Centre des médias

Virus Hendra

Aide-mémoire N°329
Juillet 2009


Principaux points

  • Le virus Hendra peut provoquer des syndromes respiratoires et neurologiques mortels.
  • Il peut se transmettre à l’homme à partir du cheval.
  • Il provoque une maladie grave, voire mortelle, chez le cheval.
  • Pour l’homme comme pour le cheval, il n’existe ni traitement ni vaccin.
  • Les hôtes naturels de ce virus sont des chauves-souris frugivores de la famille des Ptéropodidés.

Le virus Hendra (HeV) est à l’origine d’une zoonose virale émergente rare (virus qui se transmet de l’animal à l’homme) qui peut provoquer un syndrome respiratoire et neurologique mortel chez l’homme. Cette infection est également grave chez le cheval: elle peut entraîner la mort des animaux et des pertes économiques considérables pour les éleveurs.

Nommé initialement Morbilivirus équin, le virus Hendra appartient au genre des Henipavirus, une nouvelle classe dans la famille des Paramyxoviridés. Il est étroitement apparenté au virus Nipah.

Bien qu’on n’ait observé que de rares flambées, la possibilité de propagation du virus Hendra, ainsi que sa morbidité et sa mortalité potentielles pour l’homme, en ont fait un sujet de préoccupation pour la santé publique.

Cette inquiétude s’est encore renforcée à la suite des flambées les plus récentes, les symptômes chez le cheval étant devenus principalement neurologiques et non plus respiratoires. Cela évoque la possibilité d’une diversité génétique des souches et d’un virus potentiellement plus infectieux.

Flambées

Le virus Hendra a été identifié pour la première fois en 1994 à l’occasion d’une flambée d’une maladie respiratoire aiguë frappant 21 chevaux en Australie. Deux personnes ont été infectées et l’une d’entre elles est morte. Depuis lors, on a observé dix autres flambées, toutes en Australie et trois d’entre elles ont concerné l’homme.

Transmission

Le virus Hendra se transmet à l’homme par contact proche avec des chevaux infectés ou leurs liquides biologiques.

Jusqu’ici, aucun cas de transmission interhumaine n’a été mis en évidence.

Signes et symptômes

Chez l’homme, l’infection à virus Hendra va d’un syndrome grippal bénin à une atteinte respiratoire ou neurologique mortelle. Les sujets infectés présentent au départ de la fièvre, des céphalées, des myalgies (douleurs musculaires), une angine et une toux sèche. Il peut y avoir aussi une tuméfaction des ganglions, une léthargie et des vertiges.

La durée d’incubation (l’intervalle entre l’infection et l’apparition des symptômes) va de cinq à quatorze jours. Jusqu’à présent, on a recensé six cas confirmés chez l’homme, dont trois mortels.

L’un des sujets décédés a développé une pneumopathie inflammatoire, une insuffisance respiratoire, une insuffisance rénale et une thrombose artérielle. Il est mort par arrêt cardiaque.

Un autre sujet a présenté une maladie neurologique inhabituelle, évolutive et mortelle. Au départ, il a eu une inflammation bénigne du système nerveux (méningoencéphalite), avec une angine, des céphalées, des vertiges, des vomissements et une raideur de la nuque. Après un traitement antibiotique, il a complètement guéri mais, treize mois plus tard, des signes d’encéphalite sont apparus et ont évolué vers le coma puis le décès.

Les trois sujets infectés qui ont totalement guéri n’ont eu aucune séquelle, ni rechute.

Diagnostic

Différentes épreuves de laboratoire permettent de diagnostiquer l’infection par le virus Hendra:

  • réaction de neutralisation sur sérum;
  • titrage immuno-enzymatique (ELISA);
  • amplification génique (PCR);
  • immunofluorescence;
  • isolement du virus sur culture cellulaire.

Traitement

Il n’existe actuellement ni médicament, ni vaccin. Le traitement symptomatique intensif reste la principale méthode de prise en charge de cette infection chez l’homme.

Hôte naturel du virus Hendra

Les chauves-souris de la famille des Pteropodidés, particulièrement les espèces du genre Pteropus, sont les hôtes naturels du virus Hendra. Celui-ci ne provoque pas de maladie apparente chez ces animaux.

On pense que la répartition géographique des Henipavirus se superpose à celle du genre Pteropus, hypothèse renforcée par la mise en évidence d’infections à Henipavirus chez les chauves-souris du genre Pteropus en Australie, au Bangladesh, au Cambodge, en Chine, en Inde, en Indonésie, à Madagascar, en Malaisie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Thaïlande et au Timor-Leste.

Récemment, on a découvert que des chauves-souris frugivores africaines, du genre Eidolon et de la famille des Ptéropodidés, avaient des anticorps contre les virus Nipah et Hendra, ce qui indique leur éventuelle présence dans la zone de répartition géographique des Pteropodidés en Afrique.

Virus Hendra chez le cheval

Le cheval est la seul espèce domestique susceptible d’être naturellement infectée par le virus Hendra. Dans cette espèce, le tableau clinique va de l’infection asymptomatique à des syndromes respiratoires et neurologiques mortels. Dans les cas mortels, la maladie évolue sur deux jours en moyenne.

Chez le cheval, on n’observe pas de différences marquantes entre les symptômes d’une infection à virus Hendra et ceux d’autres maladies respiratoires et neurologiques. On soupçonnera cet agent infectieux si l’on observe également des chauves-souris à proximité, ou des cas humains de syndrome de détresse respiratoire aiguë ou d’encéphalite.

En général, les flambées d’infection à virus Hendra se produisent chez le cheval une à deux semaines avant l’homme. Leur détection pourrait déclencher la mise en place de mesures de prévention pour empêcher des flambées associées chez l’homme.

La durée d’incubation (l’intervalle entre l’infection et l’apparition des symptômes) va de cinq à 16 jours chez le cheval. Le taux de létalité est d’environ 75%.

Il est rare que le virus Hendra passe des chauves-souris frugivores aux chevaux. La voie de transmission est sans doute la contamination des pâturages ou de la nourriture par des liquides biologiques ou des tissus fœtaux de chauves-souris.

Prévention

Prévention de la transmission au cheval

Il n’y a pas de vaccin contre le virus Hendra. Le nettoyage et la désinfection régulière des étables devraient être un moyen de prévention efficace.

Si l’on suspecte une flambée, il faut mettre immédiatement en quarantaine les installations concernées. L’abattage des animaux infectés, en contrôlant attentivement l’enfouissement ou l’incinération des carcasses, pourra s’avérer nécessaire pour réduire le risque de transmission à l’homme. On peut limiter la propagation de la maladie en restreignant ou en interdisant les déplacements de chevaux à partir des étables infectées.

Diminution du risque d’infection chez l’homme

En l’absence de vaccin, le seul moyen consiste à sensibiliser la population aux facteurs de risque et à l’instruire des mesures qui peuvent être prises pour réduire l’exposition au virus.

Les messages de santé publique doivent être axés sur les points suivants:

  • Réduction du risque de transmission du cheval à l’homme. Il faut porter des équipements de protection, gants, tabliers, masques, lunettes de protection, lorsqu’on manipule des animaux malades ou leur tissu, y compris après leur mort.
  • Réduction du risque de transmission de la chauve-souris au cheval. La nourriture et l’eau pour les chevaux doivent être déplacées dans des zones où il n’y a pas de chauves-souris qui s’alimentent ou qui nichent.
Lutte contre l’infection en milieu médical

Les soignants s’occupant de cas suspects ou confirmés d’infection à virus Hendra, ou manipulant des échantillons prélevés sur ces cas, doivent appliquer les mesures de base de la lutte anti-infectieuse.

Les échantillons prélevés sur des personnes ou des animaux, pour lesquels on suspecte une infection à virus Hendra, doivent être manipulés par du personnel ayant une formation adéquate et travaillant dans des laboratoires suffisamment bien équipés.

Pour plus d'informations, prendre contact avec:

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Téléphone: +41 22 791 2222
Courriel: mediainquiries@who.int

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