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Sécurité transfusionnelle et don du sang

[1] Faits et chiffres tirés du rapport sur la sécurité transfusionnelle (2007)

Aide-mémoire N°279
Novembre 2009


Principaux faits

  • 65% des dons de sang sont collectés dans les pays développés, où habitent à peine 25% de la population mondiale.
  • Il suffit que 1% de la population donne son sang pour couvrir les besoins d’un pays. Mais dans 73 pays, dont 71 sont des pays en développement ou en économie de transition, cette proportion est encore inférieure à ce seuil.
  • 42 pays collectent moins de 25% du sang auprès de donneurs volontaires non rémunérés, qui constituent la source la plus sûre.
  • En 2007, 31 pays signalaient encore recourir à des donneurs rémunérés, pour plus d’un million de dons au total.
  • 41 pays n’ont pas été en mesure de rechercher l’une ou plusieurs de ces infections transmissibles par transfusion dans tous les dons de sang – VIH, hépatite B, hépatite C et syphilis.

Données mondiales

Alors que la transfusion sanguine permet de sauver des vies et d’améliorer la santé, des millions de patients ne peuvent pas bénéficier de sang sécurisé au moment où ils en auraient besoin.

Le programme Sécurité transfusionnelle de l’OMS étudie les indicateurs quantitatifs essentiels de la sécurité transfusionnelle pour évaluer la situation mondiale, surveiller les tendances, suivre les progrès et déterminer les pays qui doivent bénéficier d’une aide en priorité.

En 2007, 162 pays représentant 92% de la population mondiale ont fourni à l’OMS des données sur 85,4 milliards de dons de sang [2]. Le rapport couvre 7997 centres de transfusion qui ont collecté en moyenne 9000 dons chacun (fourchette: 20–499 212).

Le nombre annuel moyen de dons collectés par centre était de 13 600 (fourchette: 49 -89 075) dans les pays développés, de 6000 (fourchette: 20–499 212) dans les pays à économie de transition et de 2800 (fourchette 114–23 251) dans les pays en développement.

Collecte du sang

Si les besoins sont partout les mêmes, on constate un fort déséquilibre entre les pays en développement et les pays développés s’agissant de l’accès au sang sécurisé. On estime généralement qu’au moins 1% de la population doit donner son sang pour satisfaire les besoins de base d’un pays, sachant que dans les pays dont le système de soins est plus sophistiqué, les besoins sont supérieurs.

  • En 2007, environ 65% des 85,4 millions de dons ont été collectés dans les pays développés, où habitent à peine 25% de la population représentée.

  • Le nombre de dons de sang pour 1000 habitants, également représentatif de la disponibilité générale du sang dans un pays, est très variable et c’est dans les pays en développement et à économie de transition que la disponibilité du sang est la plus faible. Le taux moyen de don est de 38,1 pour 1000 habitants (fourchette: 4,92–68,01) dans les pays développés, de 7,5 pour 1000 habitants (fourchette: 1,07–35,18) dans les pays à économie de transition et de 2,3 pour 1000 habitants (fourchette 0,40–7,46) dans les pays en développement.

  • Parmi les 73 pays ayant signalé avoir recueilli moins de 10 dons pour 1 000 habitants, 71 sont des pays en développement ou en transition.

Types de dons de sang

Il y a trois types de don de sang: le don volontaire et bénévole, le don de compensation/pour un membre de la famille et le don rémunéré. C’est chez les donneurs volontaires, qui ne donnent leur sang que par pur altruisme, que l’on trouve la plus faible prévalence du VIH, des virus de l’hépatite et d’autres agents infectieux, par rapport aux donneurs de compensation/pour un membre de leur famille, ou qui sont rémunérés.

Seuls les dons de sang réguliers par des donneurs volontaires et bénévoles permettent d’assurer un approvisionnement suffisant en sang sécurisé. Si les données de 2007 révèlent un certain progrès de ce type de dons dans le monde, de nombreux pays en développement et en économie de transition font encore fortement appel aux donneurs de compensation/pour un membre de leur famille, ou aux donneurs rétribués, relativement peu sûrs.

Dons volontaires et bénévoles

  • 57 pays ont indiqué qu’ils collectaient la totalité du sang auprès de donneurs volontaires et bénévoles.
  • Depuis la célébration de la première Journée mondiale du donneur de sang en 2004:

    • 111 pays ont signalé une augmentation des dons de sang volontaires;
    • pour 32 d'entre eux, le nombre de dons volontaires a plus que doublé depuis 2004;
    • ces 32 pays sont des pays en développement ou à économie de transition.

  • 11 pays (la Bosnie-Herzégovine, le Burkina Faso, Cap-Vert, la Guinée-Bissau, les Îles Cook, le Koweït, la Mauritanie, le Myanmar, Nioué, le Vanuatu et le Viet Nam) rapportent qu’en 2007, le nombre de dons volontaires et bénévoles a augmenté de plus de 10% par rapport à 2006.

Donneurs de compensation pour les membres de leur famille

Quarante-deux pays recueillent moins de 25% des dons de sang auprès de donneurs volontaires et bénévoles. Dans ces pays, une forte proportion de l’approvisionnement dépend encore des donneurs de compensation/pour des membres de leur famille et des donneurs rémunérés. En 2007, 31 pays signalaient avoir recueilli au total plus d’un million de dons rémunérés.


Dons de compensation/pour les membres de la famille et dons rémunérés
Pays en développement 31%
Pays à économie en transition 24%
Pays développés 5%
Monde 13%

Contrôle des dons de sang

L’OMS recommande, au minimum, de rechercher dans la totalité des dons de sang le VIH, l’hépatite B, l’hépatite C et la syphilis. Dans de nombreux pays en développement, notamment dans ceux où les services de transfusion sanguine ne sont pas coordonnés, il n’existe pas de données complètes et exactes sur le contrôle des dons de sang.

Beaucoup de ces pays ne disposent pas encore de systèmes de contrôle fiables car le personnel et les services de base des laboratoires ne sont pas assez nombreux, les kits de dépistage sont de mauvaise qualité et l’approvisionnement est irrégulier.

  • 41 des 162 pays qui ont fourni des données sur la recherche des infections transmissibles par transfusion – dont le VIH, l’hépatite B, l’hépatite C et la syphilis – n’ont pas été en mesure de rechercher l’ensemble de ces infections dans tous les dons de sang.

  • 121 des 162 pays ont donné des informations sur la qualité du contrôle des dons de sang (ils ont indiqué si les unités de sang étaient contrôlées selon des modes opératoires normalisés et un système externe d’évaluation de la qualité). Dans l’ensemble, 88% des dons sont contrôlés suivant des procédures de base d’assurance de la qualité (89% dans les pays développés, 87% dans les pays à économie de transition et 48% dans les pays en développement). Dans les 41 autres pays, qui représentent 22% des dons de sang signalés à l’OMS dans le monde, on ignore encore si ces procédures de base d’assurance de la qualité du contrôle en laboratoire sont appliquées.
Graphique représentant le nombre de pays effectuant un dépistage  du VIH, de l'hépatite B et C et de la syphilis
Source: OMS, base de données sur la sécurité tranfusionnelle - 2007

Utilisation des dons de sang

On dispose de peu de données sur l’utilisation des dons de sang mais les études semblent indiquer que des transfusions sont souvent pratiquées inutilement alors que des traitements plus simples et moins coûteux apporteraient des bienfaits similaires voire supérieurs. Ce gaspillage d’une ressource rare expose en outre les patients à de graves réactions indésirables ou à des infections.

Un comité de transfusion et un système de notification des réactions transfusionnelles indésirables graves doivent être mis en place dans chaque hôpital pour mettre en oeuvre la politique et les directives nationales, ainsi que pour veiller à l’utilisation sûre et rationnelle du sang et des produits dérivés au niveau local.

En 2007, 120 pays (dont 46 pays développés, 48 pays à économie de transition et 26 pays en développement) ont recensé au total 51 400 hôpitaux pratiquant des transfusions sanguines, pour une population d’environ 3,6 milliards de personnes. Tous les pays n’ont pas été en mesure de fournir des informations sur les pratiques cliniques. Selon les données fournies par 96 pays (dont 38 pays développés, 40 pays à économie de transition et 18 pays en développement):

  • La proportion d’hôpitaux pratiquant des transfusions qui sont dotés d’un comité de transfusion est de 88% dans les pays développés, de 33% dans les pays à économie de transition et de 25% dans les pays en développement.
  • La proportion d’hôpitaux pratiquant des transfusions qui sont dotés de mécanismes de contrôle des pratiques cliniques de transfusion est de 90% dans les pays développés, de 52% dans les pays à économie de transition et de 23% dans les pays en développement.
  • La proportion d’hôpitaux pratiquant des transfusions qui sont dotés d’un système de notification des réactions transfusionnelles indésirables graves est de 91% dans les pays développés, de 46% dans les pays en économie de transition et de 23% dans les pays en développement.

Réferences

[1] Selon les informations de la base de données mondiale de l’OMS sur la sécurité transfusionnelle et les indicateurs de sécurité transfusionnelle.

[2] Le taux de réponse était bon: 162 pays, représentant 92% de la population mondiale soit 5,9 milliards de personnes, ont participé à l'enquête 2007.

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