Centre des médias

Tabagisme

Aide-mémoire N°339
Juillet 2013


Principaux faits

  • Le tabac tue la moitié de ceux qui en consomment.
  • L'épidémie de tabagisme tue près de 6 millions de personnes chaque année. Plus de 5 millions d'entre elles sont des consommateurs ou d'anciens consommateurs, et plus de 600 000, des non-fumeurs involontairement exposés à la fumée.
  • Si aucune mesure n'est prise d'urgence, le nombre annuel de ces décès pourrait atteindre plus de 8 millions d'ici à 2030.
  • Plus de 80% du milliard de fumeurs dans le monde vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.
  • Même si elle baisse dans certains pays à revenu élevé ou à revenu intermédiaire supérieur, la consommation totale de produits du tabac augmente au niveau mondial.

Le tabac est l’une des principales causes de décès, de maladie et d’appauvrissement

La consommation de tabac est l’une des plus graves menaces qui ayant jamais pesé sur la santé publique mondiale. Elle tue près de 6 millions de personnes chaque année. Plus de 5 millions d'entre elles sont des consommateurs ou d'anciens consommateurs, et plus de 600 000 des non-fumeurs involontairement exposés à la fumée. Une personne environ meurt toutes les six secondes du fait de ce fléau, ce qui représente un décès d'adulte sur 10. La moitié des consommateurs actuels mourront d'une maladie liée au tabac.

Près de 80% du milliard de fumeurs que compte la planète vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, là où la charge de morbidité et de mortalité liée au tabac est la plus lourde.

Les consommateurs de tabac qui décèdent prématurément privent leur famille de revenus, font augmenter les dépenses de santé et freinent le développement économique.

Dans certains pays, les enfants de ménages pauvres travaillent souvent dans la culture du tabac pour apporter un revenu à leur famille. Ces enfants sont particulièrement exposés à la «maladie du tabac vert», provoquée par l’absorption cutanée de nicotine lors de la manipulation de feuilles de tabac humides.

Le tabac tue à petit feu

Comme les conséquences de la consommation de tabac sur la santé n’apparaissent qu’au bout de plusieurs années, c'est aujourd'hui seulement que l'on assiste à l'explosion des maladies et décès dus au tabac.

Le tabac a provoqué 100 millions de décès au XXe siècle et il en entraînera jusqu’à un milliard au XXIe siècle si la tendance actuelle se poursuit.

Si rien n’est fait, on déplorera chaque année, d’ici 2030, plus de 8 millions de décès dus au tabac, dont plus de 80% surviendront dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

La surveillance est essentielle

Une surveillance de qualité permet de connaître l’ampleur et la nature de la consommation de tabac et de savoir comment adapter au mieux les politiques. Seul un pays sur quatre, représentant à peine plus d’un tiers de la population mondiale, surveille la consommation de tabac chez les jeunes et les adultes en conduisant des enquêtes représentatives au niveau national au moins tous les cinq ans.

Le tabagisme passif tue

On désigne par l’expression «tabagisme passif» l’exposition à la fumée dégagée par des produits du tabac tels que les cigarettes, les bidis ou le narguilé, dans des lieux clos comme un restaurant ou un bureau. La fumée du tabac contient plus de 4000 substances chimiques, dont on sait qu’au moins 250 sont nocives et plus de 50 sont cancérigènes.

Il n’y a pas de seuil au-dessous duquel le tabagisme passif est sans danger.

  • Chez l’adulte, le tabagisme passif entraîne de graves maladies cardiovasculaires et respiratoires, dont des cardiopathies coronariennes et le cancer du poumon. Il est également une cause de mort subite du nourrisson et d’insuffisance pondérale à la naissance
  • Presque la moitié des enfants respirent régulièrement, dans les lieux publics, un air pollué par la fumée de tabac.
  • Plus de 40% des enfants ont au moins l’un de leurs deux parents qui fume.
  • Le tabagisme passif provoque plus de 600 000 décès prématurés chaque année.
  • En 2004, les enfants représentaient 28% des décès imputables au tabagisme passif.

Chacun doit pouvoir respirer de l’air sans fumée. Les lois relatives aux espaces sans fumée protègent la santé des non-fumeurs, ont une image positive, n’ont pas d’effets néfastes sur l’économie et incitent les fumeurs à se sevrer.

Plus d’un milliard de personnes, soit 16% de la population mondiale, sont protégées par des lois nationales complètes sur l'interdiction de la fumée du tabac.

Les consommateurs de tabac ont besoin d’aide pour le sevrage

Les études montrent que peu de gens connaissent les risques spécifiques pour la santé de la consommation de tabac. Ainsi, une enquête réalisée en Chine en 2009 a montré que, dans ce pays, respectivement 38% et 27% seulement des fumeurs savent que le tabac provoque des cardiopathies coronariennes et des accidents vasculaires cérébraux.

La plupart des fumeurs qui connaissent les dangers du tabac souhaitent s’arrêter de fumer. Les conseils et la prise de médicaments peuvent plus que doubler les chances de succès d’un fumeur qui essaie d’arrêter.

  • Des services complets d’aide au sevrage, dont le coût est intégralement ou partiellement pris en charge, ne sont disponibles pour aider les fumeurs à cesser de fumer que dans 21 pays, représentant 15% de la population mondiale.
  • Il n'existe aucune aide au sevrage dans un quart des pays à revenu faible.

Les mises en garde illustrées sont efficaces

Les campanes choc contre le tabac et les mises en garde illustrées apposées sur les paquets – notamment celles qui comportent des photos – permettent de réduire le nombre d’enfants qui commencent à fumer et d’augmenter le nombre de fumeurs qui décident d’arrêter.

Les mises en garde explicites peuvent persuader les fumeurs de protéger la santé des non-fumeurs en réduisant leur consommation à l’intérieur des habitations et en évitant de fumer près des enfants. Les études menées après la mise en place de mises en garde illustrés sur les paquets de tabac au Brésil, au Canada, à Singapour et en Thaïlande montrent toutes que ces mises en garde sensibilisent fortement la population aux méfaits du tabac.

Seuls 30 pays, abritant 14% de la population mondiale, respectent les meilleures pratiques sur les mises en garde illustrées, qui prévoient notamment que celles-ci soient rédigées dans la langue locale et couvrent, en moyenne, au moins la moitié des faces avant et arrière des paquets. La plupart de ces pays sont des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Les campagnes médiatiques peuvent également réduire la consommation de tabac en incitant les gens à protéger les non-fumeurs et en persuadant les jeunes de se sevrer.

Plus de la moitié de la population mondiale vit dans les 37 pays qui ont lancé au moins une grande campagne médiatique contre le tabac au cours des deux dernières années.

L’interdiction de la publicité fait baisser la consommation

L’interdiction de la publicité en faveur du tabac, de la promotion et du parrainage permet de faire baisser la consommation.

  • L’interdiction totale de toutes les formes de publicité en faveur du tabac, de promotion et de parrainage, permet de réduire la consommation de tabac de 7% en moyenne, certains pays enregistrant même des baisses allant jusqu'à 16%.
  • Seuls 24 pays, abritant 10% de la population mondiale, prévoient une interdiction totale, au niveau national, de la publicité en faveur du tabac, de la promotion et du parrainage.
  • Environ un pays sur trois limite peu, voire pas du tout, la publicité en faveur du tabac, la promotion et le parrainage.

Les taxes dissuadent les gens de consommer du tabac

Les taxes sur le tabac sont le moyen le plus efficace de réduire la consommation, notamment chez les jeunes et les pauvres. Une augmentation des taxes qui accroît le prix du tabac de 10% fait reculer la consommation d’environ 4% dans les pays à revenu élevé, cette baisse pouvant atteindre 8% dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Pourtant, une taxation élevée du tabac est une mesure rarement utilisée.

  • Seuls 32 pays, abritant moins de 8% de la population mondiale, taxent le tabac à plus de 75% du prix de vente au détail.
  • Selon les données disponibles, les recettes fiscales sur les ventes du tabac sont en moyenne 175 fois plus élevées que les sommes dépensées pour la lutte antitabac.

Action de l’OMS

L'OMS est engagée dans la lutte contre l’épidémie mondiale de tabagisme. La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac est entrée en vigueur en février 2005. Depuis lors, elle est devenue l’un des traités les plus largement acceptés de l’histoire des Nations Unies, avec 176 Parties représentant 88% de la population mondiale.

La Convention-cadre est le principal instrument de l’OMS pour la lutte antitabac et elle marque une étape importante dans la promotion de la santé publique. Il s’agit d’un traité fondé sur des bases factuelles qui réaffirme le droit de tout être humain à bénéficier du meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre, qui fournit un cadre juridique pour la coopération sanitaire internationale et fixe des normes exigeantes en matière d’application.

En 2008, l’OMS a lancé une démarche d’un bon rapport coût/efficacité pour accélérer l’application des dispositions de la Convention-cadre de l’OMS. Intitulée MPOWER, celle-ci se décline en une série de «bonnes pratiques» et de «meilleures pratiques » destinées à réduire la consommation de tabac. Chacune d’elles correspond à au moins une disposition de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac.

Les six mesures MPOWER sont les suivantes:

  • Surveiller la consommation de tabac et les politiques de prévention
  • Protéger la population contre la fumée du tabac
  • Offrir une aide à ceux qui veulent renoncer au tabac
  • Mettre en garde contre les dangers du tabagisme
  • Faire respecter l’interdiction de la publicité en faveur du tabac, de la promotion et du parrainage
  • Augmenter les taxes sur le tabac

Pour plus d’informations sur les progrès accomplis dans la lutte antitabac aux niveaux mondial, régional et national, voir les rapports publiés par l’OMS sur l’épidémie mondiale de tabagisme.

Pour plus d'informations, prendre contact avec

Centre des médias de l'OMS
Téléphone: +41 22 791 2222
Courriel: mediainquiries@who.int

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