Communiqué de presse 2001

Information Office

white_10x1p.jpg (1617 bytes) In englishEn français Communiqué OMS/51
26 novembre 2001
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le succes de la reconstruction en Afghanistan se mesurera au nombre de vies sauvees et a l’amelioration des conditions d’existence

L’OMS Appelle à un Soutien généreux en faveur de la Santé

La reconstruction du secteur de la santé en Afghanistan doit s’appuyer sur un engagement international vigoureux pour sauver des vies et améliorer les conditions d’existence dans ce pays, a affirmé aujourd’hui l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). En cette période cruciale, l’Organisation appelle à investir généreusement dans ce secteur et à faire ainsi un geste déterminant pour la stabilité et le développement socio-économique de l’Afghanistan dans le futur.

« Que ce soit en situation d’urgence ou dans la phase de reconstruction après la guerre, le plus important est de sauver des vies et d’améliorer les conditions d’existence en Afghanistan. C’est notre objectif numéro un », a déclaré le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’OMS.

« Les besoins sanitaires du peuple afghan apparaîtront clairement dans leur totalité après la fin des combats. Tout indique qu’ils se sont accumulés en proportion énorme après tant d’années de crise humanitaire et qu’ils nécessiteront de gros efforts. La communauté internationale doit saisir cette occasion unique de renverser la tendance en Afghanistan », a-t-elle ajouté.

Du 27 au 29 novembre, le Dr Mohamed Jama, Coordonnateur régional de l’OMS pour la crise en Afghanistan, présidera le groupe de travail du secteur de la santé, qui fait partie de la réunion de préparation d’un plan de reconstruction pour l’Afghanistan. Cette réunion, organisée conjointement par les Nations Unies, la Banque mondiale et la Banque asiatique de Développement, se tiendra à Islamabad.

Les spécialistes de l’OMS travaillant sur la crise afghane ont indiqué que, afin de sauver des vies et d’améliorer les conditions d’existence, l’action dans le secteur de la santé devait porter avant tout sur les cinq domaines suivants :

1. Santé génésique : en Afghanistan, une femme meurt toutes les 30 minutes de complications liées à la grossesse. Il faut établir un système de soins obstétriques d’urgence. Par ailleurs, les femmes médecins, les infirmières, les sages-femmes manquent cruellement et les agents de santé en poste devraient recevoir une formation complémentaire sur la maternité sans risque.

2. Santé de l’enfant : un enfant afghan sur quatre meurt avant son cinquième anniversaire. On estime que la malnutrition aiguë touche 10 % et la malnutrition chronique 50 % des enfants de ce pays, ce qui les rend d’autant plus vulnérables à la maladie. Il faut étendre et renforcer la vaccination systématique, sans oublier d’entreprendre des campagnes nationales de rattrapage. Des mesures globales de lutte et de prévention, notamment l’accès à une eau de boisson saine ou l’amélioration de l’assainissement, sont également nécessaires pour combattre d’autres fléaux de l’enfance, comme les infections respiratoires aiguës ou les affections diarrhéiques. Il faut aussi former les agents de santé à la prise en charge intégrée des maladies de l'enfant.

3. Lutte contre les maladies transmissibles : selon les estimations, il y a chaque année 72 000 nouveaux cas de tuberculose en Afghanistan. La guérison des patients passe par le traitement appelé « DOTS » qui doit être suivi néanmoins pendant plusieurs mois. Il faut donc mettre en place les systèmes garantissant la disponibilité des médicaments, la surveillance des traitements et les soins des malades. Des flambées épidémiques mortelles de paludisme, de choléra, de rougeole, de typhoïde, de méningite et de fièvres hémorragiques surviennent dans diverses régions de l’Afghanistan. Il faut mettre en place des systèmes d’alerte et de riposte précoces et les intégrer dans l’ensemble du pays. Les systèmes d’informations pour la gestion de la santé en sont à leurs premiers balbutiements et leur développement nécessitera les technologies de l’information, des actions de formation, une rationalisation et une logistique stable.

4. Santé mentale : on estime que plus de deux millions d’Afghans souffrent de pathologies mentales. Toujours d’après les estimations, après 22 années de guerre ininterrompue, la plupart des Afghans présenteraient des troubles plus ou moins importants liés au stress. Depuis des années, personne ne s’est occupé en Afghanistan des pathologies courantes que l’on retrouve dans toutes les populations et il faut donc rétablir d’urgence les services de santé mentale.

5. Traumatismes : qu’ils aient été infligés par la guerre ou qu’ils aient une autre cause, ils doivent être pris en charge immédiatement et sur le long terme, de façon à réinsérer les handicapés dans la société et leur permettre de mener des vies productives.

Il est impératif de restaurer de fond en comble les infrastructures de santé de façon à assurer la prestation des services essentiels. Il faut des médicaments, des vaccins, du matériel, des fournitures médicales et même du carburant, pour que les agents de santé puissent délivrer les services que l’on attend d’eux.

Des postes de santé doivent être créés dans les régions qui ont été de tout temps mal desservies et il faudra renforcer les équipes périphériques pour aller jusqu’aux lieux les plus isolés de l’Afghanistan. Il y a une pénurie critique d’agents de santé à tous les niveaux et il sera impératif de former davantage de médecins, dans toutes les spécialités, d’infirmières, de sages-femmes, de techniciens de laboratoire et de radiologie, de pharmaciens, de dentistes et de physiothérapeutes.

Pour avoir des services de santé efficaces, susceptibles de sauver des vies et d’améliorer les conditions d’existence, il est essentiel de s’intéresser en priorité aux soins de santé primaires et de les mettre à la disposition de toute la population. Il faut renforcer et étendre les initiatives à assise communautaire pour lutter contre la pauvreté, tout en dotant l’Afghanistan des moyens institutionnels nécessaires à son redressement.

L’OMS compte sur place près de 200 membres de son personnel local et international, chargés du fonctionnement de programmes couvrant l’ensemble du spectre des activités de santé publique, de la vaccination à l’enseignement supérieur en santé. Nombre de ces employés ont poursuivi leur action pendant la crise : coordination de journées nationales de vaccination contre la poliomyélite, entretien des sites sentinelles de surveillance, distribution des médicaments essentiels et formation des agents de santé aux premiers secours.

« Plus que jamais nous avons besoin d’une aide financière et technique importante, a déclaré le Dr Hussein A. Gezairy, Directeur régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale. J’espère vraiment que la communauté internationale se mobilisera pour cette population très vulnérable, qui continue de souffrir énormément, et lui éviter une catastrophe sanitaire. »

« En dehors du soulagement des souffrances, la reconstruction du secteur sanitaire est fondamentale pour la stabilité et le développement socio-économique de l’Afghanistan dans le futur, a souligné le Dr Brundtland. Investir dans la santé et dans les autres services sociaux, c’est investir dans la paix et dans la prospérité. »


Pour de plus amples informations, veuillez prendre contact avec Melinda Henry, Bureau du Porte-parole de l’OMS à Genève ; tél. : (+41 22) 791 2535 ; télécopie : (+41 22) 791 4858 ; adresse électronique : henrym@who.int. Tous les communiqués de presse, aide-mémoire, articles de fond OMS, ainsi que d’autres informations sur le sujet sont accessibles sur Internet, à partir de la page d’accueil de l’OMS : http://www.who.int.

 

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