiques, sensorielles et cognitives associées au vieillissement, conjuguées à des environnements qui ne sont pas adaptés à une population vieillissante.

Les enfants sont également un groupe à risque. Les chutes chez l’enfant se produisent pour l’essentiel au cours des différents stades du développement et s’expliquent par la curiosité innée qu’ils ont de leur environnement et une affirmation croissante de leur indépendance qui coïncide avec des comportements plus aventureux couramment dénommés «prise de risques». Si l’un des facteurs fréquemment cités est le défaut de surveillance des adultes, les circonstances sont souvent complexes et l’on constate une interaction avec la pauvreté, la monoparentalité et des environnements particulièrement dangereux.

Sexe

Dans toutes les classes d’âge et toutes les régions, les personnes des deux sexes sont exposées à un risque de chute. Dans certains pays, on observe que le risque de décès par suite d’une chute est probablement plus grand chez les hommes, tandis que les femmes font davantage de chutes qui ne sont pas mortelles. Les femmes âgées et les enfants en bas âge sont particulièrement exposés aux chutes et à des traumatismes de plus grande gravité.

À l’échelle mondiale, les taux de mortalité et le nombre d’années de vie ajustées sur l’incapacité perdues sont systématiquement plus élevés chez les hommes. Cette charge plus importante chez ces derniers pourrait s’expliquer par un plus grand nombre de comportements à risque et un niveau de risque plus élevé dans le cadre professionnel.

Les autres facteurs de risque sont notamment les suivants:

  • exercice d’une activité à une grande hauteur ou existence d’autres conditions de travail dangereuses;
  • consommation d’alcool ou toxicomanie;
  • facteurs socio-économiques, parmi lesquels la pauvreté, la suroccupation des logements, la monoparentalité, ou l’extrême jeunesse de la mère;
  • affections médicales sous-jacentes, comme les affections neurologiques, cardiaques ou autres affections invalidantes;
  • effets secondaires de médicaments, sédentarité et perte de l’équilibre, notamment chez les personnes âgées;
  • mobilité réduite, détérioration de la fonction cognitive et mauvaise vision, notamment chez les personnes vivant en institution, comme les maisons de retraite médicalisées ou les établissements de soins de longue durée;
  • environnements peu sûrs, notamment pour les personnes qui ne voient pas bien ou dont l’équilibre n’est pas bon.

Prévention

Les stratégies de prévention devraient être globales et multiformes. Elles devraient privilégier la recherche et les initiatives en santé publique, de façon à mieux définir la charge que représentent les chutes, à étudier de manière plus approfondie des facteurs de risque variables et à mettre en œuvre une prévention efficace. Ces stratégies devraient promouvoir les mesures visant à sécuriser l’environnement et à réduire les facteurs de risque.

Elles devraient encourager la suppression de tout ce qui peut favoriser les chutes, la formation des soignants aux stratégies de prévention fondées sur des bases factuelles, et l’éducation des individus et des communautés afin qu’ils soient davantage sensibilisés aux risques.

Les programmes de prévention efficaces ont pour objectif de réduire le nombre de personnes qui sont victimes de chutes, ainsi que le taux de chutes et la gravité des traumatismes qui en résultent. S’agissant des personnes âgées, un certain nombre d’éléments peuvent y être intégrés en vue d’identifier et de modifier les risques. Il s’agit par exemple des éléments suivants:

  • identification des risques de chute dans le cadre de vie;
  • interventions cliniques visant à déterminer les facteurs de risque, comme l’examen et la modification des prescriptions médicales, le traitement d’une tension artérielle trop basse, une supplémentation en vitamine D et en calcium, et le traitement d’une déficience visuelle susceptible d’être corrigée;
  • évaluation du logement et modification de l’environnement pour les personnes présentant des facteurs de risque avérés ou ayant déjà fait des chutes;
  • prescription d’aides et appareils appropriés pour remédier aux déficiences physiques et sensorielles;
  • renforcement musculaire et rééducation de l’équilibre prescrits par un professionnel de santé qualifié;
  • programmes collectifs à assise communautaire pouvant comporter une sensibilisation à la prévention des chutes et des exercices de type tai chi ou des exercices dynamiques visant à améliorer l’équilibre et la force;
  • utilisation de protections pour les hanches par les personnes exposées à un risque de fracture de la hanche dû à une chute.

S’agissant des enfants, les interventions efficaces sont les suivantes: mise en place de programmes communautaires multiformes; adaptation du mobilier des crèches et écoles maternelles et de l’équipement des aires de jeux et mise au point d’autres produits; et, enfin, adoption d’une législation sur l’utilisation de barreaux de protection aux fenêtres.

Parmi les autres stratégies de prévention encourageantes, on peut notamment citer l’utilisation de barrières de protection, la mise en place de programmes de visites à domicile, les campagnes de sensibilisation du grand public, et la formation des personnes et des communautés aux soins médicaux pédiatriques en cas de traumatisme grave consécutif à une chute.


[1] Dans la base de données de l’OMS sur la charge mondiale de morbidité, les données relatives aux décès lies à des chutes et aux traumatismes n’ayant pas entraîné la mort ne prennent pas en compte les chutes dues aux agressions et aux actes auto-infligés, les chutes de cheval (ou autres animaux), de bâtiments en feu ou de véhicules de transport; elles ne portent pas non plus sur les personnes qui tombent dans les flammes, dans l’eau ou dans des machines.

[2] L’année de vie ajustée sur l’incapacité (DALY) élargit le concept d’années de vie perdues par suite d’un décès prématuré en prenant en compte le nombre équivalent d’années de vie «en bonne santé» perdues du fait d’un mauvais état de santé ou d’une incapacité.


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