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Il y a encore de nombreux pays qui n'appliquent pas les politiques recommandées par l'OMS Points clé : |
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Sommaire des graphiques : Initiative : Des interventions groupées Faute d'une politique efficace en matière de santé publique, l'argent consacré à la lutte contre les maladies infectieuses risque d'être dépensé en pure perte. Au fil des ans, l'OMS et ses partenaires techniques ont repensé des stratégies à faible coût basées sur les considérations suivantes : meilleures pratiques cliniques des Etats Membres , efficacité opérationnelle, percées dans le domaine scientifique, bon rapport coût-efficacité et par dessus tout, fonctionnement optimal. Si elles sont appliquées efficacement, ces stratégies peuvent sauver des millions de vies. Le problème c'est que nombre de pays ne les appliquent pas encore- ou ne les diffusent pas assez largement pour que qu'on puisse voir la différence. Par exemple, la Prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (PCIME), une stratégie capable de sauver chaque année des millions d'enfants, n'a été adoptée jusqu'ici que par 57 pays et pour l'instant, il n'y en a aucun qui l'ait véritablement mise en oeuvre sur l'ensemble de son territoire. L'extension de la PCIME et d'autres stratégies efficaces est souvent ralentie par les faiblesses des systèmes de santé nationaux, par exemple la pénurie de fournitures médicales ou la difficulté à retenir des personnels médicaux qualifiés mais absolument surchargés. La stratégie DOTS pour la lutte antituberculeuse est extrêmement rentable. Elle permet de dépister et de guérir 95 % des cas de tuberculose-même dans les pays les plus pauvres- et elle empêche la propagation des formes de la maladie qui sont rebelles aux médicaments. Et pourtant, on ne l'applique pas encore. En 1996, seulement 15 % des tuberculeux pouvaient en bénéficier. Jusqu'ici, la moitié seulement des Etats Membres de l'OMS ont adopté la stratégie DOTS et encore, il n'y a qu'un pays sur trois qui l'ait mise en oeuvre sur l'ensemble de son territoire. En Europe de l'est- où la tuberculose sévit plus que partout ailleurs en Europe- les systèmes de santé s'accrochent encore à des mesures dépassées comme le contrôle médical annuel de tous les enfants, la revaccination et le traitement en milieu hospitalier. De nombreux projets pilotes de mise en oeuvre du DOTS ont bien été mis en route dans cette région mais on ne s'est pas préoccupé de leur extension par manque de volonté politique, insuffisance de ressources financières et discontinuité dans l'approvisionnement en antituberculeux. Le paludisme représente un risque particulier pour la femme enceinte. En effet, le risque de décès est plus élevé pour elle - pendant la grossesse ou même ultérieurement- à cause de l'anémie chronique que provoque la maladie. Nombreuses sont les femmes qui font une fausse couche ou donnent naissance à des prématurés ou à des enfants de faible poids. Il peut même arriver que des enfants naissent avec un paludisme qu'ils ont contracté dans le sein de leur mère. Pour éviter cela, l'OMS recommande que toutes les femmes enceintes vivant dans des zones à haut risque de paludisme bénéficient d'une prophylaxie antipalustre. Et pourtant, moins d'une femme sur cinq en profite de façon efficace aujourd'hui. L'insuffisance des ressources financières et des prestations de services qui laissent à désirer en sont souvent responsables. Dans certains pays, les efforts de prévention sont mis en échec par l'incapacité de mettre en oeuvre les quelques mesures indispensables pour changer les choses. Dans d'autres, les campagnes de prévention de la contamination par le VIH ne sont pas orientées vers les jeunes- qui constituent pourtant l'un des principaux groupes à risque. Il arrive aussi que l'on ne puisse dispenser des cours d'éducation sexuelle à l'école et souvent, les filles ne profitent pas des programmes d'éducation sanitaire en milieu scolaire parce qu'elles ne vont pas jusqu'au bout du cycle secondaire. Et pour ne rien arranger, peu de pays disposent de services de santé destinés aux adolescents qui soient à la fois accessibles et garantissent la confidentialité. En Zambie, l'un des pays les plus touchés, les jeunes de moins de 18 ans ne peuvent pas obtenir un test VIH sans l'accord de leurs parents, alors que près d'une adolescente sur deux a eu des rapports sexuels avant 16 ans et que de nombreux adolescents sont porteurs du virus. En 1998, près de la moitié des nouvelles infections à VIH recensées dans le monde concernaient la tranche d'âge 15-24 ans. Par le canal de l'OMS ou de l'UNICEF il est possible se procurer des vaccins bon marché qui pourraient éviter qu'environ trois millions d'enfants ne meurent chaque année et faire baisser d'au moins 750 000 le nombre de ceux qui grandiront avec un handicap physique ou mental. Il n'empêche qu'en Afrique, à peine la moitié des enfants sont vaccinés avant leur premier anniversaire. Moins de 50 % des femmes enceintes sont vaccinées contre le tétanos qui tue chaque année environ 300 000 nouveau-nés et quelque 40 000 mères de famille dans les pays en développement. Le vaccin contre l'hépatite B - dont l'OMS recommande l'introduction dans tous les programmes de vaccination infantile- est désormais adopté par plus d'une centaine de pays. Cependant les pays de l'Afrique subsaharienne, du sous-continent indien, de l'Europe orientale et centrale ou encore ceux que l'on désigne sous le nom d'Etats nouvellement indépendants, sont pour l'instant incapables de financer ce vaccin, même au prix préférentiel de 0,50 à 1 USD la dose qui est accordé aux pays en développement. On estime qu'il y a dans le monde environ 350 millions de porteurs du virus de l'hépatite B, qui sont capables de transmettre la maladie des années avant de faire une cirrhose ou un cancer du foie. L'hépatite B fait environ 92 000 victimes chaque année - mais sous sa forme chronique, elle contribue à 700 000 décès supplémentaires consécutifs à une cirrhose ou à un cancer du foie. Dans de nombreuses régions d'Afrique, d'Asie et du Pacifique, le cancer primitif du foie est l'une des principales causes de décès. Les deux-tiers de la population mondiale vivent dans des régions où l'hépatite B est très répandue. De même, un vaccin peu coûteux contre la fièvre jaune (que l'on appelle aussi vaccin antiamarile) est commercialisé depuis 1937 mais aujourd'hui encore, il reste impossible à obtenir dans certains des pays les plus exposés au risque- qui comptent parmi eux les plus pauvres du monde. L'OMS recommande d'administrer systématiquement ce vaccin aux nourrissons des zones à fièvre jaune d'Afrique et d'Amérique du sud ainsi qu'aux personnes qui se rendent dans ces pays. La fièvre jaune est une fièvre hémorragique dont le taux de létalité est très élevé. Depuis la fin des années 80, elle a fait une réapparition spectaculaire en Afrique et dans les Amériques. Une étude coût-efficacité, effectuée en 1993 sur la base de données en provenance du Nigeria, a montré que pour réduire la morbidité et la mortalité amariles, la vaccination systématique contre la fièvre jaune serait sept fois plus efficace qu'une vaccination de masse entreprise d'urgence en pleine épidémie. Et pourtant, sur 45 pays où existe un risque de fièvre jaune, moins d'un tiers ont inscrit la vaccination antiamarile à leur programme de vaccination systématique. |
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© Organisation mondiale de la Santé 1999 |
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