Paludisme

Le paludisme chez les femmes enceintes

Dernière mise à jour: 6 mai 2017

L'infection palustre pendant la grossesse représente un problème de santé publique majeur, comportant des risques substantiels pour la mère, le fœtus puis le nouveau-né. Une pathologie associée au paludisme chez la mère et un faible poids de naissance du nouveau-né sont les principales conséquences d'une infection à Plasmodium falciparum. Cette situation est surtout observée en Afrique.

Les symptômes et les complications liés au paludisme pendant la grossesse varient en fonction de l'intensité de la transmission paludique dans une zone géographique donnée, ainsi que du niveau individuel d'immunité acquise.

Zones de forte transmission

Dans les zones de forte transmission, où les niveaux d'immunité acquise ont tendance à être élevés, l'infection par P. falciparum est habituellement asymptomatique pendant la grossesse. Toutefois, les plasmodies peuvent être présentes dans le placenta et contribuer à une anémie maternelle même en l'absence d'une parasitémie périphérique avérée.

Une anémie maternelle, comme une parasitémie placentaire, peut être responsable d'un faible poids de naissance, un facteur important dans la mortalité infantile. Dans les zones de forte transmission, les effets indésirables d'une infection par P. falciparum pendant la grossesse sont plus prononcés chez les femmes enceintes pour la première fois.

Zones de faible transmission

Dans des environnements de faible transmission, où les femmes en âge de procréer ont une immunité acquise relativement faible contre le paludisme, une infection palustre pendant la grossesse est associée à une anémie, un risque accru de paludisme sévère, et peut provoquer un avortement spontané, une mortinaissance, une prématurité et un faible poids de naissance. Dans ces circonstances, toutes les femmes enceintes, indépendamment du nombre de leurs grossesses, sont hautement vulnérables face au paludisme.

Infections par P. vivax

Une infection par P. vivax, comme par P. falciparum, provoque une anémie chronique et une infection palustre du placenta, réduisant le poids de naissance et augmentant le risque de décès néonatal. Pour les femmes enceintes pour la première fois, la réduction du poids de naissance est d'environ deux tiers de celle observée avec P. falciparum, mais avec P. vivax l'effet semble augmenter avec les grossesses suivantes.

L'OMS recommande l'ensemble des interventions suivantes pour la prévention et le traitement du paludisme pendant la grossesse:

  • L'utilisation des moustiquaires imprégnées d'insecticide de longue durée (MID);
  • Dans les zones d’Afrique sub-saharienne où la transmission du paludisme est stable, un traitement préventif intermittent (TPI) pour les femmes enceintes par la sulfadoxine-pyriméthamine (SP);
  • Un diagnostic rapide et un traitement efficace des infections palustres.

Traitement préventif intermittent pour les femmes enceintes

Les TPI pour les femmes enceintes par la sulfadoxine-pyriméthamine réduisent les épisodes de paludisme chez la mère, ainsi que les risques d'anémie maternelle, de parasitémie placentaire, de faible poids de naissance et de mortalité néonatale. En outre, toutes les femmes enceintes devraient recevoir une supplémentation en fer et en acide folique dans le cadre des soins anténatals systématiques.

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