Sécurité transfusionnelle et approvisionnements en sang
Principaux faits
- Près de 92 millions de dons de sang sont collectés chaque année, dont près de la moitié dans des pays à revenu élevé où vivent 15% de la population mondiale1.
- Près de 8000 centres de transfusion de 159 pays font état de dons de sang. Les dons de sang annuels par centre de transfusion sanguine dans les pays à revenu élevé sont en moyenne de 30 000 contre 3700 dans les pays à faible revenu.
- Les approvisionnements nationaux en sang reposent presque entièrement sur les dons de sang volontaires non rémunérés dans 62 pays: le but de l’OMS est que tous les pays parviennent à s’approvisionner intégralement auprès de donneurs volontaires non rémunérés d’ici 2020.
- Trente-neuf pays n’étaient pas en mesure de dépister dans tous les dons de sang une ou plusieurs des infections à transmission transfusionnelle suivantes: VIH, hépatite B, hépatite C et syphilis.
- Au total, 106 pays se sont dotés de directives nationales concernant l’utilisation clinique appropriée du sang. Toutefois, 13 % seulement des pays à faible revenu sont dotés d’un système national d’hémovigilance capable de suivre et d’améliorer la sécurité transfusionnelle.
Politique nationale de transfusion sanguine et organisation des services
La transfusion sanguine sauve des vies et améliore la santé, mais bon nombre de patients qui en ont besoin n’ont pas accès en temps voulu à un sang sécurisé. Un approvisionnement suffisant et sécurisé en sang devrait faire partie intégrante de toute politique nationale de santé et de l’infrastructure sanitaire d’un pays.
L’OMS recommande que toutes les activités relatives à la collecte du sang, au dépistage, au traitement, au stockage et à la distribution de celui-ci soient coordonnées au niveau national grâce à une organisation efficace et à une politique nationale de transfusion sanguine. Celle-ci devrait reposer sur une législation appropriée visant à promouvoir l’application uniforme des normes et la cohérence dans la qualité et la sécurité du sang et des produits sanguins.
- 69% des pays à revenu élevé;
- 61% des pays à revenu moyen;
- 37% des pays à revenu faible.
L’approvisionnement en sang
En 2008, 75% des pays étaient dotés d’une politique nationale de transfusion sanguine, contre 60% en 2004. Dans l’ensemble, 58% des pays étaient dotés d’une législation spécifique portant sur la sécurité et la qualité de la transfusion sanguine:
Près de 92 millions de dons de sang sont collectés chaque année dans le monde, dont près de la moitié dans des pays à revenu élevé, où vivent 15 % de la population mondiale.
Près de 8000 centres de transfusion sanguine de 159 pays font état en moyenne de 10 000 dons de sang par centre (fourchette allant de 20 à près de 500 000). Le niveau de la collecte de sang dans les centres de transfusion varie selon le niveau de revenu. Les dons annuels moyens par centre de transfusion s’élèvent à 30 000 dans les pays à revenu élevé, 7500 dans les pays à revenu moyen et 3700 dans les pays à faible revenu.
Figure 1: Dons de sang pour 1000 habitants
Il existe une différence marquée dans le niveau d’accès au sang sécurisé entre pays à revenu faible ou élevé. Le taux de dons de sang total est un indicateur de la disponibilité générale dans un pays. Le taux médian de dons de sang dans les pays à revenu élevé est de 36,4 dons pour 1000 habitants, contre 11,6 dans les pays à revenu moyen et 2,8 dans les pays à revenu faible (voir Figure 1).
Donneurs de sang
Les données relatives à la ventilation selon le sexe des donneurs de sang montrent qu’au niveau mondial 30% des dons de sang sont le fait de femmes, bien que ces proportions varient considérablement. Dans 16 des 100 pays ayant notifié des données, moins de 10% des dons provenaient de donneurs femmes. Le profil d’âge des donneurs de sang montre que, dans l’ensemble, 5% des donneurs appartiennent à la tranche d’âge des moins de 18 ans, 31% à la tranche des 18-34 ans, 35% à la tranche 25-44 ans, 26% à la tranche 45-64 ans et 3% à celle des plus de 65 ans. Dans les pays à revenu faible ou moyen, les jeunes sont proportionnellement plus nombreux à donner leur sang que dans les pays à revenu élevé (voir Tableau 1). Les données démographiques concernant les donneurs de sang sont importantes pour la formulation et le suivi des stratégies de recrutement.
| Tableau 1. Profil par âge des donneurs de sang | ||
| Donations | ||
| Âge | Pays à revenu élevé | Pays à revenu faible |
| 65 ans et plus | 0,5% | 0,3% |
| 45-65 ans | 34,5% | 17,7% |
| 25-44 ans | 33,0% | 37,0% |
| 18-24 ans | 19,5% | 42,5% |
| moins de 18 ans | 8,0% | 2,4% |
Il y a trois types de dons de sang:
- le don volontaire non rémunéré;
- le don de compensation/pour un membre de la famille;
- le don rémunéré.
On ne peut assurer un approvisionnement en sang sécurisé suffisant qu’à l’aide de dons réguliers par des donneurs volontaires non rémunérés. Ces derniers sont également le groupe de donneurs le plus sûr car la prévalence des infections véhiculées par le sang y est la plus faible. L’objectif de l’OMS est que tous les pays puissent s’approvisionner en sang auprès de donneurs volontaires non rémunérés d’ici 2020.
- En 2008, 62 pays collectaient plus de 99% du sang auprès de donneurs volontaires non rémunérés (voir Figure 2) contre 39 pays en 2002.
- Par rapport aux chiffres de l’année précédente, 70 pays ont fait état d’une augmentation de plus de 10% du nombre de dons de sang volontaires non rémunérés. À l’inverse, 23 pays à revenu faible ou moyen ont fait état d’une diminution supérieure à 10% des dons de sang volontaires non rémunérés par rapport aux chiffres des années antérieures.
- Dans 40 pays, moins de 25% de l’approvisionnement en sang est collecté auprès de donneurs volontaires non rémunérés, une forte proportion de l’approvisionnement dépendant encore de donneurs de compensation/pour des membres de leur famille et de donneurs rémunérés (voir Tableau 2).
- Vingt-six pays faisaient encore état de collecte de dons rémunérés en 2008, près de 800 000 au total.
Figure 2: Dons de sang volontaires non rémunérés par rapport à l’ensemble des dons de sang
| Tableau 2. Pourcentage de dons de compensation pour les membres de la famille et dons rémunérés | |
| Dons de compensation pour les membres de la famille et des dons rémunérés/ensemble des dons | |
| Pays à revenu faible | 36% |
| Pays à revenu moyen | 27% |
| Pays à revenu élevé | 0,3% |
Dépistage
L’OMS recommande de rechercher obligatoirement dans tous les dons de sang le VIH, l’hépatite B, l’hépatite C et la syphilis.
- L’OMS recommande de rechercher obligatoirement dans tous les dons de sang le VIH, l’hépatite B, l’hépatite C et la syphilis (voir Figure 3).
- Trente-neuf pays n’étaient pas en mesure de rechercher dans tous les dons de sang une ou plusieurs des infections susmentionnées (voir Figure 4).
- Un approvisionnement irrégulier en kits de dépistage est l’un des obstacles les plus couramment rapportés au dépistage.
- Dans l’ensemble, 89% des dons sont contrôlés suivant des procédures de base d’assurance de la qualité (modes opératoires normalisés et système externe d’évaluation de la qualité): 97% dans les pays à revenu élevé, 82% dans les pays à revenu moyen et 53% dans les pays à faible revenu.
- Les taux de prévalence médians des infections à transmission transfusionnelle dans les dons de sang dans les pays à revenu élevé sont considérablement plus bas que dans les pays à revenu moyen ou faible. Le taux de prévalence médian du VIH dans des dons de sang dans les pays à revenu élevé est de 0,001%, contre 0,06% et 0,5% dans les pays à revenu moyen ou faible respectivement. Cette différence reflète la prévalence variable chez les membres de la population susceptibles de donner leur sang, le type de donneurs (donneurs volontaires non rémunérés provenant d’une population à moindre risque) et l’efficacité du système d’éducation et de sélection des donneurs.
Figure 3. Dépistage en laboratoire des infections à transmission transfusionnelle dans les dons de sang
Traitement du sang
Le sang recueilli dans un anticoagulant peut être stocké et transfusé à un patient tel quel. C’est ce que l’on appelle une transfusion de sang total. Toutefois, le sang peut être utilisé plus efficacement s’il est fractionné en ses différents constituants, tels que concentrés de globules rouges, plasma et cryoprécipité et concentrés de plaquettes. De cette façon, il est possible de répondre aux besoins de plusieurs patients.
L’aptitude à fournir aux patients les différents constituants sanguins dont ils ont besoin est encore limitée dans les pays à faible revenu: 31% du sang collecté dans ces pays est fractionné contre 91% dans les pays à revenu élevé et 72% dans les pays à revenu moyen.
Utilisation clinique du sang
Les transfusions inutiles et les pratiques transfusionnelles non sécurisées exposent les patients à des risques de réactions transfusionnelles indésirables graves et d’infections à transmission transfusionnelle. Les transfusions superflues réduisent également l’offre de produits sanguins pour les patients qui en ont véritablement besoin.
L’OMS recommande que tous les pays se dotent de comités de transfusion chargés d’appliquer la politique et les directives nationales sur l’usage rationnel du sang dans les hôpitaux et d’un système national d’hémovigilance chargé de suivre et d’améliorer la sécurité du processus transfusionnel.
- 106 pays sont dotés de directives nationales concernant l’utilisation clinique appropriée du sang.
- 57 pays sont dotés d’un système national d’hémovigilance (78% des pays à revenu élevé contre 13% des pays à faible revenu).
- Des comités de transfusion sont présents dans 76% des hôpitaux pratiquant des transfusions dans les pays à revenu élevé, 53% dans les pays à revenu moyen et 50% dans les pays à faible revenu.
- Des mécanismes de suivi des pratiques transfusionnelles cliniques sont présents dans 83% des hôpitaux pratiquant des transfusions dans les pays à revenu élevé, 56% dans les pays à revenu moyen et 47% dans les pays à faible revenu.
- Des systèmes de notification des manifestations transfusionnelles indésirables sont présents dans 91% des hôpitaux pratiquant des transfusions dans les pays à revenu élevé, 53% dans les pays à revenu moyen et 38% dans les pays à faible revenu.
Transfusions sanguines
On observe des variations importantes entre pays dans la répartition par âge des patients transfusés. Par exemple, au Danemark, le groupe de patients le plus fréquemment transfusé est celui des plus de 65 ans, avec 76% du total des transfusions. Au Bénin, la majorité des transfusions (65%) concerne les enfants de moins de cinq ans.
Dans les pays à revenu élevé, les transfusions viennent très souvent en soutien lors d’opérations cardio-vasculaires, de transplantations, de traumatismes massifs ou du traitement de tumeurs malignes ou affections hématologiques. Dans les pays à revenu faible ou moyen, on y a davantage recours pour les complications liées à la grossesse et l’anémie grave chez l’enfant.
Action de l’OMS
La stratégie OMS pour la sécurité transfusionnelle et la disponibilité des approvisionnements en sang comporte cinq volets principaux:
- la mise en place de services de transfusion sanguine bien organisés coordonnés au niveau national pour garantir la disponibilité rapide de sang et de produits sanguins sécurisés pour tous les patients ayant besoin d’une transfusion;
- la collecte de sang auprès de donneurs de sang volontaires non rémunérés appartenant aux populations à faible risque;
- le dépistage avec assurance de la qualité des infections à transmission transfusionnelle, la recherche des groupes sanguins et les tests de compatibilité;
- l’utilisation sûre et appropriée du sang et une réduction des transfusions superflues;
- des systèmes de qualité couvrant l’ensemble du processus transfusionnel, du recrutement des donneurs au suivi des transfusés.
À travers son programme de sécurité transfusionnelle, l’OMS aide les pays à développer leurs services de transfusion nationaux. Le programme fournit des orientations et une assistance technique aux pays en vue de travailler à l’instauration d’un accès équitable à du sang et des produits sanguins sécurisés et à leur utilisation sûre et rationnelle.
1Les données proviennent des les réponses recueillies en 2008 par la base de données de l’OMS sur la sécurité transfusionnelle en provenance de 164 pays représentant 92% de la population mondiale.