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Grippe aviaire et autres grippes zoonotiques

Aide-mémoire
Mise à jour novembre 2016


Principaux faits

  • L’homme peut être infecté par des virus grippaux aviaires et d’autres virus grippaux zoonotiques, tels que les virus de la grippe aviaire des sous-types A(H5N1), A(H7N9) et A(H9N2) et les virus de la grippe porcine des sous-types A(H1N1) et (H3N2).
  • La majorité des cas humains d’infection sont associés à des contacts directs avec des animaux ou des environnements contaminés, mais ils n’entraînent pas de transmission interhumaine efficace de ces virus. Il n’existe aucune donnée tendant à prouver que les virus grippaux aviaires ou les autres virus grippaux zoonotiques puissent être transmis à l’homme par des aliments convenablement cuits.
  • Chez l’homme, la grippe aviaire et les autres grippes zoonotiques entraînent des manifestations pouvant aller de la conjonctivite bénigne à la pneumopathie sévère, et elles peuvent parfois entraîner la mort.
  • La majorité des cas humains d’infection à A(H5N1) et à A(H7N9) sont associés à des contacts directs ou indirects avec des volailles contaminées, vivantes ou mortes. La lutte contre la maladie chez l’animal est essentielle afin de réduire le risque pour l’homme.
  • En raison de l’énorme réservoir silencieux que représentent les oiseaux aquatiques, les virus grippaux sont impossibles à éradiquer. Des cas d’infection à virus grippaux zoonotiques peuvent continuer à survenir. Afin de réduire autant que possible le risque pour la santé publique, il est essentiel d’assurer une surveillance de qualité dans les populations humaines et dans les populations animales en étudiant chaque cas d’infection humaine et en établissant une planification fondée sur le risque de pandémie.

Il existe 3 types de virus grippaux: A, B et C. Les virus grippaux du type A infectent l’homme et de nombreux animaux. Les virus grippaux du type B ne circulent que dans les populations humaines et entraînent des épidémies saisonnières. Les virus grippaux du type C peuvent infecter l’homme et le porc mais ces infections sont généralement bénignes et sont rarement notifiées.

Les virus grippaux du type A sont classés en sous-types selon la combinaison de deux protéines de surface – l’hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N). Il existe 18 sous-types d’hémagglutinine et 11 sous-types de neuraminidase. Selon l’hôte d’origine, les virus grippaux du type A sont classés comme virus aviaires, virus porcins ou autres virus animaux.

Par exemple, les virus des sous-types A(H5N1) et A(H9N2) sont des virus aviaires (de la «grippe du poulet») tandis que les virus des sous-types A(H1N1) et A(H3N2) sont des virus porcins (de la «grippe du porc»). Tous ces virus grippaux du type A qui infectent les animaux sont différents des virus grippaux humains et ils ne se transmettent pas facilement d’une personne à l’autre.

Les oiseaux aquatiques sont le principal réservoir naturel de la plupart des sous-types de virus grippaux du type A. Chez l’oiseau, la plupart de ces virus entraînent des infections asymptomatiques ou bénignes, l’éventail des symptômes dépendant des propriétés du virus. Les virus grippaux qui provoquent des maladies graves chez l’oiseau et qui sont responsables d’une forte mortalité sont dits «hautement pathogènes». Ceux qui entraînent des flambées chez les volailles sans provoquer de maladies graves sont dits «faiblement pathogènes».

Infections à virus grippaux aviaires et à autres virus grippaux zoonotiques chez l’homme

Des infections à virus grippaux aviaires et à autres virus grippaux zoonotiques chez l’homme ont été signalées. La majorité des cas humains d’infection sont associés à des contacts directs avec des animaux ou des environnements contaminés, mais ils n’entraînent pas de transmission interhumaine efficace de ces virus.

En 1997, des cas d’infection humaine par le virus A(H5N1) hautement pathogène ont été notifiés lors d’une flambée touchant la volaille à Hong Kong (région administrative spéciale de Chine). Depuis 2003, ce virus aviaire s’est propagé de l’Asie à l’Europe et à l’Afrique et s’est durablement enraciné dans les populations de volailles de certains pays, provoquant des millions d’infections chez ces oiseaux, des centaines de cas humains et de nombreux décès.

Les flambées épidémiques affectant la volaille ont eu de graves répercussions sur les moyens de subsistance, l’économie et le commerce international dans les pays touchés. D’autres virus grippaux aviaires du sous-type A(H5) ont également entraîné des flambées touchant la volaille et des infections chez l’homme.

En 2013, des infections à virus A(H7N9), faiblement pathogène, ont été signalées chez l’homme en Chine. Depuis, ce virus s’est propagé dans les populations de volailles du pays et a entraîné des centaines de cas humains et de nombreux décès.

D’autres virus grippaux aviaires, dont les virus A(H7N7) et A(H9N2), ont provoqué des infections sporadiques chez l’homme. Certains pays ont également notifié des infections humaines sporadiques par des virus grippaux porcins, en particulier ceux des sous-types A(H1) et A(H3).

Manifestions cliniques de la grippe aviaire et des autres grippes zoonotiques chez l’homme

Chez l’homme, la grippe aviaire et des autres grippes zoonotiques peuvent entraîner des manifestations allant de la conjonctivite bénigne à la pneumopathie sévère, et elles peuvent parfois entraîner la mort. Les caractéristiques de la maladie (période d’incubation, sévérité des symptômes et issue clinique) dépendent du sous-type de virus responsable de l’infection.

Pour les infections à virus grippal aviaire A(H5N1) chez l’homme, les données actuelles indiquent que la période d’incubation est de 2 à 5 jours en moyenne et peut atteindre 17 jours.1Pour les infections à virus grippal aviaire A(H7N9) chez l’homme, la période d’incubation est comprise entre 1 et 10 jours et est de 5 jours en moyenne.2 Pour ces deux virus, la période d’incubation moyenne est plus longue que pour les virus de la grippe saisonnière (2 jours).2 Pour les infections à virus grippal porcin chez l’homme, on a signalé que la période d’incubation allait de 2 à 7 jours.2

Chez de nombreux patients infectés par des virus grippaux aviaires A(H5) ou A(H7N9), la maladie présente une évolution clinique particulièrement brutale. Les premiers symptômes sont, en général, une forte fièvre (égale ou supérieure à 38°C) et une toux. On peut retrouver aussi des signes et symptômes d’une atteinte des voies respiratoires inférieures, y compris une dyspnée. Les symptômes liés à une atteinte des voies respiratoires supérieures (maux de gorge ou rhinite) sont moins courants.

D’autres symptômes, tels que diarrhée, vomissements, douleurs abdominales, épistaxis (saignements du nez) ou saignement gingival et douleurs thoraciques, ont également été décrits chez certains patients. Les complications sont l’hypoxémie, le syndrome de défaillance multiviscérale et les surinfections bactériennes et fongiques. Chez l’homme, le taux de létalité des infections dues aux virus des sous-types A(H5) et A(H7N9) est beaucoup plus élevé que celui de la grippe saisonnière.

Pour les infections à virus grippal aviaire A(H7N7) et A(H9N2), les manifestations chez l’homme sont généralement bénignes voire infracliniques. Seul un cas humain mortel de grippe A(H7N7) a été notifié aux Pays-Bas.3 La plupart des cas humains de grippe porcine ont été bénins, quelques personnes ont dû être hospitalisées et très peu de décès ont été signalés.2

Traitement antiviral

Les données dont on dispose tendent à prouver que certains antiviraux, en particulier l’oseltamivir, peuvent réduire la durée de réplication du virus et améliorer les chances de survie.1

Pour les cas présumés, un traitement par l’oseltamivir doit être prescrit aussi vite que possible (idéalement dans les 48 heures suivant l’apparition des symptômes) pour maximiser les effets thérapeutiques. Toutefois, compte tenu de la forte mortalité actuellement associée à l’infection par les virus des sous-types A(H5) et A(H7N9) et des données indiquant une réplication prolongée du virus dans ces maladies, l’administration de ce médicament doit aussi être envisagée chez les patients qui consultent à un stade plus tardif de l’évolution de la maladie.

L’administration de corticoïdes n’est pas recommandée. En cas d’infection sévère à A(H5) et A(H7N9), les médecins peuvent envisager d’accroître la dose quotidienne recommandée ou la durée du traitement.

Chez les patients gravement atteints d’infection à A(H5) ou A(H7N9) ou ceux présentant de graves symptômes gastro-intestinaux, l’absorption du médicament peut être entravée. Ce problème doit être envisagé lors de la prise en charge de ces patients. La plupart des virus A(H5) et A(H7N9) récents sont résistants à l’adamantine, un antiviral dont l’administration n’est donc pas recommandée.

Facteurs de risque d’infection

Pour les virus grippaux aviaires, le principal facteur de risque d’infection humaine semble être l’exposition directe ou indirecte à des volailles infectées, vivantes ou mortes, ou à des environnements contaminés tels que les marchés d’oiseaux vivants. Les activités consistant à abattre, à plumer ou à manipuler des carcasses de volailles infectées ou à préparer ces volailles en vue de leur consommation, en particulier dans le cadre familial, sont probablement des facteurs de risque.

Il n’existe aucune donnée permettant de penser que les virus grippaux A(H5) et A(H7N9) ou d’autres virus grippaux aviaires peuvent être transmis aux êtres humains par des volailles ou des œufs, s’ils sont convenablement préparés. Quelques cas humains de grippe A(H5N1) ont été liés à la consommation de plats préparés avec du sang de volaille cru contaminé.

Pour réduire le risque d’infection chez l’homme, il est essentiel de lutter contre la circulation des virus de grippe aviaire dans la volaille. Compte tenu de la persistance des virus A(H5) et A(H7N9) dans certaines populations de volailles, la lutte requiert un engagement à long terme de la part des pays et une bonne coordination entre les autorités responsables de la santé animale et celles responsables de la santé publique.

En ce qui concerne les virus de la grippe porcine, la plupart des cas humains sont dus à la proximité de porcs infectés. Toutefois, la transmission interhumaine est rare.

Potentiel pandémique

Les pandémies de grippe (flambées affectant une forte proportion de la population mondiale en raison d’un virus nouveau) sont des événements imprévisibles mais récurrents qui peuvent avoir des conséquences sanitaires, économiques et sociales à l’échelle mondiale.

Une pandémie de grippe survient lors de la présence simultanée de plusieurs facteurs essentiels: émergence d’un virus grippal aviaire ou d’un autre virus grippal zoonotique capable d’induire une transmission interhumaine durable et immunité très faible ou nulle vis-à-vis de ce virus dans la population. Avec l’essor du commerce mondial et des voyages internationaux, une épidémie localisée peut se transformer rapidement en pandémie, laissant peu de temps pour préparer une riposte de santé publique.

La circulation de certains sous-types de virus aviaires, tels que le A(H5) et le A(H7N9) dans la volaille sont un problème de santé publique car ces virus entraînent en général des manifestations graves chez l’homme et ils ont la capacité de muter et ainsi de se transmettre plus facilement d’une personne à l’autre.

À ce jour, on estime que la transmission interhumaine de ces virus est rare et qu’elle survient en cas de contact très proche et prolongé entre un patient très malade et les personnes qui s’en occupent, par exemple les membre de sa famille, mais qu’il n’y a pas de transmission interhumaine durable. Si ces virus s’adaptent ou acquièrent certains gènes des virus humains, ils pourraient entraîner une pandémie.

On ignore si les virus grippaux aviaires et les autres virus grippaux zoonotiques qui circulent actuellement entraîneront une pandémie à l’avenir. Cependant, compte tenu de la diversité des virus grippaux aviaires et des autres virus grippaux zoonotiques qui ont provoqué des infections chez l’homme, il faut surveiller en permanence les populations animales et humaines, étudier de près chaque cas d’infection chez l’homme et établir une planification sur la base du risque de pandémie.

Action de l’OMS

L’OMS, dans son rôle de chef de file sur les questions de santé publique internationale, surveille très étroitement la grippe aviaire et les autres grippes zoonotiques dans le cadre de son système mondial de surveillance de la grippe et de riposte. En particulier, l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) collaborent afin de suivre et d’évaluer le risque que représentent les virus grippaux aviaires et les autres virus grippaux zoonotiques pour la santé publique.

Sur la base des résultats de l’évaluation des risques, l’OMS met au point et ajuste des interventions appropriées, en collaboration avec ses partenaires, dont les organismes responsables de la santé animale et les autorités vétérinaires nationales chargées de combattre et de prévenir les zoonoses, dont la grippe.

Les derniers résultats des évaluations des risques et les recommandations actualisées concernant les interventions sont communiquées sans tarder aux États Membres afin qu’ils renforcent la préparation et la riposte.


1 Control of Communicable Diseases Manual 20th Edition.
American Public Health Association (2015). APHA Press, Washington DC. ISBN: 978-0-87553-018-5