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Fièvre jaune

Aide-mémoire N°100
Juin 2016


Principaux faits

  • La fièvre jaune est une maladie hémorragique virale aiguë transmise par des moustiques infectés. Le terme «jaune» fait référence à la jaunisse présentée par certains patients.
  • Les symptômes sont les suivants: fièvre, céphalées, ictère, myalgies, nausées, vomissements et fatigue.
  • Dans une petite proportion des cas, les patients contractant la maladie développent des symptômes sévères et environ la moitié d’entre eux meurent dans les 7 à 10 jours.
  • Le virus est endémique dans les régions tropicales d’Afrique, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud.
  • Depuis le lancement de l’Initiative Fièvre jaune en 2006, des progrès importants ont été accomplis dans la lutte contre la maladie en Afrique de l’Ouest et plus de 105 millions de personnes ont été vaccinées dans le cadre de campagnes de masse. On n’a signalé aucune flambée de fièvre jaune en Afrique de l’Ouest en 2015.
  • De grandes épidémies de fièvre jaune surviennent lorsque des sujets infectés introduisent le virus dans des zones très peuplées avec une forte densité de moustiques et où la plupart des gens sont peu ou pas immunisés à cause des insuffisances de la vaccination. Dans ces conditions, les moustiques infectés transmettent le virus d’une personne à l’autre.
  • La prévention de la fièvre jaune est possible grâce à un vaccin extrêmement efficace, sûr et peu coûteux. Une seule dose de celui-ci confère une immunité durable et protège à vie contre la maladie, sans qu’il y ait besoin d’une dose de rappel. Le vaccin confère une immunité efficace dans les 30 jours pour 99% des sujets vaccinés.
  • Un bon traitement symptomatique en milieu hospitalier améliore les taux de survie. Il n’existe pour l’instant aucun médicament antiviral spécifique contre la fièvre jaune.

Signes et symptômes

Une fois qu’on est infecté par le virus de la fièvre jaune, la période d’incubation dans l’organisme dure de 3 à 6 jours. L’infection reste asymptomatique chez de nombreuses personnes mais lorsque des symptômes apparaissent, les plus courants sont de la fièvre, des myalgies, au premier plan desquelles des dorsalgies, des céphalées, une perte de l’appétit, des nausées ou des vomissements. Dans la plupart des cas, les symptômes disparaissent au bout de 3 à 4 jours.

Dans une petite proportion des cas, les patients entrent cependant dans une deuxième phase, plus toxique, dans les 24 heures suivant la rémission initiale. Une fièvre élevée se réinstalle et plusieurs systèmes organiques sont touchés, en général le foie et les reins.

Dans cette phase, un ictère apparaît souvent (jaunissement de la peau et des yeux, d’où le nom de «fièvre jaune»), avec des urines sombres et des douleurs abdominales accompagnées de vomissements. On peut observer des saignements dans la bouche, le nez, les yeux ou au niveau de l’estomac. La moitié des malades présentant cette phase toxique meurent dans les 7 à 10 jours.

La fièvre jaune est difficile à diagnostiquer, surtout dans les stades précoces. Dans sa forme plus sévère, on peut la confondre avec le paludisme grave, la leptospirose, l’hépatite virale (surtout les formes fulminantes), d’autres fièvres hémorragiques, d’autres maladies à flavivirus (comme la dengue hémorragique) ou une intoxication.

Les tests sanguins (RT-PCR) permettent parfois de détecter le virus à un stade précoce de la maladie. Aux stades plus tardifs, il faut procéder à des tests pour identifier les anticorps (ELISA et PRNT).

Populations à risque

La fièvre jaune est endémique sur tout le territoire ou dans certaines régions de 47 pays d’Afrique (34 pays) et d’Amérique latine (13 pays). Une modélisation basée sur des sources de données africaines a permis d’estimer la charge de morbidité imputable à cette maladie en 2013: il y a eu 84 000 à 170 000 cas graves et 29 000 à 60 000 décès.

Les voyageurs occasionnels se rendant dans des pays d’endémie peuvent rapporter la maladie dans des pays où il n’y a pas de fièvre jaune. Afin d’éviter de telles importations, de nombreux pays exigent un certificat de vaccination antiamarile avant de délivrer des visas, notamment si les voyageurs viennent de zones d’endémie ou ont visité ces régions.

Dans les siècles passés (du XVIIe au XIXe siècle), la fièvre jaune a été amenée en Amérique du Nord et en Europe et y a provoqué de grandes épidémies qui ont perturbé les économies, le développement et, dans certains cas, décimé les populations.

Transmission

Le virus de la fièvre jaune est un arbovirus appartenant au genre Flavivirus et il est transmis par certaines espèces de moustiques des genres Aedes et Haemogogus. Ces espèces vivent dans des habitats différents, certaines se reproduisent autour des maisons (domestiques), d’autres dans la jungle (sauvages) et d’autres encore dans les deux types d’habitats (semi domestiques). Il y a 3 types de cycles de transmission:

  • Fièvre jaune selvatique (dans la jungle): dans les forêts tropicales humides, les singes, principal réservoir de la maladie, sont piqués par des moustiques sauvages qui transmettent le virus à d’autres singes. À l’occasion, des êtres humains travaillant ou se déplaçant dans la forêt sont piqués par les moustiques infectés et développent la fièvre jaune.
  • Fièvre jaune intermédiaire (ou rurale) : dans ce type de transmission, des moustiques semi-domestiques (ceux qui se reproduisent aussi bien dans la nature qu’autour des habitations) infectent les singes et l’être humain. Le contact accru entre l’être humain et les moustiques infectés entraîne l’augmentation de la transmission et de nombreux villages isolés dans une même zone peuvent connaître des flambées simultanées. C’est le type de flambée le plus courant en Afrique.
  • Fièvre jaune urbaine: de grandes épidémies se produisent lorsque des sujets infectés introduisent le virus dans des zones très peuplées avec une forte densité de moustiques où la plupart des gens sont peu ou pas immunisés à cause des insuffisances de la vaccination. Dans ces conditions, les moustiques infectés transmettent le virus d’une personne à l’autre.

Traitement

L’administration rapide d’un bon traitement symptomatique à l’hôpital améliore les taux de survie. Il n’existe actuellement aucun médicament antiviral spécifique contre la fièvre jaune, mais des soins spécifiques pour traiter la déshydratation, l’insuffisance hépatique et rénale et la fièvre améliorent l’issue de la maladie pour les patients. Les antibiotiques permettent de traiter les surinfections bactériennes.

Prévention

1. Vaccination

C’est le moyen de prévention le plus important pour éviter la fièvre jaune. Dans les zones à haut risque où la couverture vaccinale est faible, la reconnaissance rapide des flambées et leur maîtrise par la vaccination de masse sont essentielles pour prévenir les épidémies. Il est important de vacciner la majorité de la population exposée au risque (au moins 80%) pour prévenir la transmission dans une région où sévit une flambée de fièvre jaune.

On a recours à plusieurs stratégies de vaccination pour se protéger des flambées: vaccination systématique des nourrissons; campagnes de vaccination de masse destinées à accroître la couverture dans les pays à risque; vaccination des voyageurs allant dans des zones d’endémie.

Le vaccin antiamaril est sûr et peu coûteux; une seule dose confère une protection à vie contre la maladie sans qu’il soit besoin d’administrer une dose de rappel.

De rares rapports ont fait état d’effets secondaires sérieux pour ce vaccin. Les taux pour ces «manifestations postvaccinales indésirables» (MAPI), avec des atteintes du foie, des reins ou du système nerveux ayant entraîné une hospitalisation, vont de 0,4 à 0,8 pour 100 000 personnes vaccinées.

Le risque est plus élevé pour les personnes âgées de 60 ans et plus et pour tout sujet présentant une immunodéficience sévère due à une infection à VIH/sida symptomatique ou à d’autres causes, ou encore ceux qui ont des troubles du thymus. Le vaccin sera prescrit aux personnes de plus de 60 ans après une évaluation soigneuse des risques et des avantages.

Les personnes en général exclues de la vaccination sont les suivantes:

  • les nourrissons de moins de 9 mois, sauf au cours d’une épidémie quand les enfants âgés de 6 à 9 mois doivent également être vaccinés dans les zones où le risque d’infection est élevé;
  • les femmes enceintes, sauf au cours d’une flambée quand le risque d’infection est élevé;
  • les personnes présentant des allergies graves aux protéines de l’oeuf; et
  • les personnes présentant une immunodéficience grave due à une infection à VIH/sida symptomatique ou présentant des troubles thymiques.

Conformément aux Règlement sanitaire international (RSI), les pays ont le droit d’exiger des voyageurs qu’ils présentent un certificat de vaccination antiamarile. S’il existe des motifs médicaux pour qu’ils ne soient pas vaccinés, cela doit également être certifié par les autorités compétentes.

Le RSI est un cadre juridiquement contraignant pour enrayer la propagation des maladies infectieuses et d’autres menaces pour la santé. L’exigence pour les voyageurs de présenter un certificat de vaccination est à la discrétion de chaque État Partie et, actuellement, ce certificat n’est pas demandé par tous les pays.

2. Lutte contre les moustiques

On peut réduire le risque de transmission de la fièvre jaune dans les zones urbaines en éliminant les gîtes larvaires potentiels par l’application de produits larvicides dans les conteneurs pour conserver l’eau et dans tous les endroits où l’eau peut s’accumuler. Les pulvérisations d’insecticide pour tuer les moustiques adultes lors des épidémies urbaines peuvent contribuer à réduire le nombre des moustiques et, par là-même, les sources potentielles de transmission de la fièvre jaune.

Historiquement, les campagnes de lutte contre les moustiques ont permis d’éliminer avec succès Aedes aegypti, le vecteur urbain de la fièvre jaune, de la plupart des pays continentaux d’Amérique centrale et du Sud. Toutefois, cette espèce de moustique a recolonisé les zones urbaines de cette région et représente à nouveau un risque de fièvre jaune urbaine.

Les programmes de lutte ciblant les moustiques sauvages dans les zones forestières sont difficilement praticables pour la prévention de la transmission selvatique (dans la jungle) de la fièvre jaune.

3. Préparation et riposte aux épidémies

La prompte détection de la fièvre jaune et la riposte rapide au moyen de campagnes de vaccination d’urgence sont essentielles pour lutter contre les flambées. La sous-notification reste cependant préoccupante et on estime que le véritable nombre des cas est de 10 à 250 fois supérieures à celui des cas actuellement notifiés.

L’OMS recommande à chaque pays à risque de disposer au moins d’un laboratoire national pouvant pratiquer les tests hématologiques de base pour le diagnostic de la fièvre jaune. On considère qu’un cas confirmé en laboratoire au sein d’une population non vaccinée constitue à lui seul une flambée.

Quel que soit le contexte, tout cas confirmé doit être étudié de manière approfondie, en particulier dans les régions où la majeure partie de la population a été vaccinée. Les équipes d’investigation doivent évaluer la flambée et riposter à la fois en prenant des mesures d’urgence et en établissant des plans de vaccination à plus long terme.

Action de l’OMS

L’OMS assure la fonction de secrétariat pour le Groupe international de coordination (GIC) pour l’approvisionnement en vaccin antiamaril. Ce Groupe conserve un stock d’urgence pour pouvoir riposter rapidement aux flambées dans les pays à haut risque.

En 2006, l’Initiative Fièvre jaune a été lancée pour garantir l’approvisionnement mondial en vaccin antiamaril et renforcer l’immunité dans les populations au moyen de la vaccination. Cette Initiative, dirigée par l’OMS avec l’appui de l’UNICEF et des gouvernements nationaux, s’intéresse particulièrement aux pays de forte endémie en Afrique où la maladie pose les plus gros problèmes.

Depuis son lancement, des progrès sensibles ont été accomplis en Afrique de l’Ouest pour juguler la fièvre jaune. Plus de 105 millions de personnes ont été vaccinées et aucune flambée n’y a été signalée en 2015.

L’Initiative recommande d’inclure la vaccination antiamarile dans les vaccinations systématiques du nourrisson (à partir de l’âge de 9 mois), d’organiser des campagnes de vaccination de masse dans les zones à haut risque pour toutes les personnes à partir de l’âge de 9 mois et de maintenir les capacités de surveillance et de riposte aux flambées.

De 2007 à 2016, 14 pays ont terminé des campagnes de vaccination préventive contre la fièvre jaune. L’Initiative Fièvre jaune est soutenue par l’Alliance GAVI, la Direction générale de l’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO), le Fonds central d’intervention d’urgence (CERF), les ministères de la santé et des partenaires dans les pays.

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