| Communiqué
OMS/47 1 novembre 2001 |
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les Etats membres doivent prendre des mesures contre la publicite en faveur du tabac Il n’y a pas d’autoréglementation efficace dans l’industrie du tabac L'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le premier organisme mondial travaillant dans la santé publique, appelle les législateurs du monde entier à prendre des mesures face à la publicité pour le tabac et les produits dérivés afin de protéger la santé des jeunes et des moins jeunes, des fumeurs et des non-fumeurs. Cet appel précède les pourparlers des 191 pays qui auront lieu à Genève à la fin du mois lors de la réunion visant à négocier une réglementation mondiale de la lutte antitabac. « Il y a trois ans, lorsque nous avons entrepris le processus de négociation de la convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT), j’ai déclaré que le tabagisme était une maladie transmissible, par la publicité, la promotion et les parrainages », a rappelé le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’OMS. Le Dr Brundtland exhorte les pays à rester vigilants et attentifs. Sa mise en garde intervient alors que l’industrie du tabac s’est lancée, à l’échelle mondiale, dans une action massive de relations publiques pour inciter les gouvernements à ne pas négocier de solides accords contre la promotion et la publicité en faveur du tabac. British American Tobacco (BAT) a récemment lancé une nouvelle campagne mondiale de relations publiques intitulées « Normes internationales pour le marketing des produits du tabac ». Avec ses concurrents Philip Morris et Japan Tobacco, elle a décidé de prendre volontairement des mesures pour éviter les activités de marketing s’adressant directement aux non-fumeurs, notamment les jeunes. Elles appellent les gouvernements, les organismes des Nations Unies et la Banque mondiale à accorder crédit à une « nouvelle initiative » qui n’est ni nouvelle, ni efficace. « Nous savons ce qui marche et ce qui ne marche pas. Les codes faisant appel à l’autoréglementation ont donné la preuve de leur échec. Une étude de la Banque mondiale et de l’OMS, a établi en revanche que des interventions comme l’interdiction globale de la publicité ou l’augmentation des prix ont un effet mesurable et soutenu sur la consommation de tabac », explique Joy de Bayer, Coordonnateur de la lutte antitabac à la Banque mondiale. Ce sont les Etats-Unis, le Canada et le Royaume-Uni qui ont adopté en premier le principe des codes d’autoréglementation pour la publicité. L’OMS affirme qu’aucun pays n’a réussi à mettre au point des réglementations qui éliminent l’exposition des enfants à la publicité pour le tabac tout en permettant celle qui s’adresse aux fumeurs adultes. L’industrie du tabac le sait bien, de même que ceux qui investissent dans les actions de ce secteur. Analysant la proposition récente, un document de recherche du Crédit Suisse First Boston Equity affirmait : « … en prenant l’initiative de fixer de nouvelles normes internationales, les multinationales pourraient essayer de contrer un certain nombre de propositions sur lesquelles l’OMS a travaillé pour faire baisser le nombre de cigarettes consommées au niveau international. » L’étude ajoute que, dans de nombreux pays, la législation existante est plus stricte que les dispositions des normes internationales de marketing. L’OMS rappelle que le tabagisme augmente chez les jeunes dans le monde entier. Au niveau de la publicité, il est impossible de faire la différence entre un jeune de 19 ans et un de 17 ans. L’expérience mondiale montre souvent que les interdictions partielles de la publicité et du parrainage donnent des résultats partiels. En conséquence, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud, la Finlande, la Suède ou la Thaïlande, pour ne citer que quelques pays, ont remplacé les accords volontaires par des interdictions légales de la publicité et de la promotion du tabac. Selon les estimations de l’OMS en 1999, le tabac tuait quatre millions de personnes par an. Cette estimation a été portée à 4,2 millions en 2000. Un milliard de personnes mourront du tabagisme au cours de ce siècle, environ 150 millions pendant les vingt premières années, sept décès sur dix survenant dans les pays en développement. Sur les 300 millions de Chinois de sexe masculin qui ont actuellement entre 0 et 29 ans, 100 millions, soit un tiers, finiront par mourir du tabagisme. L’appel des Etats Membres de l’Organisation pour renforcer le contrôle des activités de l’industrie du tabac dans le monde intervient après qu’une enquête de l’OMS a établi que les cigarettiers s’étaient associés pour élaborer des plans visant à contrecarrer la lutte antitabac par des moyens manifestes ou secrets. A la suite de cette découverte, le premier organe directeur de l’Organisation, l’Assemblée mondiale de la Santé, a adopté une résolution en mai 2001 demandant aux Etats membres de se tenir informés de tous les efforts avérés ou dissimulés de l’industrie du tabac pour saper les négociations de la CCLAT. L’OMS affirme que la proposition de l’industrie du tabac vise à rouvrir le débat sur un type de marketing que de nombreux pays considèrent inacceptable, comme les publicités à la radio, à la télévision, sur Internet ou au cinéma. Ce secteur soutient également l’idée fausse qu’il est possible d’éliminer les publicités « ciblées » sur les jeunes ou les « attirant ». Toutes les publicités atteignent les enfants et les adolescents, qu’elles leur soient destinées ou non. Les publicités destinées aux 18 - 24 ans sont particulièrement parlantes pour les jeunes adolescents qui se languissent d’entrer dans cette tranche d’âge. Les propositions ont été établies sans tenir compte des recherches sur le tabagisme des jeunes et sans intention d’en évaluer les résultats. « Aucun fait n’a établi à nos yeux que l’industrie du tabac pouvait s’autoréglementer, a affirmé le Dr Brundtland, et nous devons rester sur le qui-vive face à toute tentative de nous persuader de la réussite de cette nouvelle action. » Pour plus d’informations, veuillez prendre contact avec Reshma Prakash, NMH Communications, OMS, Genève, téléphone : (+41 22) 791 3443 ; télécopie : (+41 22) 791 4832 ; courrier électronique : prakashr@who.int. Tous les communiqués de presse, aide-mémoire, articles de fonds OMS sont accessibles sur Internet par l’intermédiaire de la page d’accueil de l’OMS : http://www.who.int |
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