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Hépatite C

Aide-mémoire N°164
Avril 2014


Principaux faits

  • L’hépatite C est une maladie du foie causée par un virus. Le virus de l’hépatite C peut entraîner à la fois une infection hépatique aiguë et une infection chronique, dont la gravité est variable, pouvant aller d’une forme bénigne qui dure quelques semaines à une maladie grave qui s’installe à vie.
  • Le virus de l’hépatite C est un virus transmis par le sang et les modes d’infection les plus fréquents résultent de pratiques d’injection à risque, d’une mauvaise stérilisation du matériel médical dans certains établissements de soins, et de l’absence de dépistage du sang et des produits sanguins.
  • À l’échelle mondiale, 130 à 150 millions d’individus sont porteurs chroniques de l’hépatite C.
  • Pour un nombre important des personnes atteintes par la forme chronique de la maladie, l’infection évolue vers la cirrhose ou le cancer du foie.
  • De 350 000 à 500 000 personnes meurent chaque année de pathologies hépatiques liées à l’hépatite C.
  • Les médicaments antiviraux peuvent soigner l’infection par l’hépatite C mais le traitement et le diagnostic de la maladie sont difficiles d’accès.
  • Les traitements antiviraux sont un succès pour 50 à 90% des personnes traitées, selon le traitement utilisé, et se sont aussi avérés efficaces pour limiter l’évolution vers le cancer du foie et la cirrhose.
  • Actuellement, il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C mais la recherche dans ce domaine se poursuit.

Le virus de l’hépatite C (VHC) est responsable à la fois de l’infection aiguë et de l’infection chronique. La forme aiguë de la maladie est généralement asymptomatique, et n’est que très rarement associée à une maladie engageant le pronostic vital. Environ 15 à 45% des personnes infectées se débarrassent spontanément du virus dans les 6 mois qui suivent l’infection sans aucun traitement.

Pour les autres, soit 55 à 85% des personnes infectées, l’infection évoluera vers la forme chronique de la maladie. Parmi celles-ci, le risque de cirrhose du foie est de 15 à 30% sur une durée de 20 ans.

Répartition géographique

On rencontre l’hépatite C partout dans le monde. Les régions les plus touchées sont l’Asie centrale et orientale et l’Afrique du Nord.

L’épidémie d’hépatite C peut toucher principalement certaines populations à haut risque (les consommateurs de drogues injectables, par exemple) et/ou la population en général. Il existe des souches (ou génotypes) multiples du VHC et leur répartition varie en fonction de la région.

Transmission

Le virus de l’hépatite C est transmis par le sang. Les modes de transmission les plus fréquents sont les suivants:

  • consommation de drogues injectables en partageant le matériel d’injection;
  • réutilisation ou mauvaise stérilisation du matériel médical, en particulier des seringues et des aiguilles, dans certains centres de soins;
  • dans certains pays, le virus de l’hépatite C se transmet via la transfusion de sang et de produits sanguins n’ayant pas fait l’objet d’un dépistage;
  • Le virus de l’hépatite C peut aussi être transmis lors de rapports sexuels ou par une mère infectée à son nourrisson, ces modes de transmission étant toutefois moins courants.

L’hépatite C n’est pas propagée par le lait maternel, les aliments ou l’eau ou encore par un simple contact tel qu’une étreinte, un baiser ou le partage de nourriture ou d’une boisson avec une personne infectée.

Symptômes

La période d’incubation pour l’hépatite C va de 2 semaines à 6 mois. Après l’infection initiale, 80% environ des individus sont asymptomatiques.

Chez ceux présentant une symptomatologie aiguë, on peut relever de la fièvre, de la fatigue, une baisse d’appétit, des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales, une coloration sombre des urines, une coloration grisâtre des fèces, des douleurs articulaires et/ou un ictère (jaunissement de la peau et du blanc des yeux).

Diagnostic

Du fait que l’infection par le virus de l’hépatite C est généralement asymptomatique, le diagnostic précoce de l’infection est rare. Chez les personnes qui vont contracter la maladie chronique, il est fréquent que l’infection ne soit diagnostiquée que lorsque le foie est déjà gravement atteint.

L’infection par le virus de l’hépatite C est diagnostiquée en 2 étapes:

  • Le dépistage des anticorps de l’hépatite C par un test sérologique permet d’identifier les personnes qui ont été infectées par le virus.
  • Si le test est positif pour les anticorps de l’hépatite C, un test d’amplification des acides nucléiques pour détecter l’ARN du virus de l'hépatite C est nécessaire pour confirmer l’infection chronique, étant donné que 15 à 45% des personnes infectées par le VHC se débarrassent spontanément de l’infection grâce à une forte réponse immunitaire et sans recours à un traitement. Bien qu’elles ne soient plus infectées, les tests permettent encore de détecter la présence d’anticorps contre le VHC.

Après que le diagnostic d’hépatite chronique C a été posé, il convient de déterminer l’importance des lésions hépatiques (fibrose et cirrhose). Cela peut être fait moyennant une biopsie du foie ou divers tests non invasifs. En outre, un test en laboratoire devra identifier le génotype de la souche du virus de l’hépatite C. Il existe 6 génotypes du VHC et ils réagissent différemment aux traitements. En outre, une même personne peut être infectée par plusieurs génotypes. L’importance de l’atteinte hépatique et le génotype du virus sont utilisés pour orienter les décisions en matière de traitement et de prise en charge de la maladie.

Dépistage

Un diagnostic précoce permet d’éviter les problèmes de santé que pourra causer l’infection et de prévenir la transmission du virus. Certains pays recommandent le dépistage des personnes pouvant présenter un risque accru d’infection. Il s’agit notamment:

  • des consommateurs de drogues par injection;
  • des personnes ayant reçu des produits sanguins infectés ou ayant fait l’objet d’examens invasifs dans des établissements de soins où les pratiques de lutte contre les infections sont insuffisantes;
  • des enfants nés de mères infectées par le VHC;
  • des personnes dont les partenaires sexuels sont infectés par le VHC;
  • des personnes atteintes de l’infection à VIH;
  • des personnes qui ont consommé des drogues par voie intranasale;
  • des personnes qui ont des tatouages ou des piercings.

Traitement

L’hépatite C ne nécessite pas toujours un traitement puisque chez certaines personnes, la réponse immunitaire éliminera l’infection. Lorsque le traitement est nécessaire, l’objectif est la guérison. Le taux de guérison dépend de plusieurs facteurs, y compris de la souche du virus et du type de traitement donné. Un dépistage approfondi est nécessaire avant de commencer le traitement afin de déterminer quelle est l’approche la mieux adaptée pour le patient.

Le traitement standard actuel est le traitement combiné par l’interféron et la ribavirine, qui est efficace contre tous les génotypes du virus de l’hépatite C («pangénotypique»). Malheureusement, l’interféron n’est pas largement accessible dans le monde, et il n’est pas toujours bien toléré. En conséquence, la prise en charge est complexe et de nombreux patients ne finissent pas leur traitement. Malgré ces contraintes, le traitement par l’interféron et la ribavirine permet de sauver des vies.

Les progrès scientifiques ont débouché sur la mise au point de nouveaux antiviraux contre l’hépatite C, qui sont beaucoup plus efficaces, plus sûrs et mieux tolérés que les thérapies existantes. Ces thérapies, utilisant des agents antiviraux à action directe (DAA), simplifient le traitement de l’hépatite C en réduisant de manière significative les prescriptions en matière de suivi et en augmentant les taux de guérison. Bien que le coût de production de ces agents antiviraux soit faible, les prix initiaux fixés par les fabricants sont très élevés et rendront l’accès à ces médicaments difficile même dans les pays à revenu élevé.

Il reste beaucoup à faire pour que ces progrès conduisent à un plus large accès au traitement dans le monde entier.

Action de l’OMS

L’action de l’OMS pour prévenir et combattre les hépatites virales s’exerce dans les domaines suivants:

  • sensibilisation, promotion des partenariats et mobilisation des ressources;
  • élaboration de politiques et de données d’intervention reposant sur une base factuelle;
  • prévention de la transmission; et
  • dépistage, soins et traitement.

L’OMS organise la Journée mondiale contre l’hépatite le 28 juillet de chaque année pour sensibiliser les populations et leur apporter des connaissances au sujet des hépatites virales.

Prévention

Prévention primaire

Il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C. Par conséquent, la prévention de l’infection par le VHC passe par la réduction du risque d’exposition au virus dans les établissements de soins, les populations à haut risque tels que les consommateurs de drogues injectables, et lors des rapports sexuels.

La liste qui suit est un exemple non exhaustif des interventions de prévention primaire recommandées par l’OMS:

  • hygiène des mains: y compris la préparation des mains avant une intervention chirurgicale, le lavage des mains et l’utilisation de gants;
  • manipulation et élimination sans risque des objets tranchants ou piquants et des déchets;
  • nettoyage sans risque du matériel;
  • dépistage des dons de sang;
  • amélioration de l’accès à des produits sanguins sûrs;
  • formation du personnel de santé.
Prévention secondaire et tertiaire

Si des personnes sont infectées par le virus de l’hépatite C, l’OMS recommande de:

  • les informer des possibilités de soins et de traitement et de les conseiller;
  • les vacciner contre les hépatites A et B pour éviter une co-infection par ces autres virus hépatiques et protéger leur foie;
  • leur assurer une prise en charge médicale rapide et adaptée, comprenant un traitement antiviral si nécessaire; et
  • les surveiller régulièrement pour diagnostiquer rapidement une maladie chronique du foie.

Dépistage, soins et traitement des personnes infectées par le virus de l’hépatite C

L’OMS a publié en avril 2014 de nouvelles lignes directrices pour le dépistage, les soins et le traitement des personnes infectées par le virus de l’hépatite C.

Il s’agit des premières lignes directrices sur le traitement de l’hépatite C produites par l’OMS et elles viennent compléter les orientations existantes sur la prévention de la transmission des virus par le sang, y compris le VHC.

Elles sont destinées aux responsables politiques et gouvernementaux, et aux autres personnes travaillant dans les pays à revenu faible ou intermédiaire qui élaborent des programmes pour le dépistage, les soins et le traitement des personnes infectées par le virus de l’hépatite C.

Ces lignes directrices permettront d’élargir les soins aux patients atteints de l’infection à VHC puisqu’elles fournissent des recommandations essentielles dans ce domaine et présentent les éléments à prendre en considération pour la mise en œuvre des traitements.


Résumé des principales recommandations

Recommandations sur le dépistage de l’hépatite C

1. Dépistage pour identifier les personnes infectées par le VHC

Il est recommandé de proposer un dépistage sérologique du VHC aux personnes faisant partie des populations où la prévalence de l’hépatite C est élevée ou qui ont des antécédents d’exposition au risque de VHC/de comportement à risque (forte recommandation, données de qualité moyenne).

2. Quand confirmer le diagnostic d’infection chronique par le VHC?

Il est suggéré de procéder aux tests d’amplification des acides nucléiques pour le dépistage de l’acide ribonucléique (ARN) du VHC immédiatement après un test sérologique positif pour le VHC, afin d’établir le diagnostic d’infection hépatique chronique, ces tests étant également utilisés dans le cadre de l’évaluation précédant la mise en place du traitement de l’hépatite C (recommandation conditionnelle, données de très faible qualité).

Recommandations sur les soins aux personnes infectées par le VHC

3. Dépistage de la consommation d’alcool et conseils pour réduire les niveaux de consommation modérés et élevés

Il est recommandé de procéder à une évaluation de la consommation d’alcool pour toutes les personnes atteintes de l’infection à VHC qui sera suivie par une proposition d’intervention comportementale visant à réduire la consommation d’alcool pour les personnes dont la consommation est modérée à élevée (forte recommandation, données de qualité moyenne).

4. Évaluer le degré de fibrose ou de cirrhose hépatique

Dans les lieux où les ressources sont limitées, il est suggéré d’utiliser les tests APRI (rapport aminotransférases sur taux de plaquettes) ou FIB4 pour évaluer la fibrose hépatique de préférence à d’autres tests non invasifs qui requièrent davantage de ressources tels que l’élastographie ou le Fibrotest (recommandation conditionnelle, données de faible qualité).

Recommandations sur le traitement de l’infection à VHC

5. Évaluation en vue du traitement de l’hépatite C

Tous les adultes et tous les enfants atteints d’une infection chronique par le virus de l’hépatite C, y compris les consommateurs de drogues injectables, doivent faire l’objet d’une évaluation en vue du traitement antiviral (forte recommandation, données de qualité moyenne).

6. Traitement par l’interféron pégylé en association avec la ribavirine

Le traitement par l’interféron pégylé en association avec la ribavirine est recommandé pour le traitement de l’infection chronique par le VHC de préférence à l’interféron non pégylé standard en association avec la ribavirine (forte recommandation, données de qualité moyenne).

7. Traitement par le télaprévir ou le bocéprévir

Le traitement par les antiviraux à action directe télaprévir ou bocéprévir, donnés en association avec l’interféron pégylé et la ribavirine, est le traitement recommandé pour l’infection chronique par le VHC de génotype 1 de préférence à l’association interféron pégylé et ribavirine seuls (recommandation conditionnelle, données de qualité moyenne).

8. Traitement par le sofosbuvir

Le sofosbuvir, donné en association avec la ribavirine avec ou sans interféron pégylé (en fonction du génotype du VHC), est recommandé pour les infections par le VHC de génotypes 1, 2, 3 et 4, de préférence à l’association interféron pégylé et ribavirine seuls, ou à l’absence de traitement pour les personnes qui ne tolèrent pas l’interféron (forte recommandation, données de qualité élevée).

9. Traitement par le siméprévir

Le siméprévir, donné en association avec l’interféron pégylé (en fonction du génotype du VHC) et la ribavirine est recommandé pour les personnes atteintes de l’hépatite C de génotype 1b et pour les personnes atteintes de l’hépatite C de génotype 1a sans polymorphisme Q80K, de préférence à l’interféron pégylé et à la ribavirine seuls (forte recommandation, données de qualité élevée).

Note: les recommandations 8 et 9 ont été formulées sans tenir compte des ressources nécessaires, étant donné que les informations relatives aux prix n’étaient pas disponibles pour d’autres pays que les États Unis au moment où elles ont été élaborées.

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