Santé de la mère, du nouveau-né, de l'enfant et de l’adolescent

Prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (PCIME)

Généralités

Chaque année, des millions de parents consultent pour leurs enfants des pharmaciens, des médecins, des tradipraticiens et les emmènent dans les hôpitaux et les centres de santé. Pourtant très souvent, selon les enquêtes, les enfants ne sont ni examinés, ni soignés correctement et les parents ne sont pas bien conseillés. Dans les établissements de premier niveau des pays à faible revenu, les services de radiologie ou de laboratoire pour aider au diagnostic sont rudimentaires, voire inexistants, tandis que les médicaments et le matériel sont souvent rares. Ces fournitures et ce matériel limité, associé à l’afflux irrégulier des patients, ne laissent aux médecins de ce niveau de soin que peu de possibilités pour faire des procédures cliniques complètes. À la place, ils s'en remettent aux antécédents, aux signes et aux symptômes pour déterminer la prise en charge qui tirera le meilleur parti des ressources disponibles.

Dans ces conditions, il est particulièrement difficile de d'apporter des soins de qualité aux enfants. L’OMS et l’UNICEF ont voulu surmonter ce défi en mettant au point une stratégie, appelée prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (PCIME)

Qu’est-ce que la PCIME ?

C’est une approche intégrée de la santé qui est axée sur le bien-être de l’enfant dans sa globalité. Elle vise à réduire la mortalité, la morbidité et les incapacités et à améliorer la croissance et le développement des enfants de moins de cinq ans. Elle comporte à la fois des éléments préventifs et curatifs à mettre en œuvre autant par les familles et les communautés que par les établissements de santé.

Cette stratégie comporte trois composantes principales:

  • amélioration des compétences du personnel soignant pour la prise en charge des cas;
  • amélioration globale des systèmes de santé;
  • amélioration des pratiques familiales et communautaires en matière de santé.

Dans les établissements de santé, la stratégie de la PCIME favorise l’identification précise des maladies de l’enfant en consultation externe, garantit un traitement adapté et combiné pour toutes les principales maladies, renforce les conseils destinés à ceux qui s’occupent des enfants et accélère le processus de recours pour les enfants gravement malades. À domicile, elle développe les comportements de recherche des soins et améliore la nutrition et les soins préventifs, de même que l’exécution correcte des soins prescrits.

Pourquoi la PCIME fonctionne-t-elle mieux qu’une approche maladie par maladie?

Dans les pays en développement, les enfants amenés en consultation souffrent souvent de plusieurs problèmes de santé concomitants, ce qui rend le diagnostic séparé impossible. Stratégie intégrée, la PCIME prend en compte divers facteurs qui exposent l’enfant à un risque grave. Elle garantit le traitement associé contre les principales maladies de l’enfant et met l’accent sur la prévention par la vaccination et l’amélioration de la nutrition.

Comment la PCIME est-elle mise en œuvre?

L’introduction et la mise en œuvre de la PCIME dans un pays est un processus graduel, par phases, qui suppose beaucoup de coordination entre les programmes et les services de santé existants. Cela implique de travailler en étroite collaboration avec les autorités locales et les ministères de la santé pour planifier et adapter les principes de la stratégie aux réalités locales. Les principales étapes sont les suivantes:

  • Adopter dans la politique sanitaire nationale une approche intégrée pour la santé et le développement de l’enfant.
  • Adapter les principes cliniques standards de la PCIME aux besoins du pays, aux médicaments disponibles et à sa politique, ainsi qu’aux denrées alimentaires locales et au langage utilisé par la population.
  • Moderniser les soins dans les dispensaires locaux en formant les soignants aux nouvelles méthodes pour examiner et traiter les enfants, ainsi que pour conseiller efficacement les parents.
  • Donner la possibilité de pratiquer les soins modernisés en veillant à mettre à disposition et en quantité suffisante les bons médicaments et du matériel simple et peu coûteux.
  • Renforcer les soins hospitaliers pour les enfants trop malades pour pouvoir être traités en ambulatoire.
  • Élaborer les dispositifs de soutien dans les communautés pour la prévention des maladies, pour aider les familles à soigner leurs enfants malades et pour amener les enfants dans les dispensaires ou les hôpitaux lorsque c’est nécessaire.

Plus de 75 pays ont déjà introduit la PCIME.

Qu’a-t-on fait pour évaluer la PCIME?

Le département CAH a entrepris une étude multi-pays pour évaluer l’impact, le coût et l’efficacité de cette stratégie. Les résultats de cette évaluation plaident pour la planification et la mise en œuvre d’interventions sur la santé de l’enfant par les ministères de la santé des pays en développement et par les partenaires nationaux et internationaux du développement. À ce jour, cette évaluation a eu lieu au Brésil, au Bangladesh, en Ouganda, au Pérou et en République-Unie de Tanzanie.

Selon les résultats obtenus:

  • La PCIME améliore les performances des agents de santé et la qualité des soins prodigués;
  • Si elle est bien appliquée, elle peut réduire la mortalité des moins de cinq ans et améliorer leur état nutritionnel;
  • L’investissement est rentable, la prise en charge correcte d’un enfant revenant six fois moins cher que les soins actuellement donnés;
  • Les programmes pour la survie de l’enfant imposent de faire davantage attention aux activités améliorant les comportements des familles et des communautés;
  • Pour être mises en œuvre, les interventions pour la survie de l’enfant doivent être complétées par des activités renforçant le soutien porté à cette stratégie;
  • Il est impossible d’obtenir une baisse significative de la mortalité des moins de cinq ans sans une couverture à grande échelle des interventions préconisées.
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