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Migration des personnels de santé

Aide-mémoire N° 301
Juillet 2010


Principaux faits

  • Il y a près de 60 millions d’agents de santé dans le monde.

  • Nombreux sont les personnels de santé qui migrent vers les pays à revenu élevé pour bénéficier de revenus plus importants, d’une plus grande satisfaction professionnelle, de possibilités de carrière, ainsi que d’une meilleure qualité de la gestion.

  • La demande en personnels de santé augmente dans les pays à haut revenu, où les systèmes de santé peuvent être fortement tributaires des médecins, des infirmières et des autres agents de santé qui ont été formés à l’étranger.

  • La migration des agents de santé peut entraîner des pertes financières et elle affaiblit les systèmes de santé dans les pays d’origine.

  • L’OMS a élaboré un code de pratique mondial pour le recrutement international des personnels de santé afin de parvenir à un équilibre équitable entre les intérêts des personnels de santé, des pays d’origine et des pays de destination.

Les agents de santé sont tous ceux dont les activités principales ont pour but d’améliorer la santé. Ce sont notamment toutes les personnes qui fournissent des services de santé – médecins, infirmiers, sages-femmes, pharmaciens, techniciens de laboratoire – ainsi que les personnels administratifs et d’appui, tels que les gestionnaires des hôpitaux, les agents financiers, les cuisiniers, les chauffeurs et les nettoyeurs.

À l’échelle mondiale, on compte près de 60 millions d’agents de santé. Environ les deux tiers d’entre eux assurent des services de santé, le dernier tiers étant constitué de personnels administratifs et d’appui. Sans eux, ni la prévention, ni le traitement des maladies, ni les progrès en matière de soins de santé ne sauraient arriver jusqu’à ceux qui en ont besoin.

Pourquoi les agents de santé émigrent-ils?

Les agents de santé, comme les travailleurs de n’importe quel secteur, ont tendance à aller là où les conditions de travail sont les meilleures. Le revenu constitue une incitation importante à émigrer, mais ce n’est pas la seule. Parmi les autres raisons, il faut mentionner:

  • une plus grande satisfaction professionnelle;
  • les possibilités de carrière;
  • la qualité de la gestion et de la gouvernance;
  • le souhait d’échapper à l’instabilité politique, à la guerre, et aux menaces de violence sur le lieu de travail.

La migration se produit souvent par étapes. Les gens émigrent parfois des régions les plus pauvres vers des villes plus riches à l’intérieur d’un pays, puis vers des pays à haut revenu. Dans la plupart des pays, on observe également un mouvement du secteur public vers le secteur privé, surtout si les différences entre les niveaux de revenu sont grandes.

La mondialisation a certainement favorisé les migrations vers l’étranger. Dans le même temps, la demande d’agents de santé a augmenté dans les pays à haut revenu parce que les pays riches n’en forment pas assez sur place et que leur main-d’œuvre est vieillissante. Or les besoins en soins de santé s’accroissent en raison du vieillissement de la population et de l’augmentation des affections chroniques telles que le diabète et les maladies cardio-vasculaires, en particulier dans les zones rurales.

Dans un certain nombre de pays à revenu intermédiaire disposant d’un bon système d’enseignement médical – les tels que les Fidji, la Jamaïque, Maurice et les Philippines –, une proportion importante des étudiants, surtout dans les écoles d’infirmières, entreprennent leurs études avec l’intention d’émigrer, en général à la recherche de meilleurs salaires. Certains pays, comme les Philippines, cherchent à tirer profit de la demande d’agents de santé venant de l’étranger et forment délibérément des diplômés dans l’optique de carrières internationales.

L’impact des migrations

Les mouvements des agents de santé vers l’étranger ont à la fois des aspects négatifs et des aspects positifs.

Lorsqu’un nombre important de médecins et d’infirmières s’en vont, les pays qui ont financé leur éducation se voient privés d’un retour attendu sur investissement.

La perte financière n’est toutefois pas la plus dommageable. Lorsque le système de santé d’un pays est fragile, la perte de sa main-d’œuvre peut conduire le système tout entier au bord de l’effondrement, avec des conséquences qui se mesurent en perte de vies humaines.

Les aspects positifs des migrations tiennent au fait que, chaque année, elles engendrent des milliards de dollars sous forme d’envois d’argent (par les émigrés vers leur pays d’origine) vers des pays à revenu faible et ont donc été associées à une baisse de la pauvreté. Il arrive aussi que les agents de santé rentrent au pays, rapportant avec eux des compétences et de l’expérience.

L’ampleur des migrations

Dans un certain nombre de pays à revenu élevé, les systèmes de santé sont fortement tributaires des médecins et infirmières qui ont été formés à l’étranger. Au cours des 30 dernières années, le nombre des agents de santé migrants a augmenté de plus de 5% par an dans de nombreux pays d’Europe. Dans les pays de l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE), près de 20% des médecins viennent de l’étranger. Dans certains États du Golfe, tels que le Koweït ou les Émirats arabes unis, plus de 50% des personnels soignants sont des migrants.

Les infirmières originaires des Philippines (110 000) et les médecins venant d’Inde (56 000) représentent la plus grande part des agents de santé migrants des pays de l’OCDE. Toutefois, dans des pays à la population plus faible que l’Inde ou les Philippines, les taux de migration peuvent avoir des répercussions plus graves. Dans certains pays à faible revenu, plus de 50% des agents de santé hautement qualifiés s’en vont car de meilleures possibilités de carrière leur sont offertes à l’étranger.

Les 10 premiers pays ayant un taux d’expatriation de leurs médecins élevé
Graphique représentant le taux d’expatriation des médecins dans les pays de l’OCDE

Source: International migration outlook – SOPEMI 2007. Paris, Organisation de coopération et de développement économiques, 2007.

Lutter contre les effets négatifs de la migration des agents de santé

Des agents de santé hautement qualifiés et compétents venant des pays en développement continuent à émigrer à un rythme croissant , affaiblissant ainsi les systèmes de santé de leur pays d’origine. Il faut prendre les mesures qui suivent pour lutter contre les effets négatifs de ces migrations.

Dans les pays d’origine:
  • parvenir à une plus grande fidélisation du personnel de santé, en particulier dans les zones rurales et reculées;
  • offrir une protection plus forte et un traitement plus équitable des personnels de santé, dont les conditions de travail peuvent être difficiles et souvent dangereuses, et les salaires insuffisants; et
  • améliorer la formation dans leur pays des agents de santé et élaborer des politiques qui facilitent le retour des migrants.
Dans les pays de destination:
  • réduire la dépendance à l’égard des personnels de santé migrants, notamment en formant davantage d’agents de santé dans le pays et en tirant un meilleur parti du personnel de santé existant; et
  • adopter des politiques de recrutement responsables dans les pays de destination et assurer un traitement équitable des personnels soignants migrants.

L’action de l’OMS

L’OMS a élaboré des recommandations mondiales sur la fidélisation des personnels de santé dans les zones rurales et reculées, afin d’aider les pays à savoir quelles sont les mesures qui ont été efficaces dans différents endroits du monde pour attirer et fidéliser les personnels de santé.

Code de pratique mondial de l’OMS pour le recrutement international des personnels de santé

En 2004, l’Assemblée mondiale de la Santé a demandé à l’OMS d’élaborer un code de pratique pour le recrutement international des personnels de santé. En réponse, l’OMS a lancé un processus de consultation mondial pour élaborer un projet de code. Le Code a été adopté par l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2010.

Ce Code de pratique est non contraignant, de portée mondiale et s’applique à tous les personnels et acteurs de la santé. Il énonce des principes et encourage la définition de normes non contraignantes. L’objectif est de parvenir à un équilibre équitable entre les intérêts des personnels de santé, des pays d’origine et des pays de destination, en s’efforçant en particulier de corriger les effets négatifs de la migration des personnels de santé sur les pays qui connaissent une crise des personnels de santé.

Les principaux éléments du Code sont les suivants:

  • un plus grand engagement à aider les pays confrontés à des pénuries aiguës de personnels de santé, dans leurs efforts pour améliorer et soutenir leurs effectifs d’agents de santé;
  • un investissement conjoint dans la recherche et les systèmes d’information afin de suivre les migrations internationales des personnels de santé pour mettre au point des politiques reposant sur les données factuelles;
  • les États membres doivent répondre à leurs besoins en personnels de santé au moyen de leurs propres ressources humaines dans la mesure du possible et donc prendre des mesures pour former, fidéliser et pérenniser leur personnel de santé; et
  • les droits des personnels de santé migrants sont consacrés et égaux à ceux des personnels de santé formés localement.
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