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Hépatite A

Aide-mémoire N°328
Juillet 2013


Principaux faits

  • L’hépatite A est une maladie hépatique virale dont l’évolution peut être bénigne ou grave.
  • On estime à 1,4 million par an le nombre de cas d’hépatite A dans le monde.
  • Le virus de l’hépatite A se transmet par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés ou par contact direct avec une personne infectée.
  • L’hépatite A est associée au manque d’eau potable et de moyens d’assainissement.
  • Les épidémies peuvent se développer de manière fulgurante et provoquer des pertes économiques importantes.
  • Un meilleur assainissement et la vaccination contre l’hépatite A constituent les moyens les plus efficaces de combattre la maladie.

L’hépatite A est une infection hépatique provoquée par le virus de l’hépatite A (VHA). Le virus se propage essentiellement lorsqu’une personne non infectée (ou non vaccinée) ingère de l’eau ou des aliments contaminés par les matières fécales d’un sujet infecté. La maladie est étroitement associée au manque d’eau potable, à l’insuffisance de l’assainissement et à une mauvaise hygiène personnelle.

Contrairement à l’hépatite B et à l’hépatite C, l’hépatite A n’entraîne pas de maladie hépatique chronique et est rarement mortelle, mais elle peut provoquer des symptômes débilitants et une hépatite fulminante (insuffisance hépatique aiguë), qui est associée à une mortalité élevée.

L’hépatite A sévit sporadiquement dans le monde sous la forme d’épidémies, souvent de façon cyclique. On estime à 1,4 million par an le nombre de cas d’hépatite A dans le monde.

Le virus de l’hépatite A est une des causes les plus fréquentes d’infection d’origine alimentaire. Des épidémies dues à la contamination de l’eau ou des aliments peuvent se déclarer brutalement, comme celle survenue à Shanghai en 1988 qui a touché près de 300 000 personnes. Les virus de l’hépatite A persistent dans l’environnement et peuvent résister aux procédés de transformation des aliments systématiquement utilisés pour inactiver ou maîtriser les bactéries pathogènes.

La maladie peut avoir des conséquences économiques et sociales importantes dans les communautés. Il faut parfois plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour que les convalescents puissent retourner au travail, à l’école ou à leurs activités quotidiennes. Les conséquences pour les entreprises alimentaires où le virus a été identifié et sur la productivité locale en général peuvent être considérables.

Répartition géographique

On peut établir des zones géographiques selon leur taux d’infection par le VHA.

Zones à taux élevé d’infection

Dans les pays en développement où les conditions sanitaires et l’hygiène sont médiocres, la plupart des enfants (90%) ont été infectés par le VHA avant l’âge de 10 ans. Les personnes infectées dans l’enfance ne présentent aucun symptôme visible. Les épidémies sont peu fréquentes parce que les enfants plus âgés et les adultes sont en général immunisés. Les taux de morbidité dans ces zones sont faibles et les flambées rares.

Zones à taux intermédiaire d’infection

Dans les pays en développement, les pays à économie en transition et les régions où les conditions sanitaires sont variables, les enfants échappent souvent à l’infection au cours de la petite enfance. Paradoxalement, ces meilleures conditions économiques et sanitaires peuvent conduire à une plus grande sensibilité dans les classes d’âge plus âgées et à des taux de morbidité plus élevés, car l’infection touche les adolescents et les adultes, et de grandes flambées peuvent se déclarer.

Zones à faible taux d’infection

Dans les pays développés, où les conditions sanitaires et d’hygiène sont bonnes, les taux d’infection sont faibles. La maladie peut survenir chez les adolescents et les adultes appartenant aux groupes à haut risque, comme les consommateurs de drogues injectables, les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, les voyageurs se rendant dans des zones de forte endémicité et dans des populations isolées, comme des communautés religieuses fermées.

Transmission

Le VHA se transmet principalement par voie féco-orale, lorsqu’une personne non infectée ingère de l’eau ou des aliments contaminés par les matières fécales d’un sujet infecté. Les flambées à transmission hydrique, bien que rares, trouvent en général leur origine dans une eau de boisson contaminée par des eaux usées ou insuffisamment traitée.

Le virus peut également se transmettre par contact physique étroit avec une personne infectée, mais il ne se propage pas à l’occasion des contacts ordinaires entre personnes.

Symptômes

La période d’incubation de l’hépatite A est généralement de 14 à 28 jours.

Les symptômes de l’hépatite A peuvent être bénins ou graves: on peut observer une fièvre, un mauvais état général, une perte d’appétit, des diarrhées, des nausées, une gêne abdominale, des urines foncées et un ictère (coloration jaune de la peau et du blanc des yeux). Les personnes infectées ne présentent pas toutes l’ensemble de ces symptômes.

Les adultes présentent plus souvent que les enfants des signes et symptômes de la maladie, et la gravité de la maladie tout comme la mortalité augmentent dans les classes d’âge plus âgées. Les enfants de moins de six ans ne présentent en général aucun symptôme visible et seuls 10% d’entre eux développent un ictère. Parmi les enfants plus âgés et les adultes, l’infection provoque en général des symptômes plus graves, un ictère survenant dans plus de 70% des cas.

Quelles sont les personnes à risque?

Toute personne n’ayant jamais été infectée ni vaccinée peut contracter une hépatite A. Dans les zones où le virus est répandu (forte endémicité), la plupart des cas surviennent au cours de la petite enfance. Les facteurs de risque sont les suivants:

  • assainissement insuffisant;
  • manque d’eau potable;
  • injection de drogues;
  • cohabitation avec une personne infectée;
  • avoir des relations sexuelles avec une personne souffrant d’hépatite A aiguë;
  • se rendre dans des zones de forte endémicité sans être vacciné.

Traitement

Il n’y a pas de traitement spécifique contre l’hépatite A. La guérison des symptômes consécutifs à l’infection peut être lente et prendre plusieurs semaines ou plusieurs mois. Le traitement vise principalement à maintenir un certain confort et un bon équilibre nutritionnel, notamment à remplacer les pertes liquidiennes dues aux vomissements et à la diarrhée.

Prévention

Un meilleur assainissement, la sécurité sanitaire des aliments et la vaccination sont les moyens les plus efficaces de combattre la maladie.

On peut limiter la propagation de l’hépatite A par les moyens suivants:

  • un approvisionnement suffisant en eau potable;
  • l’élimination des eaux usées dans de bonnes conditions au sein des communautés;
  • une bonne hygiène personnelle, notamment le fait de se laver régulièrement les mains avec de l’eau propre.

Il existe plusieurs vaccins contre l’hépatite A dans le monde. Ils offrent tous une protection comparable contre le virus et ont des effets secondaires analogues. Aucun d’entre eux n’est homologué pour l’enfant de moins d’un an.

Près de 100% des sujets vaccinés ont présenté des concentrations d’anticorps protectrices contre le virus dans le mois suivant l’administration d’une dose unique de vaccin. Même après exposition au virus, une dose de vaccin administrée dans les deux semaines suivant le contact a des effets protecteurs. Cependant, les fabricants recommandent d’administrer deux doses pour garantir une protection à plus long terme d’environ 5 à 8 ans après la vaccination.

Des millions de personnes ont été vaccinées dans le monde sans qu’il n’y ait jamais eu de manifestations indésirables graves. Ce vaccin peut être administré dans le cadre des programmes ordinaires de vaccination infantile et avec les vaccins couramment administrés avant un voyage.

Vaccination

La vaccination contre l’hépatite A doit faire partie d’un plan complet de lutte contre l’hépatite virale. La planification de programmes de vaccination à grande échelle doit s’appuyer sur des évaluations économiques soigneuses et envisager d’autres méthodes de prévention ou des méthodes complémentaires, par exemple un meilleur assainissement et des activités d’éducation pour la santé visant à améliorer l’hygiène.

C’est le contexte local qui détermine s’il convient ou non d’inclure la vaccination anti-hépatite A dans les vaccinations systématiques de l’enfance, notamment la proportion de sujets sensibles dans la population et le niveau d’exposition au virus. Plusieurs pays, dont l’Argentine, la Chine, les États-Unis d’Amérique et Israël, ont intégré le vaccin dans les vaccinations systématiques de l’enfance.

Le schéma vaccinal de deux doses de vaccin anti-hépatite A inactivé est appliqué dans de nombreux pays, mais d’autres peuvent envisager d’inclure une dose unique dans leurs calendriers vaccinaux. Certains pays recommandent également la vaccination aux personnes particulièrement exposées à l’hépatite A, notamment:

  • les voyageurs se rendant dans des pays où le virus est endémique;
  • les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes;
  • les personnes souffrant de maladies hépatiques chroniques (en raison du risque accru de complications graves si elles contractent le VHA).

Les recommandations relatives à la vaccination contre l’hépatite A en cas de flambée doivent également être propres à chaque endroit, selon, notamment, les possibilités de mener rapidement une campagne de vaccination à grande échelle.

La vaccination contre des flambées sévissant dans les communautés est très payante dans les petites communautés, lorsque la campagne démarre précocement et que l’on parvient à une couverture élevée de nombreuses classes d’âge. La vaccination doit être complétée par une éducation sanitaire visant à améliorer l’assainissement, l’hygiène individuelle et la sécurité sanitaire des aliments.

Action de l’OMS

L’OMS agit dans les domaines suivants pour lutter contre l’hépatite virale:

  • sensibilisation, promotion de partenariats et mobilisation de ressourcer;
  • action fondée sur des politiques reposant sur des données probantes;
  • prévention de la transmission, et
  • dépistage, soins et traitement.

L’OMS organise également le 28 juillet de chaque année la Journée mondiale de l’hépatite pour sensibiliser l’opinion et mieux faire comprendre la maladie.

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