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Contraception d’urgence

Aide-mémoire N°244
Février 2016


Principaux faits

  • La contraception d’urgence permet dans la plupart des cas d’éviter la grossesse lorsqu’elle est prise après un rapport sexuel.
  • Elle peut être utilisée après un rapport non protégé, un échec de la contraception, un usage défectueux d’une méthode contraceptive ou en cas d’agression sexuelle.
  • Il existe 2 méthodes de contraception d’urgence: la pilule (PCU) ou pilule du lendemain et le dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre.
  • Inséré dans les 5 jours suivant un rapport non protégé, le DIU au cuivre est la méthode la plus efficace de contraception d’urgence.
  • L’OMS recommande l’un des médicaments suivants pour la contraception d’urgence:
    • une dose de levonorgestrel de 1,5 mg, ou une dose d'ulipristal de 30 mg, administrées dans les 5 jours (120 heures) du rapport non protégé; ou
    • deux doses de contraceptifs oraux combinés (connus aussi sous le nom de méthode de Yuzpe)

L’expression contraception d’urgence ou postcoïtale désigne une méthode utilisable pour éviter la grossesse dans les 5 premiers jours qui suivent un rapport sexuel. Elle est conçue pour être utilisée en situation d’urgence, après un rapport non protégé, un échec ou un usage défectueux d’une méthode contraceptive (comme l’oubli de la pilule ou la déchirure du préservatif), le viol ou des rapports non protégés sous la contrainte.

Elle n’est efficace que dans les tout premiers jours après le rapport, avant l’ovulation et avant la fertilisation de l’ovule par le sperme. Elle ne peut interrompre une grossesse déjà installée, ni nuire à un embryon en train de se développer. La contraception d'urgence ne peut interrompre une grossesse déjà établie ou nuire au développement d'un embryon.

Qui a besoin d'une contraception d’urgence?

Toute femme ou jeune fille en âge de procréer peut un jour en avoir besoin pour éviter une grossesse non désirée.

Dans quelles situations doit-on utiliser la contraception d’urgence?

On peut y avoir recours dans un certain nombre de situations après un rapport sexuel:

  • absence de contraception;
  • dans les cas d’agression sexuelle ou de viol, lorsque la femme n’est pas protégée par une méthode efficace de contraception;
  • échec ou usage défectueux de la méthode contraceptive, notamment:
    • déchirure, glissement ou utilisation incorrecte du préservatif;
    • oubli du contraceptif oral associé pendant 3 jours consécutifs ou plus;
    • prise de la pilule à progestatif seul (minipilule) avec plus de 3 heures de retard;
    • en cas de 12 heures de retard de la pilule dosée à 0,75 mg de désogestrel;
    • injection de l’énantate de noréthistérone (progestatif seul) avec plus de 2 semaines de retard;
    • injection de l’acétate de médroxyprogestérone retard (progestatif seul) avec plus de 4 semaines de retard;
    • injection mensuelle d’une association d’estrogène et de progestatif avec plus de 7 jours de retard;
    • déplacement, mise en place tardive ou retrait trop précoce d’un anneau vaginal ou d’un dispositif transdermique contenant une hormone contraceptive;
    • déplacement, rupture, déchirure ou retrait trop précoce d’un diaphragme ou d’une cape cervicale;
    • échec du retrait (par exemple éjaculation dans le vagin ou sur les organes génitaux externes);
    • comprimé ou film spermicide dissous avant le rapport;
    • erreur de calcul de la période d’abstinence périodique ou pas d’abstinence ou pas de contraception mécanique pendant la période de fécondité;
    • expulsion du dispositif intra-utérin (DIU) ou de l’implant hormonal contraceptif.

Méthodes pour la contraception d’urgence

Il en existe trois:

  • les pilules du lendemain;
  • les contraceptifs oraux combinés (méthode de Yuzpe)
  • les dispositif intra-utérins (DIU) au cuivre.

1. Pilules

L’OMS recommande l’un des médicaments suivants pour la contraception d’urgence, à prendre dans les 5 jours (120 heures) suivant un rapport sexuel non protégé:

  • lévonorgestrel administré en 1 seule dose (1,5 mg) ou en 2 prises (de 0,75 mg chacune; espacées de 12 heures);
  • acétate d’ulipristal, administré en 1 seule dose de 30 mg.
Mode d’action

Les pilules d’urgence au lévonorgestrel et à l’ulipristal évitent la grossesse en empêchant ou en retardant l’ovulation. Elles pourraient également éviter la fertilisation de l’œuf en agissant sur la muqueuse cervicale ou la capacité des spermatozoïdes à se fixer sur l’ovule.

Les pilules au lévonorgestrel ne sont plus efficaces lorsque le processus de nidation a commencé et elles ne provoquent pas l’avortement.

Efficacité

Sur la base des rapports de 9 études portant sur 10 500 femmes, la posologie recommandée par l’OMS pour le lévonorgestrel a une efficacité de 52 à 94 % pour éviter la grossesse lorsqu’il est administré dans les 120 heures suivant un rapport sexuel non protégé. Plus la dose est prise rapidement après le rapport et plus elle est efficace.

D’après les données recueillies pour l’ulipristal, il permet d’éviter la grossesse dans 98% des cas, en particulier s’il est administré dans les 72 heures suivant le rapport sexuel.

Innocuité

Prises seules en contraception d’urgence, les pilules au lévonorgestrel et à l’ulipristal sont sûres, ne provoquent pas d’avortement et n’ont pas d’effets nocifs sur la fécondité future. Les effets secondaires, semblables à ceux des autres contraceptifs oraux, sont rares et en général bénins.

Critères médicaux de recevabilité et contre-indications

Les pilules pour la contraception d’urgence évitent la grossesse. Elles ne doivent pas être prescrites à une femme ayant déjà une grossesse confirmée. Toutefois, si une femme prend ces pilules par inadvertance en étant déjà enceinte, les données disponibles semblent indiquer que le médicament n’aura aucun effet nocif sur la mère ou le fœtus. Ces 2 médicaments ne sont pas utilisés pour l'interruption de grossesse.

Ces pilules sont réservées aux situations d’urgence et ne sont pas faites pour servir de méthode régulière de contraception à cause du plus grand risque d’échec par rapport aux méthodes habituelles de contraception. De plus, une utilisation fréquente peut avoir des effets secondaires, comme l’irrégularité du cycle menstruel, bien qu’un usage répété n’entraîne aucun risque connu pour la santé.

Les pilules pour la contraception d’urgence pourraient être moins efficaces chez la femme obèse (IMC supérieur à 30 kg/m2), mais elles ne présentent pas de problèmes d’innocuité. Il ne faut pas refuser aux femmes obèses l’accès à la contraception d’urgence lorsqu’elles en ont besoin.

Il n’y a pas d'autres contre-indications médicales à l’utilisation des pilules au lévonorgestrel ou à l’ulipristal pour la contraception d’urgence.

En matière de contraception d’urgence, le conseil doit évoquer les options pour le recours à une contraception régulière ou donner des informations complémentaires en cas de perception d’un échec de la méthode.

2. Méthode de Yuzpe

Pour la méthode de Yuzpe, on utilise un contraceptif oral combiné. Les pilules sont administrées en 2 doses, contenant chacune un estrogène (100-120 mcg d’éthynilestradiol) et un progestatif (0,50-0,60 mg de lévonorgestrel (LNG) ou 1,0-1,2 mg de norgestrel).

La première dose se prend dès que possible après le rapport sexuel non protégé (de préférence dans les 72 heures et, au plus tard, dans les 120 heures qui suivent, soit 5 jours) et la seconde dose 12 heures plus tard. En cas de vomissement dans les 2 heures qui suivent la prise du médicament, une nouvelle dose doit être administrée.

3. Dispositifs intra-utérins (DIU) au cuivre

En contraception d’urgence, l’OMS recommande d’insérer un DIU au cuivre dans les cinq jours suivant un rapport non protégé. Cette méthode est particulièrement appropriée pour les femmes souhaitant démarrer une méthode contraceptive continue hautement efficace et réversible.

Mode d’action

En contraception d’urgence, le DIU au cuivre empêche avant tout la fertilisation en provoquant des modifications chimiques qui altèrent le sperme et l’ovule avant qu’ils n’entrent en contact.

Efficacité

Lorsqu’il est inséré dans les cinq jours qui suivent un rapport non protégé, le DIU au cuivre a une efficacité de plus de 99% pour éviter la grossesse. C’est la méthode de contraception d’urgence la plus efficace qui existe. Une fois inséré, la femme peut continuer à utiliser le DIU comme méthode de contraception continue ou elle peut choisir de passer à une autre méthode par la suite.

Innocuité

Le DIU au cuivre est une méthode très sûre de contraception d’urgence: les risques d’infection, d’expulsion ou de perforation sont très faibles.

Critères médicaux de recevabilité et contre-indications

La seule situation dans laquelle un DIU au cuivre ne doit jamais être utilisé pour la contraception d’urgence est le cas où la femme est déjà enceinte. Il existe cependant des contre-indications à l’utilisation du DIU au cuivre comme méthode de contraception continue et il faudra les envisager avant de l’utiliser pour la contraception d’urgence.

Certaines des contre-indications pour la pose d’un DIU au cuivre sont la thrombopénie sévère, les saignements vaginaux inexpliqués, le cancer du col de l’utérus, le cancer de l’endomètre et les infections génitales hautes courantes. Pour en savoir plus, veuillez consulter le document OMS Critères de recevabilité pour l'adoption et l'utilisation continue de méthodes contraceptives.

Recommandations de l’OMS pour l’administration de la contraception d’urgence

Toutes les femmes et jeunes filles exposées au risque d’une grossesse non désirée ont le droit d’avoir accès à la contraception d’urgence et ces méthodes doivent être systématiquement intégrées dans les programmes nationaux de planification familiale.1

De plus, la contraception d’urgence doit être incluse dans les services de soins destinés aux populations les plus exposées au risque de relations sexuelles non protégées, notamment après le viol, et ceux destinés aux femmes et aux jeunes filles vivant dans des situations d’urgence ou d’aide humanitaire.

On pourra consulter les dernières lignes directrices sur les méthodes susceptibles d’être utilisées pour les personnes présentant certaines pathologies dans la cinquième édition de Critères de recevabilité pour l’adoption et l’utilisation continue de méthodes contraceptives.

L’OMS réaffirme son engagement pour étudier attentivement les nouvelles données qui voient le jour par le biais de son système de recensement des données de la recherche (CIRE: Continuous Identification of Research Evidence).


1 Ensuring human rights within contraceptive programmes: a human rights analysis of existing quantitative indicators
Geneva, World Health Organization, 2014.

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