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le monde est
pret a faire reculer l’epidemie de sida
Déclaration de la Journée mondiale du SIDA (1
décembre 2001)
Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de
l'Organisation mondiale de la Santé
Nous avons annoncé une
fois de plus une augmentation du nombre des personnes vivant avec le
VIH. Le nombre d’enfants dans ce cas est en particulier beaucoup
plus élevé que ce que nous avions cru. Si ce sont là de très
mauvaises nouvelles, il y en a aussi de bonnes : le monde est
prêt désormais à faire reculer l’épidémie, en tirant les
leçons de ceux qui ont ouvert la voie, en mettant en œuvre à grande
échelle les meilleures pratiques et en combattant systématiquement
le SIDA. La lutte sera longue.
La propagation du VIH/SIDA a été générale et
profonde ; nous avons mis du temps à le comprendre pleinement et
à en appréhender les conséquences. Il a aussi fallu du temps pour
parvenir à l’unification nécessaire des objectifs de la riposte.
Nous n’avons pas eu non plus tous les moyens permettant d’affronter
l’épidémie à un prix abordable et nous n’avons pas assez d’argent
pour faire tout ce qui est requis.
Cette année, nous avons commencé à voir un réel
changement.
Les premiers ministres, les ministres des finances,
de la planification et de la santé concentrent désormais leur
attention sur les effets dévastateurs du VIH et du SIDA. Ils savent
que leurs populations sont concernées. La loi du silence est rompue.
La société civile, et notamment les personnes vivant avec le VIH,
ont contribué à améliorer les connaissances et à faire comprendre
la nécessité morale d’agir. Les tabous commencent à disparaître.
Tous les gouvernements s’attaquent à l’épidémie avec un esprit
plus ouvert. Les dernières informations fournissent des preuves
scientifiques solides des avantages qu’il y a à investir dans la
santé des plus démunis et à faire des efforts pour enrayer la
propagation du VIH/SIDA.
Il existe désormais une volonté politique d’agir
forte et généralisée. A Abuja, à Gènes et à la session
extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies cette
année à New York, les dirigeants du monde se sont solennellement
engagés à mettre fin à l’épidémie, en fixant des cibles pour
enrayer la propagation et remplacer le désespoir par l’espoir. Ils
se sont résolus à agir de concert et dans leur propre pays.
Diminution du prix des médicaments contre le
SIDA. Les prix des médicaments indispensables pour ceux qui
vivent avec le VIH, comme les antirétroviraux, ont beaucoup diminué.
La possibilité pour les pays en développement de bénéficier de la
flexibilité des accords actuels sur la propriété intellectuelle a
été réaffirmée, comme le mois dernier lors de la Conférence
ministérielle de l’Organisation mondiale du Commerce, à Doha.
Des systèmes assurant des services de santé
essentiels pour les personnes exposées au risque du VIH sont à l’étude.
La prestation des soins à ceux qui ont peu de ressources est à l’étude,
et même à l’essai dans certains cas : accès généralisé à
des diagnostics fiables, systèmes proposant des soins efficaces,
schémas thérapeutiques adaptés. Les personnels de santé suivent
des formations sur la prise en charge des personnes exposées au
risque de contracter l’infection à VIH et le SIDA.
De nouveaux financements commencent à apparaître
: Des promesses de dons d’un montant total de US $1,5 milliard
ont déjà été faites au Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la
tuberculose et le paludisme, avant même qu’il ne soit
véritablement en place. Le travail d’élaboration de ce nouveau
dispositif de financement rapide et orienté sur les résultats, est
déjà bien avancé et je suis sûre qu’il commencera à fonctionner
au moment prévu, c’est-à-dire au début de l’année prochaine.
Ce mécanisme novateur est conçu pour instaurer une synergie totale
entre les secteurs public, privé et les organisations non
gouvernementales. Je m’attends à une forte augmentation des
ressources canalisées par le Fonds vers les pays touchés, à mesure
que ceux-ci commenceront à en bénéficier et que les résultats
apparaîtront.
Les dirigeants du monde se sont engagés à lutter
contre le VIH/SIDA, ainsi que d’autres maladies qui conduisent à l’impuissance
et à la pauvreté. Cela implique d’augmenter considérablement la
proportion de ceux qui pourront accéder aux soins du VIH et du SIDA
et d’agir bien plus efficacement dans la prévention des nouvelles
infections.
L’an prochain pourrait marquer un tournant dans
la lutte contre cette pandémie. Nous avons les moyens et la volonté
politique d’obtenir des résultats. Nous avons vu que des
communautés et même des pays peuvent faire reculer le SIDA. L’enjeu
consiste désormais à donner à ces succès un retentissement mondial.
Ensemble, nous pouvons gagner cette bataille cruciale pour l’avenir
de l’humanité.
Pour de plus amples informations, les journalistes
peuvent s’adresser à M. Gregory Hartl, Porte-parole de l’OMS à
Genève, tél. : (+41 22) 791 4458 ; télécopie (+41 22)
791 4858 ; adresse électronique : hartlg@who.int.
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