Hépatite A
Principaux points
- L’hépatite A est une maladie hépatique virale dont l’évolution peut être bénigne ou grave.
- Elle est transmise par voie féco-orale à l’occasion de l’ingestion d’un aliment ou d’une boisson contaminés par les fèces d’une personne affectée.
- C’est une maladie étroitement associée à un mauvais assainissement et à une hygiène personnelle déficiente, tel le fait de ne pas se laver les mains.
- Selon les estimations, on enregistre 1,4 million de cas d’hépatite A par an.
- Les épidémies d’hépatite A peuvent se développer de façon fulgurante et provoquer des pertes économiques importantes: 300 000 personnes ont été touchées lors d’une flambée qui s’est produite à Shanghai en 1988.
- Un meilleur assainissement et l’utilisation du vaccin contre l’hépatite A constituent les moyens les plus efficaces pour combattre cette maladie.
L’hépatite A est une infection hépatique provoquée par le virus de l’hépatite A (VHA). Ce virus se propage lorsqu’une personne non infectée (ou non vaccinée) boit ou mange quelque chose qui a été contaminée par les fèces d’un sujet infecté par le VHA: c’est ce qu’on appelle la transmission féco-orale. Cette maladie est étroitement associée à un assainissement insuffisant et à une mauvaise hygiène individuelle. Contrairement à l’hépatite B et à l’hépatite C, l’hépatite A n’entraîne pas de maladie hépatique chronique et est rarement mortelle, mais elle peut provoquer des symptômes débilitants.
L’hépatite A apparaît sporadiquement dans le monde sous la forme d’épidémies qui révèlent des cycles récurrents. Les infections par le VHA sont responsables, d’après les estimations, de 1,4 million de cas par an dans le monde. Les épidémies liées à des aliments ou à de l’eau contaminés peuvent se déclarer brutalement telle l’épidémie survenue à Shanghai en 1988 qui a touché près de 300 000 personnes.
Cette maladie peut avoir des conséquences économiques et sociales importantes dans les communautés. Les gens peuvent nécessiter des semaines parfois des mois avant de se rétablir et de pouvoir retourner au travail, à l’école ou à leurs tâches quotidiennes. Les conséquences pour les entreprises alimentaires où le virus a été identifié et sur la productivité locale en général peuvent être importantes.
Symptômes
Les symptômes de l’hépatite A peuvent être bénins ou graves: on peut enregistrer une fièvre, une sensation de malaise, une perte d’appétit, des diarrhées, des nausées, une gêne abdominale, des urines foncées et un ictère (coloration jaune de la peau et du blanc des yeux). Les personnes infectées ne vont pas toutes présenter l’ensemble de ces symptômes. Les adultes présentent plus souvent que les enfants des signes et symptômes de la maladie et la gravité et la mortalité de celle-ci augmentent dans les classes plus âgées.
Les enfants infectés de moins de six ans ne présentent en général aucun symptôme visible et seuls 10% d’entre eux développent un ictère. Parmi les enfants plus âgés et les adultes, l’infection provoque en général des symptômes plus graves, un ictère survenant dans plus de 70 % des cas. La plupart des gens guérissent en quelques semaines – ou quelques mois – sans complications.
Quelles sont les personnes à risque?
Toute personne n’ayant jamais été infectée ni vaccinée peut contracter une hépatite A. Les gens qui vivent dans des endroits où l’assainissement est médiocre sont exposés à un risque plus élevé. Dans les régions où le virus est répandu, la plupart des infections à VHA se produisent au cours de la petite enfance. Les autres facteurs de risque de cette maladie sont l’usage de drogues intraveineuses, le fait de cohabiter avec une personne infectée ou d’être le partenaire sexuel d’une personne présentant une infection aiguë à VHA.
Transmission
Le VHA se transmet habituellement de personne à personne à l’occasion de l’ingestion par une personne non infectée d’aliments ou de boissons contaminés par les fèces d’une personne infectée. La transmission hématogène du VHA est possible mais beaucoup moins fréquente. Les flambées à transmission hydrique, bien que plus rares, sont en général associées à de l’eau de boisson contaminée par des eaux usées ou insuffisamment traitée. Le virus ne se propage pas à l’occasion des contacts ordinaires entre personnes.
Traitment
Il n’y a pas de traitement spécifique contre l’hépatite A. La guérison des symptômes faisant suite à l’infection peut être lente et prendre plusieurs semaines ou plusieurs mois. Le traitement vise principalement à maintenir un certain confort et un équilibre nutritionnel suffisant, notamment à remplacer les pertes liquidiennes dues aux vomissements et à la diarrhée.
Prévention
Un meilleur assainissement et la vaccination contre l’hépatite A constituent les moyens les plus efficaces de combattre cette maladie.
Un approvisionnement suffisant en eau de boisson sûre et l’élimination des eaux usées dans de bonnes conditions au sein des communautés, le tout associé à une bonne hygiène individuelle, comme le fait de se laver régulièrement les mains, permet de réduire la propagation du VHA.
Plusieurs vaccins contre l’hépatite A sont disponibles dans le monde. Ils offrent tous une protection comparable contre le virus et ont des effets secondaires analogues. Aucun d’entre eux n’est homologué pour l’enfant de moins d’un an.
Près de 100% des sujets vaccinés ont présenté une concentration d’anticorps protectrice contre le virus dans le mois suivant l’administration d’une dose unique de vaccin. Même après exposition au virus, une dose de vaccin administrée dans les deux semaines suivant le contact a des effets protecteurs.
Cependant, les fabricants recommandent d’administrer deux doses pour garantir une protection à plus long terme d’environ 5 à 8 ans après la vaccination. Des millions de personnes ont été vaccinées sans qu’il y ait jamais eu de manifestations indésirables graves. Ce vaccin peut être administré dans le cadre de programmes ordinaires de vaccination infantile et avec les vaccins couramment administrés lors de voyages.
Où trouve-t-on cette maladie?
Les zones géographiques peuvent être caractérisées comme ayant des taux élevés, intermédiaires ou faibles d’infection par le VHA.
- Taux élevé: dans les pays en développement où les conditions sanitaires et l’hygiène sont médiocres, le risque d’infection au cours de la vie est supérieur à 90%. La plupart des infections surviennent au cours de la petite enfance et les sujets infectés ne présentent aucun symptôme visible. Les épidémies sont peu fréquentes parce que les enfants plus âgés et les adultes sont en général immunisés. Les taux de morbidité dans ces zones sont faibles et les flambées rares.
- Taux intermédiaire: dans les pays en développement, les pays qui ont des économies de transition et les régions où les conditions sanitaires sont variables, les enfants échappent à l’infection au cours de la petite enfance. Paradoxalement, ces économies plus solides et ces meilleures conditions sanitaires peuvent conduire à des taux de morbidité plus élevés, puisque les infections se produisent dans des classes d’âge plus âgées, et de grandes flambées peuvent se déclarer.
- Taux faible: dans les pays développés où règnent de bonnes conditions sanitaires et une bonne hygiène, les taux d’infections sont faibles. La maladie peut se rencontrer chez les adolescents et les adultes de groupes à haut risque, tels les utilisateurs de drogues intraveineuses, les homosexuels masculins, les personnes se rendant dans des zones à haut risque, ainsi que dans des populations isolées, par exemple des communautés religieuses cloîtrées.
Vaccination
La planification de programmes de vaccination à grande échelle doit comporter des évaluations économiques soigneuses et envisager d’autres méthodes de prévention ou des méthodes complémentaires, par exemple un meilleur assainissement et des activités d’éducation pour la santé en faveur d’une meilleure hygiène.
Le fait d’inclure ou non le vaccin anti-hépatite A dans les vaccinations systématiques de l’enfance dépend du contexte local, notamment du niveau de risque auquel les enfants sont exposés. Plusieurs pays, dont l’Argentine, la Chine, Israël et les États Unis d’Amérique ont introduit ce vaccin dans les vaccinations systématiques de l’enfance. D’autres recommandent la vaccination aux personnes présentant des risques accrus d’hépatite A, notamment aux voyageurs se rendant dans des pays où le virus est endémique, aux hommes ayant des rapports avec d’autres hommes, ou aux personnes présentant des maladies hépatiques chroniques (en raison de leur risque accru de complications graves si elles contractent une infection à VHA).
Les recommandations relatives à la vaccination contre l’hépatite A lors de flambées doivent également être spécifiques à chaque endroit, notamment s’agissant de la faisabilité de la mise en oeuvre rapide d’une campagne de vaccination à grande échelle. La vaccination visant à lutter contre des flambées sévissant dans des communautés est une opération très payante dans les petites communautés, lorsque la campagne démarre précocement et que l’on parvient à une couverture élevée de nombreuses classes d’âge. Les efforts de vaccination doivent être complétés par une éducation sanitaire visant à améliorer l’assainissement et l’hygiène individuelle.