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Peste

Aide-mémoire N°267
Avril 2017


Principaux faits

  • La peste est une zoonose bactérienne due à Yersinia pestis, que l’on trouve habituellement chez les petits mammifères et les puces qui les parasitent.
  • Les sujets infectés présentent en général des symptômes de type grippal après une période d’incubation de 1 à 7  jours.
  • Il existe 2 formes cliniques principales: la peste bubonique et la peste pulmonaire. La première est la plus courante et se caractérise par une tuméfaction douloureuse des ganglions lymphatiques, les «bubons».
  • La peste peut être très grave chez l’être humain, avec un taux de létalité de 30 à 60% pour la forme bubonique et elle est presque toujours mortelle dans sa forme pulmonaire en l’absence de traitement.
  • Selon la voie d’infection, on observe 3 formes de peste: la peste bubonique, septicémique et pulmonaire. La forme bubonique, caractérisée par une tuméfaction douloureuse des ganglions lymphatiques appelés «bubons», est la plus courante.
  • De 2010 à 2015, on a enregistré 3248 cas dans le monde, avec 584&nbps;décès.
  • Les 3 principaux pays d’endémie actuellement sont Madagascar, la République démocratique du Congo et le Pérou.
  • Les trois principaux pays d’endémie sont Madagascar, la République démocratique du Congo et le Pérou.

La peste est une zoonose bactérienne, due à Yersinia pestis, que l’on trouve habituellement chez les petits mammifères et les puces qui les parasitent. Elle se transmet d’un animal à l’autre par les puces. L’être humain peut être contaminé par les piqûres de puces infectées, par contact direct avec des matières infectieuses ou par inhalation.

Cette maladie peut être très grave chez l’homme, notamment pour les formes septicémique et pulmonaire, avec un taux de létalité de 30 à 100% en l’absence de traitement. Sauf si elle est traitée rapidement, la peste pulmonaire est toujours mortelle, elle est particulièrement contagieuse et elle peut déclencher de graves épidémies par transmission d’une personne à l’autre du fait des gouttelettes en suspension dans l’air.

De 2010 à 2015, on a enregistré 3248 cas dans le monde, avec 584 décès.

Au cours de l’histoire, la peste a été responsable de pandémies étendues avec une forte mortalité. Connue sous le nom de « mort noire » au XIVe siècle, on estime qu’elle a alors provoqué 50 millions de morts en Europe.

Signes et symptômes

Les sujets infectés présentent en général des symptômes de type grippal après une période d’incubation de 3 à 7 jours. Les symptômes typiques sont une fièvre d’apparition brutale, des frissons, des céphalées, des douleurs corporelles, un état de faiblesse, des vomissements et des nausées.

Selon la voie d’infection, on observe 3 formes de peste: bubonique, pulmonaire ou septicémique.

  • La peste bubonique (dite « mort noire » ou peste noire dans l’Europe médiévale) est la forme la plus courante, due à la piqûre d’une puce infectée. Le bacille, Y. pestis, pénètre dans l’organisme lors de la piqûre, passe dans le système lymphatique et atteint le ganglion le plus proche où il se réplique. Il en résulte une inflammation du ganglion avec tension douloureuse des tissus: c’est ce qu’on appelle le «bubon». Au stade avancé, les ganglions enflammés finissent par s’ulcérer et suppurer.
  • La peste pulmonaire est la forme la plus virulente. La durée d’incubation peut n’être que de 24 heures. En règle générale, elle résulte de la propagation aux poumons d’une peste bubonique à un stade avancé. Toutefois, en cas de peste pulmonaire secondaire, le sujet peut produire des aérosols contenant des gouttelettes infectieuses susceptibles de transmettre la maladie à autrui. En l’absence de traitement, cette forme est toujours mortelle.
  • La peste septicémique survient quand l’infection gagne la circulation sanguine, après une peste bubonique ou pulmonaire.

Où observe-t-on la peste?

En tant que zoonose, elle est présente sur tous les continents, sauf l’Océanie. Il y a un risque de peste humaine dès qu’il y a une coexistence d’un foyer naturel (bactérie, réservoir animal et vecteur) et d’une population humaine.

Des épidémies de peste se sont produites en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud mais, depuis les années 1990, on a observé la plupart des cas humains en Afrique. Les 3 principaux pays d’endémie sont Madagascar, la République démocratique du Congo et le Pérou.

Diagnostic de la peste

La confirmation de la peste nécessite des analyses de laboratoire. Le meilleur moyen consiste à identifier Y. pestis dans un échantillon de pus provenant d’un bubon, dans le sang ou dans les expectorations. Différentes techniques permettent de détecter un antigène spécifique du bacille. L’une d’entre elles est un test rapide sur bandelette, qui a été validé sur le terrain et dont l’utilisation s’est maintenant généralisée en Afrique et en Amérique du Sud, avec l’appui de l’OMS.

Traitement

Comme, en l’absence de traitement, la peste peut entraîner rapidement la mort, la précocité du diagnostic et du traitement est essentielle pour la survie et la limitation des complications. Les antibiotiques et le traitement symptomatique sont efficaces si le diagnostic est posé à temps.

Prévention

Les mesures de prévention consistent à informer le grand public de la présence de la peste zoonosique dans l’environnement, de lui conseiller de prendre les précautions nécessaires contre les piqûres de puces et de ne pas manipuler des carcasses d’animaux. Les gens en général et les personnels de santé en particulier doivent éviter tout contact direct avec des tissus infectés, comme des bubons, ou toute exposition proche à des patients atteints de peste pulmonaire.

Vaccination

L’OMS ne la recommande pas, sauf pour les groupes à haut risque (c’est à dire les personnels des laboratoires exposés en permanence au risque de contamination).

Gestion des flambées épidémiques de peste

  • Trouver et éliminer la source de l’infection: identifier la source la plus probable de l’infection dans la zone où le ou les cas humains ont été exposés, en recherchant typiquement des zones où des petits animaux sont morts en grand nombre. Mettre en place les mesures d’assainissement appropriées et lutter contre les rongeurs et les vecteurs.
  • Protéger les agents de santé: les informer et les former à la prévention de l’infection et à la lutte. Ceux qui sont en contact direct avec des patients atteints de peste pneumonique doivent porter un équipement de protection individuel et prendre une chimioprophylaxie antibiotique tant que dure l’exposition.
  • Assurer un traitement correct: vérifier que l’antibiothérapie adéquate soit administrée aux patients et qu’il y ait des stocks suffisants d’antibiotiques au niveau local.
  • Isoler les patients atteints de peste pulmonaire: cette mesure est nécessaire pour éviter que d’autres ne soient infectés par les gouttelettes en suspension dans l’air.
  • Surveiller: identifier et suivre les proches contacts des patients atteints de peste pulmonaire et leur administrer 7 jours de chimioprophylaxie.
  • Prélever des échantillons échantillons à collecter avec soin et à envoyer au laboratoire pour analyse.
  • Pratiquer des inhumations sans risque

Surveillance et lutte

La surveillance et la lutte supposent d’étudier les espèces d’animaux et de puces impliquées dans le cycle de la peste dans la région et d’élaborer des programmes de gestion de l’environnement pour limiter la propagation. La surveillance active prolongée des foyers zoonosiques, associée à une réaction rapide aux flambées épidémiques chez l’animal, a permis de réduire avec succès le nombre des flambées de peste humaine.

Action de l'OMS

L’OMS vise à éviter les flambées de peste par le maintien de la surveillance et l’aide aux pays à risque pour élaborer des plans de préparation. Comme le type de réservoir animal varie suivant la région et influe sur le risque et les conditions de la transmission à l’être humain, l’OMS a établi des lignes directrices spécifiques pour le sous continent indien, l’Amérique du Sud et l’Afrique subsaharienne.

L’OMS promeut l’utilisation des tests de diagnostic rapides dans toutes les régions d’endémie. Elle collabore avec les ministères de la santé pour aider les pays à faire face aux flambées épidémiques et à mettre en place des activités de lutte sur le terrain.