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Peste

Aide-mémoire N°267
Novembre 2014


Principaux faits

  • La peste peut être une maladie très grave chez l’être humain, avec un taux de létalité de 30 à 60% en l’absence de traitement.
  • On l’a connue sous le nom de peste noire ou de «mort noire» pendant le XIVe siècle, au cours duquel elle a provoqué 50 millions de morts selon les estimations.
  • La peste est une zoonose bactérienne, due à Yersinia pestis qui infecte habituellement les petits animaux et les puces qui les parasitent.
  • Les personnes infectées développent des symptômes de type grippal après une période d’incubation de trois à sept jours.
  • Selon la voie d’infection, on observe trois formes de peste: la peste bubonique, septicémique et pulmonaire. La forme bubonique, caractérisée par une tuméfaction douloureuse des ganglions lymphatiques appelés «bubons», est la plus courante.
  • Il y a eu des épidémies de peste en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud mais, depuis les années 1990, la plupart des cas humains se sont produits en Afrique.
  • En 2013, on a enregistré 783 cas dans le monde, avec 126 décès.
  • Les trois principaux pays d’endémie sont Madagascar, la République démocratique du Congo et le Pérou.

La peste est une zoonose bactérienne, due à Yersinia Pestis qui infecte habituellement les petits animaux et les puces qui les parasitent. Elle se transmet de l’animal à l’homme par les piqûres de puces infectées, par contact direct, par inhalation et, plus rarement, par ingestion de matières infectieuses.

Cette maladie peut être très grave chez l’homme, avec un taux de létalité de 30 à 60% en l’absence de traitement. En 2013, on a enregistré 783 cas dans le monde, avec 126 décès. Au cours de l’histoire, la peste a été responsable de pandémies étendues avec une forte mortalité. On l’a connue au XIVe siècle sous le nom de peste noire ou de « mort noire » et elle a alors provoqué 50 millions de morts selon les estimations, dont environ une moitié en Asie et en Afrique et l’autre moitié en Europe, où un quart de la population a succombé.

Signes et symptômes

Les personnes infectées développent en général des symptômes de type grippal après une période d’incubation de trois à sept jours. Les symptômes typiques sont une fièvre d’apparition brutale, des céphalées, des douleurs corporelles, un état de faiblesse, des vomissements et des nausées.

Selon la voie d’infection, il y a trois formes de peste: peste bubonique, septicémique et pulmonaire.

  • La peste bubonique (la « mort noire » ou peste noire dans l’Europe médiévale) est la forme la plus courante, provoquée par la piqûre d’une puce infectée. Le bacille, Y. pestis, est alors injecté dans l’organisme et parvient par le système lymphatique jusqu’au ganglion le plus proche où il se réplique. Il en résulte une inflammation du ganglion et une tension douloureuse des tissus; c’est ce que l’on appelle le «bubon». Aux stades avancés, les ganglions enflammés finissent par s’ulcérer et suppurer.
  • La peste septicémique se produit quand l’infection se propage directement dans la circulation sanguine sans former de «bubon». Elle peut résulter de piqûres de puces ou du contact direct avec des matières infectieuses à travers des lésions cutanées. Les stades avancés de la peste bubonique aboutissent aussi à la propagation directe de Y. pestis dans le sang.
  • La peste pulmonaire est la forme la plus virulente et la moins courante. En règle générale, elle résulte de la propagation aux poumons d’une peste bubonique à un stade avancé. Toutefois, une personne souffrant de peste pulmonaire secondaire peut produire des aérosols contenant des gouttelettes infectieuses susceptibles de transmettre la maladie à autrui. En l’absence de traitement, cette forme a un taux de létalité très élevé.

Où observe-t-on la peste?

Elle est endémique dans de nombreux pays d’Afrique, de l’ex Union soviétique, des Amériques et d’Asie. Sa répartition se superpose à la répartition géographique des rongeurs qu’elle infecte, présents sur tous les continents à l’exception de l’Australie, au sein d’une large ceinture couvrant les climats tropicaux, subtropicaux et tempérés chauds. Des épidémies de peste se sont produites en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud mais, depuis les années 1990, on a enregistré le plus grand nombre de cas humains en Afrique. Les trois principaux pays d’endémie sont Madagascar, la République démocratique du Congo et le Pérou.

Diagnostic de la peste

Le diagnostic de la peste et sa confirmation nécessitent des analyses en laboratoire. Le meilleur moyen de confirmer la maladie chez un patient est d’identifier Y. pestis dans un échantillon liquide provenant d’un bubon, du sang ou d’expectorations. Les tests rapides sur bandelettes pour le diagnostic sur le terrain ont été validés pour la détection rapide des antigènes de Y. pestis chez les patients. Il faut alors prélever des échantillons qui seront expédiés à des laboratoires pour faire des analyses mettant en évidence la peste.

Traitement

Comme, en l’absence de traitement, la peste peut être rapidement mortelle, la précocité du diagnostic et du traitement est essentielle pour la survie et éviter les complications. Les antibiotiques et un traitement symptomatique sont efficaces si la peste est diagnostiquée à temps.

Prévention

Les mesures préventives consistent à informer le public lorsque la peste zoonosique est active dans son environnement et à lui conseiller de prendre des précautions contre les piqûres de puce et de ne pas manipuler les carcasses d’animaux dans les zones d’endémie. On doit éviter tout contact direct avec des tissus infectés, comme des bubons qui suppurent, ou l’exposition à des patients atteints de peste pulmonaire.

Vaccination

On a autrefois largement utilisé les vaccins contre la peste mais ils ne se sont pas avérés très efficaces. On ne les recommande plus actuellement pendant les flambées mais on les administre encore aux groupes à haut risque (comme les personnels des laboratoires constamment exposés au risque de contamination).

Gestion des flambées épidémiques de peste

  • Trouver et éliminer la source de l’infection: identifier la source la plus probable de l’infection dans la zone où le ou les cas humains ont été exposés, en recherchant typiquement des zones où des petits animaux sont morts en grand nombre. Mettre en place les mesures d’assainissement et de lutte appropriées pour éliminer la source d’exposition.
  • Informer les agents de santé: sur les zones de transmission active de la peste, les caractéristiques cliniques de la maladie à rechercher et les définitions de cas.
  • Assurer un traitement correct: vérifier que le traitement antibiotique adéquat soit bien administré aux patients et qu’il y ait des stocks suffisants d’antibiotiques au niveau local.
  • Isolerles patients atteints de peste pulmonaire.
  • Prélever des échantillons pour confirmer le diagnostic en laboratoire.

Surveillance et lutte

La surveillance et la lutte requièrent d’enquêter sur les espèces d’animaux et de puces impliquées dans le cycle de la peste dans la région et d’élaborer des programmes de gestion de l’environnement pour limiter la propagation. La surveillance active prolongée des foyers zoonosiques, associée à une réaction rapide aux flambées épidémiques chez l’animal, a permis de réduire avec succès le nombre des flambées de peste humaine.

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