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Il est essentiel de disposer d’informations de qualité pour planifier et mettre en œuvre les politiques de santé dans les pays. Les données sur les facteurs de risque sont à cet égard particulièrement importantes pour prédire l’impact des maladies et des traumatismes dans le futur. Le Rapport sur la Santé dans le Monde 2002 : Réduire les risques et promouvoir une vie saine, identifie cinq facteurs de risque importants de maladies non transmissibles parmi les dix principaux risques pour la santé. Il s’agit de l’hypertension artérielle, de l’hypercholestérolémie, du tabac, de l’alcool et de la surcharge pondérale. La charge de morbidité qu’ils entraînent est présente dans le monde entier. Dans toutes les régions, même les plus pauvres, l’hypertension, l’hypercholestérolémie et le tabac sont à l’origine de maladies graves et de décès prématurés. Les estimations du Rapport sont classées par région mais elles soulignent le besoin de mieux connaître les niveaux et les tendances dans tous les pays.
Au niveau des pays, les données sont peu abondantes pour la plupart de ces principaux facteurs de risque. Lorsqu’elles existent, elles ne sont pas toujours complètes, ni comparables, notamment lorsqu’elles se basent sur les évaluations sanitaires présentées spontanément ou sur les comportements. Il est donc nécessaire d’adopter une approche plus cohérente pour la collecte et l’analyse des données afin d’en accroître l’utilité, à la fois pour la mise en place des politiques sanitaires nationales et pour les comparaisons entre pays et régions. L’OMS préconise une approche par étape pour l’établissement de systèmes de surveillance des facteurs de risque de maladies non transmissibles dans les pays.
Identification des facteurs de risque
Ils se définissent comme toute particularité, caractéristique ou exposition d’un individu qui augmente pour lui la probabilité de développer une maladie ou de subir un traumatisme. La mesure de ces facteurs constitue une tentative de prédire la répartition des maladies non transmissibles dans une population donnée, ce qui est essentiel pour la prévention et les programmes de lutte.
Le Rapport sur la Santé dans le Monde 2002 a établi les facteurs de risque les plus importants pour prédire la charge de morbidité. Ceux-ci ont des caractéristiques communes : l’effet le plus grand sur la mortalité ou la morbidité imputables à une maladie ou à un type de traumatismes ; la possibilité de les modifier par une prévention primaire efficace ; des protocoles d’évaluation qui ont été validés ; des méthodes de mesure respectant les principes de l’éthique.
En plus de ces données, il est utile de connaître le niveau d’exposition à partir duquel le facteur de risque entraîne la maladie ou le traumatisme et d’avoir des informations sur la répartition du risque dans la population. Des recherches approfondies ont été menées dans un certain nombre de cas, notamment dans les pays développés. Mais il est également important de disposer de données fiables pour les pays en développement, qui doivent faire face à une « double » charge de morbidité avec la persistance des maladies transmissibles et l’augmentation des pathologies chroniques. Les études réalisées ont montré que les facteurs de risque y avaient les mêmes effets sur les résultats sanitaires que dans les pays développés. Comme le souligne le Rapport sur la Santé dans le Monde 2002, quelques facteurs sont à l’origine de la plus grande part de la charge de morbidité imputable aux maladies non transmissibles : le tabac, l’alcool, l’hypertension artérielle, l’hyperlipidémie, la surcharge pondérale, la consommation insuffisante de fruits et légumes, la sédentarité et le diabète. Une approche par étape a été adoptée pour les surveiller.
L’approche par étapes pour la surveillance des facteurs de risque de maladies non transmissibles
Il s’agit d’un processus séquentiel pour collecter des informations comparables et durables sur les facteurs de risque au niveau des pays. En recourant à des questions et à des protocoles standardisés, tous les pays peuvent développer des systèmes de surveillance donnant, dans leur situation bien particulière, des informations de qualité. Celles-ci servent ensuite à planifier et à mettre en œuvre des interventions connues pour influer sur l’évolution des maladies.
Cette approche repose sur le principe que les systèmes de surveillance doivent être simples et s’intéresser à un nombre minimal de facteurs de risque prédictifs de la maladie – avant d’accorder trop d’importance à des registres coûteux, difficiles à faire fonctionner sur le long terme.
Cet outil de surveillance a été mis au point pour aider les pays à revenu faible et moyen à se lancer dans l’opération. Il repose sur la collecte de données standardisées dans des échantillons représentatifs de populations de taille bien précise afin de pouvoir faire des comparaisons dans le temps et entre divers endroits. La première étape consiste à recueillir des informations dans la population générale à l’aide d’un questionnaire : caractéristiques socio-démographiques, consommation de tabac, d’alcool, de fruits et légumes, sédentarité. La deuxième étape passe à des données objectives avec l’évaluation de certains paramètres de l’organisme : taille, poids, tour de taille (pour l’obésité), tension artérielle. L’étape suivante approfondit l’étude physiologique en incluant des prélèvements sanguins pour doser la lipidémie et la glycémie.
En procédant de cette manière, l’évaluation des facteurs de risque de maladies non transmissible devient suffisamment souple pour s’adapter aux diverses situations nationales. Dans certains milieux aux ressources limitées, il pourra arriver que l’étude ne puisse dépasser le stade des questionnaires (étape 1). En revanche, lorsque les ressources sont plus abondantes ou lorsqu’il existe des besoins spécifiques en matière de surveillance (forte prévalence du diabète de type II par exemple), les évaluations physiologiques des étapes 2 et 3 donneront parfois l’impulsion nécessaire pour modifier les programmes de santé. Les pays ont la possibilité d’inclure les questions supplémentaires qu’ils jugent utiles et de déterminer ce qu’ils peuvent accomplir dans le cadre d’un système de surveillance permanente.
Cette approche est en cours de planification ou de mise en œuvre dans 33 pays des régions OMS de l’Asie du Sud-Est, du Pacifique occidental, de l’Afrique et de la Méditerranée orientale. Le Siège de l’Organisation apporte un soutien technique pour garantir le contrôle de la qualité et améliorer la comparabilité des informations recueillies. De nouveaux pays s’ajouteront à ce programme en consultation avec les bureaux de l’OMS dans les pays et les régions. Une quarantaine de pays devraient se trouver à une phase ou une autre de la mise en œuvre de cette approche d’ici la fin de l’année.
Pour plus d'informations:
Dr Ruth Bonita
Téléphone: (+41 22) 791 2428
Email: bonitar@who.int
Dr Tim Armstrong
Téléphone: (+41 22) 791 1274
Email: armstrongt@who.int
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