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Obésité et surpoids

Aide-mémoire N°311
Juin 2016


Principaux faits

  • À l’échelle mondiale, le nombre de cas d’obésité a doublé depuis 1980.
  • En 2014, plus de 1,9 milliard d’adultes – personnes de 18 ans et plus – étaient en surpoids. Sur ce total, plus de 600 millions étaient obèses.
  • 39% des adultes âgés de 18 ans et plus étaient en surpoids et 13% étaient obèses.
  • La plupart de la population mondiale vit dans des pays où le surpoids et l’obésité font davantage de morts que l’insuffisance pondérale.
  • En 2014, 41 millions d’enfants de moins de 5 ans étaient en surpoids ou obèses.
  • On peut prévenir l'obésité.

Que sont le surpoids et l’obésité?

Le surpoids et l’obésité se définissent comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé.

L’indice de masse corporelle (IMC) est une mesure simple du poids par rapport à la taille couramment utilisée pour estimer le surpoids et l’obésité chez l’adulte. Il correspond au poids divisé par le carré de la taille, exprimé en kg/m2.

Adultes

Pour l’adulte, l’OMS définit le surpoids et l’obésité comme suit :

  • il y a surpoids quand l’IMC est égal ou supérieur à 25; et
  • l’il y a obésité quand l’IMC est égal ou supérieur à 30.

L’IMC est la mesure la plus utile du surpoids et de l’obésité dans une population car, chez l’adulte, l’échelle est la même quels que soient le sexe ou l’âge du sujet. Il donne toutefois une indication approximative car il ne correspond pas forcément au même degré d’adiposité d’un individu à l’autre.

Pour les enfants, il faut tenir compte de l’âge pour définir le surpoids et l’obésité.

Enfants de moins de 5 ans

  • le surpoids est un poids par rapport à la taille debout supérieur à deux écarts-types au-dessus de la médiane des normes OMS de croissance de l’enfant; et
  • l’obésité est un poids par rapport à la taille debout supérieur à trois écarts-types au-dessus de la médiane des normes OMS de croissance de l’enfant.

Enfants de 5 à 19 ans

Pour les enfants âgés de 5 à 19 ans, le surpoids et l’obésité se définissent comme suit:

  • le surpoids est un IMC pour l’âge supérieur à un écart-type au dessus de la médiane de la croissance de référence de l’OMS; et
  • l’obésité est un IMC pour l’âge supérieur à 2 écarts-types au dessus de la médiane de la croissance de référence de l’OMS.

Informations sur le surpoids et l’obésité

D’après les estimations mondiales récentes de l’OMS:

  • En 2014, plus de 1,9 milliard d’adultes – personnes de 18 ans et plus – étaient en surpoids. Sur ce total, plus de 600 millions étaient obèses.
  • Globalement, environ 13% de la population adulte mondiale (11% des hommes et 15% des femmes) étaient obèses en 2014.
  • En 2014, 39% des adultes – personnes de 18 ans et plus – (38% des hommes et 40% des femmes) étaient en surpoids.
  • La prévalence de l’obésité a plus que doublé au niveau mondial entre 1980 et 2014.

En 2014, on estimait que 41 millions d’enfants de moins de 5 ans étaient en surpoids ou obèses. Autrefois considérés comme des problèmes spécifiques des pays à haut revenu, le surpoids et l’obésité sont désormais en augmentation dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, en particulier en milieu urbain.

En Afrique, le nombre d’enfants en surpoids ou obèses a pratiquement doublé, passant de 5,4 millions en 1990 à 10,6 millions en 2014. Près de la moitié des enfants de moins de 5 ans en surpoids ou obèses vivaient en Asie en 2014.

À l’échelle mondiale, le surpoids et l’obésité sont liés à davantage de décès que l’insuffisance pondérale. Il y a plus de personnes obèses qu’en insuffisance pondérale, et ce dans toutes les régions à l’exception de certaines parties de l’Afrique subsaharienne et de l’Asie.

Quelles sont les causes de l’obésité et du surpoids?

La cause fondamentale de l’obésité et du surpoids est un déséquilibre énergétique entre les calories consommées et dépensées. Au niveau mondial, on a constaté:

  • une augmentation de la consommation d’aliments très caloriques riches en lipides; et
  • une augmentation du manque d'activité physique en raison de la nature de plus en plus sédentaire de nombreuses formes de travail, de l’évolution des modes de transport et de l’urbanisation croissante.

L’évolution des habitudes en matière d’alimentation et d’exercice physique résulte souvent de changements au niveau de l’environnement et de la société et d’une absence de politiques dans certains secteurs, comme la santé, l’agriculture, les transports, l’urbanisme, l’environnement, la transformation des aliments, la distribution, le marketing et l’éducation.

Quelles sont les conséquences les plus fréquentes du surpoids et de l’obésité?

La hausse de l’IMC est un facteur de risque majeur pour certaines maladies chroniques comme:

  • les maladies cardiovasculaires (principalement les cardiopathies et les accidents vasculaires cérébraux), qui étaient déjà la première cause de décès en 2012;
  • le diabète;
  • les troubles musculo-squelettiques, en particulier l’arthrose – une maladie dégénérative des articulations, très invalidante;
  • certains cancers (de l’endomètre, du sein, des ovaires, de la prostate, du foie, de la vésicule biliaire, du rein et du colon).

Le risque de contracter des maladies non transmissibles augmente avec l'IMC.

On associe à l’obésité de l’enfant un risque accru d’obésité, de décès prématuré et d’incapacité à l’âge adulte. Mais, en plus de ces risques pour l’avenir, les enfants obèses peuvent avoir des difficultés respiratoires, un risque accru de fractures, une hypertension artérielle, une apparition des premiers marqueurs de maladie cardiovasculaire, une résistance à l’insuline et des problèmes psychologiques.

Une double charge de morbidité

De nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire sont aujourd’hui confrontés à une «double charge» de morbidité.

  • Alors qu’ils continuent de faire face aux problèmes des maladies infectieuses et de la dénutrition, ils connaissent également une augmentation rapide des facteurs de risque pour les maladies non transmissibles, comme l’obésité et le surpoids, notamment en milieu urbain.
  • Il n’est pas rare d’observer simultanément la dénutrition et l’obésité dans un même pays, une même communauté, voire une même famille.

Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les enfants risquent davantage de ne pas recevoir une alimentation adaptée à leur âge, que ce soit au stade prénatal, à celui du nourrisson ou du jeune enfant. Parallèlement, ils sont exposés à des aliments riches en lipides, en sucre, en sel, très caloriques, mais pauvres en micronutriments, qui tendent à être moins chers, mais aussi de qualité nutritionnelle inférieure. Ces habitudes alimentaires, associées à la sédentarité, entraînent une augmentation marquée de l’obésité chez l’enfant alors que les problèmes de malnutrition ne sont toujours pas résolus.

Comment réduire la charge du surpoids et de l’obésité?

Le surpoids et l’obésité, ainsi que les maladies non transmissibles qui y sont associées, peuvent être en grande partie évités. Des environnements et des communautés propices sont cruciaux pour induire les choix des populations, en facilitant celui d’aliments plus sains et d’une activité physique régulière en termes d’accessibilité, de disponibilité et de coût, et ainsi agir en prévention du surpoids et de l’obésité.

Au niveau individuel, on peut:

  • limiter l’apport énergétique provenant de la consommation des lipides totaux et de sucres;
  • consommer davantage de fruits et légumes, de légumineuses, de céréales complètes et de noix;
  • avoir une activité physique régulière (60 minutes par jour pour un enfant et 150 minutes par semaine pour un adulte).

La responsabilité individuelle ne peut pleinement jouer son rôle que si on a accès à un mode de vie sain. Il est donc important qu’au niveau de la société, l’individu soit aidé à appliquer les recommandations énoncées ci-dessus, par la mise en œuvre durable de politiques reposant sur des bases factuelles à l’échelle des populations qui rendent les choix de l’activité physique régulière et de meilleures habitudes alimentaires disponibles, financièrement avantageux et facilement accessibles pour tout un chacun, y compris les plus pauvres.

Une taxe sur les boissons sucrées est un exemple de ce type de politiques.

L’industrie agro-alimentaire peut jouer un rôle important de promotion des régimes alimentaires sains:

  • en réduisant la teneur en graisse, en sucre et en sel des aliments préparés;
  • en proposant à tous les consommateurs des produits sains et nutritifs à un prix abordable;
  • en limitant la commercialisation d’aliments riches en lipides, en sel et en sucre, notamment ceux qui sont destinés aux enfants et aux adolescents; et
  • en veillant à proposer des aliments sains et à favoriser la pratique d’une activité physique sur le lieu de travail.

Action de l’OMS

Adoptée par l’Assemblée mondiale de la Santé en 2014, la Stratégie mondiale de l’OMS pour l’alimentation, l’exercice physique et la santé décrit les mesures nécessaires pour encourager les gens à avoir une alimentation saine et à faire régulièrement de l’exercice. La stratégie demande à toutes les parties prenantes d’agir aux niveaux mondial, régional et local pour améliorer les habitudes alimentaires et favoriser la pratique d’une activité physique dans la population.

Dans la Déclaration politique de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles, adoptée en septembre 2011, il est reconnu qu’il importe au plus haut point de réduire le degré d’exposition de l’individu et des populations à une alimentation malsaine et au manque d’exercice physique.

L’engagement y est pris de promouvoir la mise en œuvre de la Stratégie mondiale de l’OMS pour l’alimentation, l’exercice physique et la santé y compris, le cas échéant, en adoptant des politiques et mesures visant à encourager dans l’ensemble de la population des habitudes alimentaires saines et la pratique accrue d’activités physiques.

L’OMS a élaboré le Plan d’action mondial pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2020, qui a pour but de concrétiser les engagements pris dans la Déclaration politique des Nations Unies sur les maladies non transmissibles, approuvée par les Chefs d’État et de gouvernement en septembre 2011.

Ce plan d’action contribuera à la réalisation progressive des 9 cibles concernant les maladies non transmissibles à atteindre d’ici 2025, notamment une baisse relative de 25% de la mortalité prématurée due aux MNT et l’arrêt de la progression des taux mondiaux d’obésité à leur niveau de 2010.

En 2016, l’Assemblée mondiale de la Santé a salué le rapport de la Commission pour mettre fin à l’obésité de l’enfant et les 6 recommandations pour s’occuper des environnements obésogènes et des périodes cruciales au cours de la vie afin de lutter contre l’obésité de l’enfant. L’Assemblée a prié le Directeur général d’élaborer un plan de mise en œuvre pour orienter de nouvelles actions.