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Hépatite C

Aide-mémoire N°164


Principaux points

  • L’hépatite C est une maladie du foie provoquée par le virus de l’hépatite C (VHC).
  • L’infection à VHC prend parfois une forme symptomatique aiguë. Sa gravité va d’une maladie bénigne de quelques semaines, à une affection grave, qui dure toute la vie et peut aboutir à la cirrhose et au cancer hépatique.
  • Le VHC se transmet par contact avec le sang d’une personne infectée.
  • Environ 130 à 170 millions de personnes souffrent d’infection chronique par le virus de l’hépatite C et plus de 350 000 meurent chaque année de maladies du foie liées à l’hépatite C.
  • Des médicaments antiviraux de plus en plus efficaces permettent d'obtenir la guérison de l'infection à VHC.
  • Malgré les recherches en cours, il n’y a pas encore de vaccin pour la prévention de l’infection par le virus de l’hépatite C.

L’hépatite C est une maladie contagieuse du foie résultant de l’infection par le virus de l’hépatite C (VHC). Sa gravité va d’une maladie bénigne de quelques semaines, à une affection grave, qui dure toute la vie. Le VHC se transmet en général lorsque le sang d’une personne infectée pénètre dans l’organisme d’une personne indemne. C’est l’un des virus les plus courants qui infectent le foie.

On estime que, chaque année, 3 à 4 millions de personnes sont infectées par le VHC. De 130 à 170 millions de personnes ont une infection chronique et sont exposées au risque de développer une cirrhose et/ou un cancer hépatique. Plus de 350 000 meurent chaque année de maladies hépatiques liées au VHC.

L’infection à VHC se retrouve dans le monde entier. Les pays ayant des taux élevés d’infection chronique sont l’Égypte (22%), le Pakistan (4,8%) et la Chine (3,2%). Dans ces pays, les injections à risque avec du matériel contaminé sont la principale voie de transmission.

Transmission

Le virus se transmet le plus souvent par exposition à du sang infectieux: transfusions de sang, de produits dérivés contaminés ou transplantations d’organes; injections avec des seringues contaminées, blessures par piqûre accidentelle dans les services de soins; consommation de drogues par injection; contamination à la naissance lorsque la mère est infectée.

La transmission par des rapports sexuels avec une personne infectée ou par le partage d’articles personnels contaminés par du sang infectieux est plus rare.

L’hépatite C ne se transmet pas par le lait maternel, l’eau ou les aliments, ni lors de contacts ordinaires, comme des embrassades, des baisers, ou le partage d’aliments ou de boissons avec un sujet infecté.

Dépistage

La connaissance du statut infectieux permet d’éviter par la suite des problèmes de santé pouvant résulter de l’infection à VHC et la transmission aux familles et aux proches contacts. Certains pays recommandent le dépistage pour les sujets susceptibles de présenter un risque d’infection. Ce sont:

  • les sujets ayant reçu du sang, des produits dérivés ou des organes avant que le dépistage du VHC n’ait été instauré ou quand il n’était pas encore généralisé;
  • les consommateurs de drogues par injection, actuels ou anciens (même ceux qui se sont injecté une fois de la drogue il y a de nombreuses années);
  • les patients sous hémodialyse à long terme;
  • les agents de santé;
  • les personnes vivant avec le VIH;
  • les sujets présentant des tests hépatiques anormaux ou une maladie du foie;
  • les enfants nés de mères infectées.

Prévention

Prévention primaire

Contrairement aux hépatites A et B, il n’existe pas de vaccin contre l’infection à VHC. On peut réduire le risque d’infection en évitant:

  • les injections inutiles ou à risque;
  • les produits sanguins à risque;
  • la collecte et l’élimination dangereuses des objets tranchants ou pointus;
  • la consommation de drogues illégales et le partage des matériels d’injection;
  • les rapports sexuels non protégés avec des personnes infectées par le VHC;
  • le partage des articles personnels tranchants ou pointus, susceptibles d’être contaminés par du sang infecté;
  • les tatouages, les piercings et l’acupuncture faits avec du matériel contaminé.

Prévention secondaire et tertiaire

Si une personne est infectée par le VHC, elle doit:

  • recevoir des instructions et des conseils sur les possibilités de soins et de traitement;
  • être vaccinée contre les hépatites A et B pour éviter la co-infection avec ces autres virus et protéger son foie;
  • recevoir une prise en charge médicale rapide et adaptée, y compris avec des médicaments antiviraux le cas échéant;
  • se faire suivre régulièrement pour le diagnostic précoce des maladies hépatiques.

Diagnostic

L’infection aiguë est rarement diagnostiquée car elle est souvent asymptomatique. Les méthodes courantes de détection des anticorps ne permettent pas de faire la distinction entre une infection aiguë et chronique. La présence d’anticorps anti-VHC indique que le sujet est ou a été infecté. On a recours au test RIBA (recombinant immunoblot assay) et à la détection de l’ARN viral pour confirmer le diagnostic d’infection à VHC.

On pose le diagnostic d’infection chronique lorsque les anticorps anti-VHC sont présents pendant plus de 6 mois. Comme pour les infections aiguës, le diagnostic doit être confirmé par un test complémentaire. On utilise souvent des essais spécialisés pour évaluer si les patients souffrent de maladies hépatiques, comme la cirrhose ou le cancer du foie.

Évolution de la maladie

Après l’infection initiale, près de 80% des sujets ne présentent aucun symptôme. Pour les autres, les symptômes aigus peuvent être de la fièvre, une asthénie, une anorexie, des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales, des urines sombres, des selles grisâtres, des douleurs articulaires et un ictère (coloration jaune de la peau et des yeux). Lorsqu’un sujet ayant une infection chronique présente des symptômes, cela peut indiquer une maladie hépatique à un stade avancé.

Statistiquement, 60 à 70% des sujets ayant une infection chronique développent une maladie hépatique chronique, 5 à 20% une cirrhose et 1 à 5% meurent de cirrhose ou de cancer du foie.

Traitement

Les traitements à base d’interféron et de ribaviron ont été le pilier du traitement du VHC. Malheureusement, l’interféron n’est pas largement accessible dans le monde, il n’est pas toujours bien toléré, certains génotypes y réagissent mieux que d’autres et nombre de ceux à qui il est administré ne finissent pas leur traitement. Si on considère en général que l’infection à VHC est une maladie que l’on peut guérir, ce n’est pas la réalité pour de nombreuses personnes. Heureusement, les progrès scientifiques et des travaux intenses de recherche et développement ont abouti à la mise au point d’un grand nombre de nouveaux antiviraux spécifique du VHC à administrer par voie orale. L’avenir semble réserver de grandes promesses pour ce type de médicaments, qui seront plus efficaces et mieux tolérés. Il reste encore beaucoup à faire pour s’assurer que ces progrès aboutissent à un meilleur accès et à des possibilités de traitement dans le monde entier.

Action de l’OMS

La première Journée mondiale officielle de l’hépatite organisée par l’OMS le 28 juillet 2011, a pour objectif d'accroître la sensibilisation et la compréhension des hépatites virales et des maladies qu’elles entraînent. Elle sera l’occasion de s’intéresser à des actions spécifiques comme:

  • le renforcement de la prévention, du dépistage de l’hépatite virale et des maladies qui y sont liées, ainsi que de la lutte contre celles-ci;
  • l’augmentation de la couverture du vaccin contre l’hépatite B et son intégration dans les programmes de vaccination;
  • la coordination d’une action mondiale contre l’hépatite.
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