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Infections sexuellement transmissibles

Aide-mémoire N°110
Août 2016


Principaux faits

  • Chaque jour, plus d’un million de personnes contractent une infection sexuellement transmissible (IST).
  • On estime que, chaque année, 357 millions de personnes contractent l’une des quatre IST suivantes : chlamydiose, gonorrhée, syphilis ou trichomonase.
  • Plus de 500 millions de personnes sont atteintes du virus responsable de l’herpès génital (HSV2).
  • Plus de 290 millions de femmes souffrent d’une infection à papillomavirus humain (VPH).
  • Dans la majorité des cas, les infections sexuellement transmissibles sont asymptomatiques ou s’accompagnent de symptômes bénins qui ne sont pas reconnus comme ceux d’une IST.
  • Les infections comme l’herpès génital (HSV de type 2) et la syphilis augmentent le risque de contracter le VIH.
  • Plus de 900 000 femmes enceintes ont été infectées par la syphilis en 2012 ce qui a provoqué des complications dans 350 000 cas pouvant aller jusqu’à des mortinaissances.
  • Dans certains cas, les IST peuvent avoir de graves conséquences sur la santé reproductive allant au-delà des conséquences immédiates, telles que la stérilité, ou la transmission des infections de la mère à l’enfant.
  • La résistance aux médicaments, en particulier ceux contre la gonorrhée, est une menace majeure pour la réduction de l’impact des IST dans le monde.

Que sont les infections sexuellement transmissibles et comment se transmettent-elles?

On connaît plus d’une trentaine de bactéries, virus et parasites qui se transmettent par voie sexuelle. Pour la plus grande part, l’incidence des maladies sexuellement transmissibles est liée à 8 de ces agents pathogènes. Sur ces 8 infections, 4 peuvent être guéries la syphilis, la gonorrhée, la chlamydiose et la trichomonase. Les 4 autres sont des infections virales incurables: l’hépatite B, le virus de l’herpès (herpes virus simplex ou HSV), le VIH, et le papillomavirus humain (VPH).

Les traitements peuvent atténuer ou modifier les symptômes ou la maladie dus aux infections virales dont on ne peut pas guérir.

Les infections sexuellement transmissibles se transmettent principalement par contact cutané lors d’un rapport sexuel, vaginal, anal ou oral. Elles peuvent aussi se propager par d’autres voies, comme les transfusions sanguines. Un grand nombre d’IST, notamment la chlamydiose, la gonorrhée, l’hépatite B primaire, l’infection à VIH et la syphilis, se transmettent aussi de la mère à l’enfant pendant la grossesse et à l’accouchement.

On peut avoir contracté une IST sans présenter pour autant de symptômes apparents. Parmi les symptômes les plus courants des MST figurent les pertes vaginales, les écoulements urétraux ou brûlures chez l’homme, les ulcérations génitales et les douleurs abdominales.

Ampleur du problème

Les IST ont de profondes répercussions sur la santé sexuelle et reproductive dans le monde.

Chaque jour, plus d’un million de personnes contractent des infections sexuellement transmissibles. On estime que, chaque année, 357 millions de personnes contractent l’une des 4 IST suivantes: chlamydiose (131 millions), gonorrhée (78 millions), syphilis (5,6 millions) et trichomonase (143 millions). Plus de 500 millions de personnes vivent avec une infection par le HSV (herpès). À tout moment, plus de 290 millions de femmes ont une infection à VPH, l’une des IST les plus courantes.

Outre leurs conséquences immédiates, les IST peuvent avoir de graves effets.

  • Certaines IST, comme l’herpès et la syphilis, peuvent multiplier au moins par 3 le risque de contracter le VIH.
  • La transmission d’une IST de la mère à l’enfant peut entraîner une mortinaissance, un décès néonatal, un faible poids de naissance, une septicémie, une pneumonie, une conjonctivite du nouveau-né ou des malformations congénitales. Plus de 900 000 femmes enceintes ont été infectées par la syphilis en 2012 ce qui a provoqué des complications dans 350 000 cas pouvant aller jusqu’à des mortinaissances.
  • L’infection à VPH est responsable chaque année de 528 000 cas de cancer du col de l’utérus entraînant 266 000 décès.
  • Les IST comme la gonorrhée et la chlamydiose sont des causes majeures d’inflammation pelvienne et de stérilité.

Prévention des IST

Conseil et approches comportementales

Les interventions comportementales et de conseil permettent d’assurer une prévention primaire des IST (y compris du VIH) et des grossesses non désirées. On peut citer:

  • une éducation sexuelle complète et des conseils avant et après le dépistage des IST et notamment du VIH;
  • des conseils sur les rapports protégés/la réduction des risques, ainsi que la promotion de l’utilisation du préservatif;
  • des interventions ciblant les populations vulnérables et les plus concernées, comme les adolescents, les travailleurs du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes et les consommateurs de drogues injectables; et
  • Les actions éducatives et le conseil adaptés aux besoins des adolescents.

En outre, les activités de conseil peuvent améliorer la capacité qu’ont les gens de reconnaître les symptômes des IST et accroître la probabilité qu’ils consultent ou encouragent un partenaire sexuel à le faire. Malheureusement, l’insuffisance des connaissances du public et de la formation des agents de santé, de même que la stigmatisation fréquente dont les IST font depuis longtemps l’objet, sont autant d’obstacles à un recours plus large et efficace à ces interventions.

Méthodes mécaniques

Lorsqu’ils sont utilisés correctement et avec constance, les préservatifs constituent l’une des méthodes de protection les plus efficaces contre les IST, y compris le VIH. Les préservatifs féminins sont efficaces et sûrs, mais ne sont pas aussi largement employés par les programmes nationaux que leurs équivalents masculins.

Diagnostic des IST

Les tests diagnostiques fiables sont d’un usage généralisé dans les pays à revenu élevé. Même s’ils sont particulièrement utiles pour le diagnostic des infections asymptomatiques, il est rare qu’ils soient disponibles dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Lorsqu’ils le sont, ils restent d’ordinaire coûteux et inaccessibles d’un point de vue géographique, et, pour recevoir les résultats, les patients doivent attendre longtemps ou retourner dans l’établissement du test. Le suivi des cas peut en pâtir, comme les soins ou le traitement qui peuvent être incomplets.

Actuellement, le dépistage de la syphilis et pour le VIH sont les seuls tests rapides et abordables disponibles pour détecter une IST. Le test de la syphilis est déjà utilisé dans certains environnements où les ressources sont limitées. Il est fiable, facile à administrer avec une formation minimale, et les résultats peuvent être obtenus en 15 à 20 minutes. Il a été prouvé que les tests de dépistage rapide de la syphilis permettaient d’augmenter le nombre de femmes enceintes dépistées pour cette maladie. Des efforts accrus doivent néanmoins être déployés dans les pays à revenu faible et intermédiaire pour que toutes les femmes enceintes en bénéficient.

Des tests de dépistage rapide d’autres IST sont en cours de mise au point; ils pourraient améliorer le diagnostic et le traitement des IST, en particulier là où les ressources sont limitées.

Traitement des IST

On dispose actuellement de traitements efficaces pour plusieurs IST.

  • On peut généralement guérir 3 IST bactériennes (chlamydiose, gonorrhée et syphilis) et une IST d’origine parasitaire (trichomonase) à l’aide d’antibiothérapies à dose unique.
  • Les médicaments les plus efficaces pour le traitement de l’herpès et de l’infection à VIH sont des antiviraux qui, bien qu’ils ne puissent guérir la maladie, peuvent en moduler l’évolution.
  • Les immunomodulateurs (interférons) et les médicaments antiviraux peuvent aider à combattre le virus de l’hépatite B et ralentir les dommages hépatiques.

Ces dernières années, la résistance aux antibiotiques s’est développée rapidement pour certaines IST (gonorrhée en particulier), limitant ainsi les options de traitement. L’apparition d’une perte de sensibilité du gonocoque face à l’option thérapeutique de dernière intention (céphalosporine par voie orale et parentérale), associée à une résistance déjà démontrée à certains agents antimicrobiens comme les pénicillines, les sulfonamides, les tétracyclines, les quinolones et les macrolides, font de N. gonorrhoeae une bactérie multirésistante. Bien que cela soit moins courant, on peut aussi observer une résistance antimicrobienne pour d’autres IST, ce qui rend indispensables la prévention et le traitement rapide.

Prise en charge des cas d’IST

Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, on s’appuie sur l’identification de signes et symptômes cohérents et facilement reconnaissables pour orienter le traitement, sans recourir à des tests en laboratoire. C’est ce qu’on appelle la prise en charge syndromique. Cette méthode, qui se fonde souvent sur des algorithmes cliniques, permet aux personnels de santé de diagnostiquer une infection spécifique sur la base des syndromes observés (par exemple des pertes vaginales, des écoulements urétraux, des ulcérations génitales, des douleurs abdominales).

La prise en charge syndromique est simple et permet de mettre en place un traitement le jour même, tout en évitant les tests diagnostiques qui sont soit coûteux soit indisponibles. Cette approche fait toutefois abstraction des infections qui n’entraînent aucun syndrome, soit la majorité des cas d’IST dans le monde.

Vaccins et autres interventions biomédicales

On dispose de vaccins sûrs et très efficaces contre deux IST: l’hépatite B et l’infection à VPH. Ces vaccins représentent une avancée majeure en matière de prévention des IST. Le vaccin contre l’hépatite B figure dans les programmes de vaccination du nourrisson de 93% des pays. Il a déjà permis d’éviter quelque 1,3 million de décès imputables à une maladie chronique du foie ou au cancer.

Le vaccin anti-VPH est disponible dans le cadre des programmes de vaccination systématique de 65 pays (pour l’essentiel à revenu élevé ou intermédiaire). En parvenant à une couverture vaccinale de 70%, la vaccination contre le VPH permettrait d’éviter la mort de plus de 4 millions de femmes au cours des 10 prochaines années dans les pays à revenu faible ou intermédiaires, où l’on observe la plupart des cas de cancer du col de l’utérus.

La recherche sur les vaccins contre le virus de l’herpès et le VIH a bien progressé, la phase clinique ayant débuté pour plusieurs vaccins candidats. La recherche sur les vaccins contre la chlamydiose, la gonorrhée, la syphilis et la trichomonase est moins avancée.

D’autres interventions biomédicales permettent de prévenir certaines IST, comme la circoncision masculine et l’utilisation d’antimicrobiens.

  • La circoncision masculine permet de réduire d’environ 60% le risque de contracter l’infection à VIH lors de rapports hétérosexuels et assure une certaine protection contre d’autres IST, comme le virus de l'herpès et l’infection à VPH.
  • Le gel de ténofovir, utilisé comme agent antimicrobien par voie vaginale, n’a pas donné de résultats clairs en termes de prévention de l’infection à VIH, mais il a montré une certaine efficacité contre le HSV-2.

Les efforts déployés actuellement pour freiner la propagation des IST sont insuffisants

Il est difficile de changer les comportements

Malgré les efforts considérables déployés en vue de recenser des interventions simples pour réduire les comportements sexuels à risque, il reste difficile de changer les comportements. Les recherches ont démontré qu’il fallait cibler des populations avec soin, puis fréquemment les consulter et les associer aux processus de conception, de mise en œuvre et d’évaluation.

Les services de santé pour le dépistage et le traitement des IST restent insuffisants

Les personnes qui veulent être dépistées et traitées pour une IST sont confrontées à un grand nombre de problèmes, dont la rareté des ressources, la stigmatisation, la mauvaise qualité des services et l’inexistence ou l’insuffisance du suivi des partenaires sexuels.

  • Dans de nombreux pays, les services relatifs aux IST sont fournis séparément et ne sont pas disponibles dans le cadre des soins de santé primaires, de la planification familiale ou d’autres services de santé classiques.
  • Souvent, les services sont incapables de dépister les infections asymptomatiques, manquent de personnel qualifié, de moyens de laboratoire et d’un approvisionnement suffisant en médicaments appropriés.
  • Les populations marginalisées qui connaissent les taux d’IST les plus élevés (comme les travailleurs du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, les consommateurs de drogues injectables, les détenus, les populations mobiles et les adolescents) ont rarement accès à des services de santé adaptés.

L’action de l’OMS

L’OMS élabore des normes et des critères pour le traitement et la prévention des IST, renforce les systèmes de surveillance et de suivi, y compris concernant la gonorrhée résistante aux médicaments, et oriente le programme mondial de recherche sur les IST.

Nos activités sont guidées pat les trois nouvelles stratégies adoptées par l'Assemblée mondiale de Santé en mai 2016 ainsi que par la Stratégie mondiale pour la santé de la femme et de l’enfant, établie sous les auspices du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, qui souligne la nécessité d’un ensemble intégré et complet d’interventions essentielles, notamment en matière d’information et de services pour la prévention du VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles.

L’OMS collabore avec les pays pour:

  • développer les services efficaces de lutte contre les IST, notamment:
    • le conseil et la prise en charge des cas;
    • le dépistage et le traitement de la syphilis, en particulier chez la femme enceinte;
    • la vaccination contre l’hépatite B et le VPH;
  • promouvoir des stratégies visant à accroître l’impact de la prévention des IST, notamment:
    • l’intégration des services de lutte contre les IST dans les systèmes de santé existants;
    • la promotion de la santé sexuelle;
    • l’évaluation de la charge des IST;
    • le suivi et la riposte face à la résistance des agents pathogènes responsables des IST aux antimicrobiens;
  • favoriser la mise au point de nouvelles technologies pour la prévention des IST, telles que:
    • les tests de diagnostic sur le lieu de soins;
    • des médicaments supplémentaires contre la gonorrhée;
    • les vaccins contre les IST et les autres interventions biomédicales.
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