Note à la presse

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white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Note pour la presse WHA54/6
18 mai 2001
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LA VIOLENCE : UN ENORME PROBLEME DE SANTE PUBLIQUE QUI PEUT ETRE EVITE

La violence – qu’elle soit auto-infligée, dirigée contre autrui ou collective – constitue un problème de santé publique de dimension énorme. Mais la violence peut en grande partie être évitée, c’est ce qu’ont appris les participants à une réunion d’information technique suivie d’un débat lors de la Cinquante-Quatrième Assemblée mondiale de la Santé.

En 1999, les suicides et les homicides ont fait presque 1,7 millions de victimes, selon le Rapport mondial de la santé, 2000. Une grande partie des décès dus à la violence concernent des hommes jeunes. On estime que chaque année dans le monde, pas moins de 40 millions d’enfants pourraient être victimes d’abus. A peu près un tiers des femmes subissent des actes de violence à un moment ou un autre de leur vie, estime un rapport publié en 1999 par la Johns Hopkins School of Public Health.

« Les différences régionales dans les taux d’homicide et de décès par armes à feu donnent toutefois à penser qu’une grande partie de la violence pourrait être évitée », a déclaré le Dr Etienne Krug, Directeur du Département pour la Prévention de la violence et des traumatismes à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Les taux d’homicide pour le Japon, les Etats-Unis et le Brésil sont, respectivement, de 0,6, 7 et 25 pour 100 000 habitants. Les taux de décès par armes à feu en Asie sont presque 100 fois inférieurs à ce qu’ils sont aux Amériques. « Nous devons étudier de façon plus approfondie ces différences interculturelles. Nous pourrions ainsi améliorer la prévention et l’action », a ajouté le Dr Krug.

La violence constitue un problème complexe à facettes multiples. Aucun facteur n’explique à lui seul pourquoi certains individus sont violents à l’égard des autres ou bien pourquoi la violence est plus présente dans certaines communautés que dans d’autres.

Plusieurs facteurs prédictifs interviennent à différents niveaux. Au niveau individuel, par exemple, l’impulsivité et l’abus d’alcool sont des facteurs de risque pour tous les types de violence. En ce qui concerne la famille, l’absence de capacités parentales est un facteur de risque de maltraitance. Au niveau communautaire, l’isolement des femmes et les influences négatives du groupe peuvent être des facteurs de risque. Les inégalités entre les sexes, les inégalités entre riches et pauvres, un accès facile aux armes à feu et l’acceptabilité sociale de la violence peuvent constituer un terrain fertile pour celle-ci dans l’ensemble de la société. Pour prévenir la violence, il faut intervenir à chacun de ces niveaux.

Une étude de cas effectuée au Brésil, présentée lors de la réunion d’information technique sur la violence et la santé qui s'est tenue le 17 mai, montre que les homicides sont un phénomène essentiellement urbain. A São Paulo, ils surviennent surtout dans les quartiers les plus pauvres et concernent en particulier les hommes jeunes (de 16 à 24 ans), pour lesquels les homicides sont la principale cause de décès. Au cours des dernières décennies, le nombre d’homicides a doublé tous les dix ans à São Paulo. Le problème s’aggrave dans les quartiers touchés et s’étend dans les quartiers avoisinants de la ville.

« On a là un cercle vicieux en ce qui concerne l’éducation. Lorsque la violence surgit à l’école ou aux environs de l’école, la qualité de l’éducation en souffre. Mais l’éducation est indispensable pour endiguer la violence », a déclaré le Dr Nancy Cardia, Directeur de recherche au Centre d’étude de la violence de l’Université de São Paulo.

En outre, la violence impose un surcroît de travail aux services de santé, et notamment aux agents de santé, dans les régions pauvres. Les soins aux victimes de la violence exigent en effet des ressources humaines et financières importantes.

Selon le Dr Krug, les conséquences de la violence sur la santé sont multiples. Mis à part les traumatismes, les victimes de violence peuvent souffrir de: dépression, comportement suicidaire, troubles de l’alimentation, tabagisme et usage d’alcool ou de drogues. Les victimes de violences sexuelles risquent d’autre part de contracter une maladie sexuellement transmissible ou de se retrouver enceintes. Les populations exposées à la violence politique ou à un conflit souffrent bien souvent de malnutrition ou de maladies infectieuses.

A cause de l’ampleur même du problème de la violence et de ses graves conséquences, l’OMS se propose de faire paraître au printemps 2002 le premier Rapport mondial sur la violence et la santé. Il s’agit notamment de sensibiliser au problème mondial de santé que constitue la violence et de renforcer les actions de prévention menées par la communauté de la santé publique.


Pour plus d'informations, les journalistes peuvent prendre contact avec Melinda Henry, Bureau du porte-parole, OMS, Genève. Tél. (+41 22) 917 6894 (jusqu'au 22 mai) et (+41 22) 791 2535 (à partir du 23 mai); télécopie: (+41 22) 791 4858; adresse électronique : henrym@who.int Tous les communiqués de presse, aide-mémoire OMS et d'autres informations sur le sujet peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil de l'OMS : http://www.who.int

 

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