Centre des médias

Rougeole

Aide-mémoire N°286
Octobre 2011


Principaux faits

  • La rougeole reste l'une des causes importantes de décès du jeune enfant, alors qu’il existe un vaccin sûr et efficace.
  • En 2008, on a recensé 164 000 décès par rougeole dans le monde, soit près de 450 décès par jour ou 18 par heure.
  • La vaccination a eu un effet très sensible en termes de santé publique. La mortalité rougeoleuse a diminué de 78% entre 2000 et 2008 au niveau mondial.
  • En 2010, environ 85% des enfants dans le monde –contre 72% en 2000– ont reçu une dose de vaccin antirougeoleux avant l’âge de un an, grâce à l’intervention systématique des services de santé.

La rougeole est une maladie virale grave extrêmement contagieuse. En 1980, avant que la vaccination ne se généralise, on estimait à 2,6 millions par an le nombre de décès dus à la rougeole.

La rougeole reste l'une des causes importantes de décès du jeune enfant, alors qu’il existe un vaccin sûr et efficace. On estime que 164 000 personnes, dont une majorité d’enfants de moins de cinq ans, sont mortes de la rougeole en 2008.

C'est une affection due à un virus de la famille des paramyxoviridés. Le virus se développe normalement dans les cellules qui bordent le pharynx et les poumons. La rougeole est une maladie humaine et on ne connaît pas de réservoir chez l'animal.

L’accélération des activités de vaccination a eu un effet crucial sur la baisse de la mortalité imputable à la rougeole. Entre 2001 et 2011, on estime à un milliard le nombre d’enfants de 9 mois à 14 ans, vivant dans des pays à haut risque, qui ont été vaccinés contre la maladie. Le nombre de décès par rougeole dans le monde a chuté de 78%, passant de 733 000 cas en 2000 à 164 000 cas en 2008.

Signes et symptômes

Le premier signe d’infection est en général une forte fièvre qui apparaît environ 10 à 12 jours après l’exposition au virus et persiste quatre à sept jours. Au cours de ce stade initial, le tableau peut comporter une rhinorrhée (nez qui coule), de la toux, des yeux rouges et larmoyants, et de petits points blanchâtres sur la face interne des joues. L’éruption apparaît plusieurs jours plus tard, habituellement sur le visage et le haut du cou. En trois jours environ, elle progresse pour atteindre les mains et les pieds. Elle persiste cinq à six jours avant de disparaître. On l'observe en moyenne 14 jours après l’exposition au virus, dans un intervalle de 7 à 18 jours.

Les formes sévères surviennent plus particulièrement chez le jeune enfant malnutri, notamment si les apports en vitamine A sont insuffisants ou si le système immunitaire est affaibli par le VIH/sida ou d’autres maladies.

La plupart des décès sont dus aux complications de la maladie. Celles-ci sont plus fréquentes avant l'âge de cinq ans ou chez l’adulte de plus de vingt ans. Parmi les complications les plus graves, on observe des cécités, des encéphalites (qui peuvent s’accompagner d’oedèmes cérébraux), des diarrhées sévères (susceptibles d’entraîner une déshydratation), des infections auriculaires et des infections respiratoires graves comme la pneumonie. Dans les populations fortement touchées par la malnutrition et qui ne bénéficient pas de soins de santé adéquats, jusqu’à 10% des cas de rougeole sont mortels.

Les personnes qui guérissent de la rougeole sont immunisées à vie.

Personnes exposées

Les jeunes enfants non vaccinés sont les plus exposés au risque de rougeole et de complications éventuellement mortelles. Toutes les personnes qui ne sont pas immunisées (qui n’ont jamais été vaccinées ou qui n’ont jamais contracté la maladie) sont susceptibles d’être infectées.

La rougeole reste fréquente dans beaucoup de pays en développement, notamment dans certaines régions d’Afrique et d’Asie. Plus de vingt millions de personnes en souffrent chaque année. L’immense majorité (plus de 95%) des décès par rougeole surviennent dans des pays où le revenu par habitant est faible et l’infrastructure sanitaire est fragile.

Les flambées de rougeole peuvent être particulièrement mortelles dans les pays qui traversent ou qui viennent de connaître une situation de catastrophe naturelle ou de conflit. La dégradation des infrastructures sanitaires et des services de santé oblige à interrompre la vaccination systématique et le surpeuplement des camps accroît considérablement le risque d’infection.

Transmission

Le virus de la rougeole, extrêmement contagieux, se propage lorsque les malades toussent ou éternuent, par le contact rapproché entre personnes ou par le contact direct avec des sécrétions nasales ou laryngées.

Le virus reste actif et contagieux dans l’air ou sur les surfaces contaminées pendant deux heures. Les porteurs du virus peuvent le transmettre pendant les quatre jours qui précèdent l’apparition de l’éruption cutanée et les quatre jours qui suivent.

Les flambées de rougeole peuvent entraîner des épidémies susceptibles de provoquer de nombreux décès, notamment parmi les jeunes enfants malnutris.

Dans les pays où la rougeole a été en grande partie éliminée, les cas importés restent une source importante d’infection.

Traitement

Une prise en charge clinique appropriée permet d'éviter les complications graves de la rougeole. Le malade doit être correctement nourri, avoir un apport hydrique suffisant et recevoir un traitement contre la déshydratation à l’aide de la solution de réhydratation orale recommandée par l’OMS. Cette solution permet de pallier la perte de liquides et d’autres éléments essentiels entraînés par les diarrhées et les vomissements. On prescrira des antibiotiques pour traiter les infections oculaires et auriculaires ainsi que la pneumonie.

Dans les pays en développement, il convient d’administrer à tout enfant pour lequel on pose le diagnostic de rougeole, deux doses de complément vitaminique A à 24 heures d'intervalle. L’administration de vitamine A au moment du diagnostic peut contribuer à éviter les lésions oculaires et la cécité. De plus, il a été établi que l’administration de vitamine A permettait de réduire la mortalité rougeoleuse de 50%.

Prévention

La vaccination systématique des enfants contre la rougeole, associée à des campagnes de vaccination de masse dans les pays où les taux de morbidité et de mortalité sont élevés sont des stratégies de santé publique essentielles pour réduire le nombre de décès par rougeole dans le monde. Le vaccin antirougeoleux, utilisé depuis quarante ans, est sûr, efficace et peu onéreux. Vacciner un enfant contre la rougeole coûte moins d’un dollar.

Le vaccin antirougeoleux est souvent associé au vaccin contre la rubéole et/ou au vaccin contre les oreillons dans les pays où ces maladies posent problème. Il est aussi efficace seul qu’associé.

En 2008, environ 83% des enfants dans le monde –contre 72% en 2000– ont reçu une dose de vaccin antirougeoleux avant l’âge de un an, grâce à l’intervention systématique des services de santé. Pour garantir l’immunité, il est recommandé d’administrer deux doses de vaccin car environ 15% des enfants vaccinés n’acquièrent pas une immunité dès la première dose.

Action sanitaire mondiale

Le quatrième objectif du Millénaire pour le développement (OMD4) consiste à réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans. Étant donné que la vaccination antirougeoleuse permet de faire baisser la mortalité de l’enfant et comme on peut considérer que la couverture par le vaccin permet de mesurer l’accès aux services de santé de l’enfant, la couverture par la vaccination antirougeoleuse systématique a été choisie comme indicateur de la réalisation de l’OMD4.

L’initiative contre la rougeole est le fruit de la collaboration de l’OMS, de l’UNICEF, de la Croix-Rouge américaine, des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis d’Amérique et de la Fondation pour les Nations Unies. Se fondant sur plus d’une décennie d’expérience en matière de réduction de la mortalité due à la rougeole, l’initiative fait campagne auprès des pouvoirs publics et des donateurs du monde entier en faveur:

  • de l’administration à tous les enfants de deux doses de vaccin antirougeoleux par le biais des services de vaccination systématique et/ou des campagnes de masse;
  • d’une surveillance, d’un suivi et d’une évaluation efficaces afin de déterminer l’impact des activités de vaccination et d’ajuster les politiques et les stratégies en rapport;
  • d’une riposte rapide face aux flambées de rougeole;
  • d’un traitement efficace des cas de rougeole comportant l’administration de compléments vitaminiques A et d’antibiotiques, si nécessaire, et des soins d’accompagnement pour éviter les complications.
Pour plus d'informations, contactez:

Centre des médias de l'OMS
Tél.: 41 22 791 2222
Courriel: mediainquiries@who.int

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