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Hépatite A

Aide-mémoire N°328
Juillet 2016


Principaux faits

  • L’hépatite A est une maladie hépatique virale dont l’évolution peut être bénigne ou grave.
  • Le virus de l’hépatite A se transmet par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés ou par contact direct avec une personne infectée.
  • Presque tout le monde guérit complètement de l’hépatite A en étant immunisé pour tout le reste de la vie. Néanmoins, on enregistre une très petite proportion de sujets infectés qui meurent d’hépatite fulminante.
  • Le risque d’infection par le virus de l’hépatite A est lié au manque d’eau potable et à l’insuffisance de l’assainissement et de l’hygiène (mains sales par exemple).
  • Les épidémies peuvent prendre un caractère explosif et provoquer des pertes économiques importantes.
  • Il existe un vaccin sûr et efficace pour la prévention de l’hépatite A.
  • L’approvisionnement en eau potable, la sécurité sanitaire des aliments, l’amélioration des installations d’assainissement et le vaccin contre l’hépatite A sont les moyens les plus efficaces pour combattre la maladie.

L’hépatite A est une infection hépatique provoquée par le virus de l’hépatite A (VHA). Le virus se propage essentiellement lorsqu’une personne non infectée (ou non vaccinée) ingère de l’eau ou des aliments contaminés par les matières fécales d’un sujet infecté. La maladie est étroitement associée au manque d’eau potable, à une nourriture impropre à la consommation, à l’insuffisance de l’assainissement et à une mauvaise hygiène personnelle.

Contrairement à l’hépatite B et à l’hépatite C, l’hépatite A n’entraîne pas de maladie hépatique chronique et est rarement mortelle, mais elle peut provoquer des symptômes débilitants et une hépatite fulminante (insuffisance hépatique aiguë), qui conduit souvent à une issue fatale.

L’hépatite A sévit sporadiquement dans le monde sous la forme d’épidémies, souvent de façon cyclique. Le virus de l’hépatite A est une des causes les plus fréquentes d’infection d’origine alimentaire.

Des épidémies dues à la contamination de l’eau ou des aliments peuvent se déclarer brutalement, comme celle survenue à Shanghai en 1988 qui a touché près de 300 000 personnes1. Les virus de l’hépatite A persistent dans l’environnement et peuvent résister aux procédés de transformation des aliments systématiquement utilisés pour inactiver ou maîtriser les bactéries pathogènes.

La maladie peut avoir des conséquences économiques et sociales importantes dans les communautés. Il faut parfois plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour que les convalescents puissent retourner au travail, à l’école ou à leurs activités quotidiennes. Les conséquences pour les entreprises alimentaires où le virus a été identifié et sur la productivité locale en général peuvent être considérables.

Répartition géographique

On peut établir des zones géographiques selon leur taux d’infection par le virus de l'hépatite A.

Zones à taux élevé d’infection

Dans les pays en développement où les conditions sanitaires et l’hygiène sont médiocres, la plupart des enfants (90%) ont été infectés par le VHA avant l’âge de 10 ans2. Les personnes infectées dans l’enfance ne présentent aucun symptôme visible. Les épidémies sont peu fréquentes parce que les enfants plus âgés et les adultes sont en général immunisés. Les taux de morbidité dans ces zones sont faibles et les flambées rares.

Zones à taux intermédiaire d’infection

Dans les pays en développement, ceux à économie en transition et les régions où les conditions sanitaires sont variables, les enfants échappent souvent à l’infection pendant leur petite enfance et atteignent l’âge adulte sans être immunisés. Paradoxalement, ces meilleures conditions économiques et sanitaires peuvent entraîner une augmentation du nombre d’adultes qui n’ont jamais été infectés et qui ne sont pas immunisés. Du fait de cette plus grande sensibilité dans les groupes plus âgés, on peut observer des taux de morbidité plus élevés et de grandes flambées épidémiques peuvent se déclarer dans ces communautés.

Zones à faible taux d’infection

Dans les pays développés, où les conditions sanitaires et d’hygiène sont bonnes, les taux d’infection sont faibles. La maladie peut survenir chez les adolescents et les adultes appartenant aux groupes à haut risque, comme les consommateurs de drogues injectables, les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, les voyageurs se rendant dans des zones de forte endémicité et dans des populations isolées, comme des communautés religieuses fermées. Néanmoins, quand le virus s’introduit dans ces communautés, le niveau d’hygiène permet d'interrompre la transmission interhumaine et les flambées épidémiques s’éteignent rapidement.

Transmission

Le virus de l'hépatite A se transmet principalement par voie féco-orale, lorsqu’une personne non infectée ingère de l’eau ou des aliments contaminés par les matières fécales d’un sujet infecté. Dans le cadre familial, cela peut se produire lorsqu’un sujet infecté prépare avec des mains sales la nourriture pour les membres de sa famille.

Les flambées à transmission hydrique, bien que rares, trouvent en général leur origine dans une eau de boisson contaminée par des eaux usées ou insuffisamment traitée. Le virus peut également se transmettre par contact physique étroit avec une personne infectée, mais il ne se propage pas à l’occasion des contacts ordinaires entre personnes.

Symptômes

La période d’incubation de l’hépatite A est généralement de 14 à 28 jours.

Les symptômes de l’hépatite A peuvent être bénins ou graves: on peut observer une fièvre, un mauvais état général, une perte d’appétit, des diarrhées, des nausées, une gêne abdominale, des urines foncées et un ictère (coloration jaune de la peau et du blanc des yeux). Les personnes infectées ne présentent pas toutes l’ensemble de ces symptômes.

Les adultes présentent plus souvent que les enfants des symptômes de la maladie. La gravité de la maladie tout comme la mortalité augmentent dans les classes d’âge plus âgées. Les enfants de moins de 6 ans ne présentent en général aucun symptôme visible et seuls 10% d’entre eux développent un ictère. Parmi les enfants plus âgés et les adultes, l’infection provoque en général des symptômes plus graves, un ictère survenant dans plus de 70% des cas. Il y a parfois des rechutes. La personne qui vient de guérir tombe de nouveau malade et présente un nouvel épisode aigu, se terminant néanmoins par la guérison.

Quelles sont les personnes à risque?

Toute personne n’ayant jamais été infectée ni vaccinée peut contracter une hépatite A. Dans les zones où le virus est répandu (forte endémicité), la plupart des cas surviennent au cours de la petite enfance. Les facteurs de risque dans les zones d'endémicité intermédiaire ou forte sont les suivants:

  • assainissement insuffisant;
  • manque d’eau potable;
  • cohabitation avec une personne infectée;
  • avoir des relations sexuelles avec une personne souffrant d’hépatite A aiguë;
  • usage récréatif de drogues;
  • se rendre dans des zones de forte endémicité sans être vacciné.

Traitement

Il n’y a pas de traitement spécifique contre l’hépatite A. La guérison des symptômes consécutifs à l’infection peut être lente et prendre plusieurs semaines ou plusieurs mois. Le plus important est d’éviter les médicaments inutiles. Il ne faut pas prescrire d’acétaminophène/paracétamol ou d’antiémétiques (médicaments contre les vomissements).

Il n’est pas utile d’hospitaliser le patient s’il ne présente pas d’insuffisance hépatite aiguë. Le traitement vise principalement à maintenir un certain confort et un bon équilibre nutritionnel, notamment à remplacer les pertes liquidiennes dues aux vomissements et à la diarrhée.

Prévention

Un meilleur assainissement, la sécurité sanitaire des aliments et la vaccination sont les moyens les plus efficaces de combattre la maladie.

On peut limiter la propagation de l’hépatite A par les moyens suivants:

  • un approvisionnement suffisant en eau potable;
  • l’élimination des eaux usées dans de bonnes conditions au sein des communautés;
  • une bonne hygiène personnelle, notamment le fait de se laver régulièrement les mains avec de l’eau propre.

Plusieurs vaccins injectables inactivés contre l’hépatite A sont disponibles sur le marché international. Tous sont comparables en termes de protection contre le virus et d’effets secondaires. Aucun vaccin n’est homologué pour l’enfant âgé de moins d’un an. En Chine, il existe aussi un vaccin oral.

Près de 100% des sujets vaccinés ont présenté des concentrations d’anticorps protectrices contre le virus dans le mois suivant l’administration d’une dose unique de vaccin. Même après exposition au virus, une dose de vaccin administrée dans les 2 semaines suivant le contact a des effets protecteurs. Cependant, les fabricants recommandent d’administrer 2 doses pour garantir une protection à plus long terme d’environ 5 à 8 ans après la vaccination.

Dans le monde, des millions de personnes ont reçu le vaccin injectable inactivé contre l’hépatite A sans présenter d’événements indésirables graves.

Vaccination

La vaccination contre l’hépatite A doit faire partie d’un plan complet de lutte contre l’hépatite virale. La planification de programmes de vaccination à grande échelle doit s’appuyer sur des évaluations économiques soigneuses et envisager d’autres méthodes de prévention ou des méthodes complémentaires, par exemple un meilleur assainissement et des activités d’éducation pour la santé visant à améliorer l’hygiène.

C’est le contexte local qui détermine s’il convient ou non d’inclure la vaccination anti-hépatite A dans les vaccinations systématiques de l’enfance.

Il faut tenir compte de la proportion des sujets sensibles dans la population et du niveau d’exposition au virus. En règle générale, ce sont les pays d’endémicité intermédiaire qui tireront le meilleur parti d’une vaccination universelle des enfants. Les pays de faible endémicité peuvent envisager de vacciner les adultes à haut risque. Dans les pays de forte endémicité, l’usage du vaccin est limité, la plupart des adultes étant naturellement immunisés.

En juin 2016, 16 pays avaient introduit sur le plan national la vaccination systématique des enfants contre l’hépatite A (6 pays dans la Région des Amériques, 3 dans la Région de la Méditerranée orientale, 4 dans la Région européenne et 3 dans la Région du Pacifique occidental).

Le schéma vaccinal de 2 doses de vaccin anti-hépatite A inactivé est appliqué dans de nombreux pays, mais d’autres peuvent envisager d’inclure une dose unique dans leurs calendriers vaccinaux. Certains pays préconisent aussi de vacciner les personnes exposées à un risque accru d’hépatite A, notamment:

  • les voyageurs se rendant dans des pays où le virus est endémique;
  • les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes;
  • les consommateurs de drogues récréatives.
  • les personnes souffrant de maladies hépatiques chroniques (en raison du risque accru de complications graves si elles contractent le VHA).

Les recommandations relatives à la vaccination contre l’hépatite A en cas de flambée doivent également être propres à chaque endroit, selon, notamment, les possibilités de mener rapidement une campagne de vaccination à grande échelle.

La vaccination contre des flambées sévissant dans les communautés est très payante dans les petites communautés, lorsque la campagne démarre précocement et que l’on parvient à une couverture élevée de nombreuses classes d’âge. La vaccination doit être complétée par une éducation sanitaire visant à améliorer l’assainissement, l’hygiène individuelle et la sécurité sanitaire des aliments.

Action de l’OMS

En mai 2016, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté la première Stratégie mondiale du secteur de la santé contre l’hépatite virale, 2016-2021. Celle-ci insiste sur le rôle crucial de la couverture sanitaire universelle et les cibles de la stratégie sont alignées sur celles des objectifs de développement durable.

Cette stratégie vise à éliminer l’hépatite virale des problèmes de santé publique, ce qui est résumé dans les cibles mondiales visant à réduire de 90% le nombre des nouveaux cas et de 65% le nombre des décès dus à l’hépatite virale d’ici à 2030. Les mesures à prendre par les pays et le Secrétariat de l’OMS pour atteindre ces cibles sont décrites dans la stratégie.

Pour aider les pays à progresser et à atteindre les cibles mondiales concernant l’hépatite au titre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, l’OMS travaille dans les domaines suivants:

  • sensibilisation, promotion des partenariats et mobilisation des ressources;
  • action fondée sur des politiques reposant sur des données probantes;
  • prévention de la transmission; et
  • développement des services de dépistage, de soins et de traitement.

L’OMS organise également le 28 juillet de chaque année la Journée mondiale de l’hépatite pour sensibiliser l’opinion et mieux faire connaître la maladie.


1Halliday ML1, Kang LY, Zhou TK, Hu MD, Pan QC, Fu TY, Huang YS, Hu SL. An epidemic of hepatitis A attributable to the ingestion of raw clams in Shanghai, China. J Infect Dis. 1991 Nov;164(5):852-9.

2Jacobsen KH, Wiersma ST. Hepatitis A virus seroprevalence by age and world region, 1990 and 2005. Vaccine 28 (2010) 6653–6657.