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DECLARATION
CONCERNANT L'HYPOTHESE SELON LAQUELLE UN VACCIN ANTIPOLIOMYELITIQUE EXPERIMENTAL A
ETE A L'ORIGINE DU VIH
Problématique :
Depuis le début de l'épidémie de SIDA, de nombreuses
spéculations ont fait surface aussi bien dans la littérature scientifique que plus
généralement dans la presse quant à l'origine du VIH, le virus qui provoque le
SIDA. Une théorie qui veut que le VIH ait été introduit dans la population générale
par un vaccin antipoliomyélitique expérimental utilisé en Afrique centrale pendant les
années 50 est présentée en détail par M. Edward Hooper dans son ouvrage The
River (1999). Cette théorie n'a rien de nouveau ; elle a été décrite par
d'autres auteurs et a déjà été rejetée par un groupe indépendant
d'experts.
Dans son ouvrage, M. Hooper présente les études qui doivent
être menées à bien pour exclure la possibilité d'une propagation du VIH à la
population générale par un vaccin antipoliomyélitique expérimental. Il s'agit
notamment de rechercher, dans les échantillons du vaccin expérimental que l'on a
conservés, le VIH, le virus de l'immunodéficience simienne et l'ADN du
chimpanzé (selon l'hypothèse, en effet, le vaccin a été élaboré sur cellules
rénales de chimpanzé).
Nouvelles conclusions scientifiques
Cette semaine (la semaine du 11 septembre), la Royal Society à Londres
s'est réunie pour examiner l'origine du VIH. La théorie de M. Hooper est
l'une des hypothèses examinées parmi d'autres.
Les observations scientifiques suivantes présentées à la Royal
Society vont elles aussi dans le sens du rejet de l'hypothèse de M. Hooper.
- D'après les données de séquençage génétique, la première introduction du VIH
dans la population humaine remonte aux alentours de 1930, c'est-à-dire à une
époque bien antérieure aux essais vaccinaux des années 50.
- Sur la base de méthodes moléculaires ultrasensibles, les échantillons de vaccin
antipoliomyélitique expérimental (stockés en lieu sûr depuis la fin des
années 50) ont récemment été testés en donnant des résultats négatifs pour la
recherche du VIH, du virus de l'immunodéficience simienne et de l'ADN du
chimpanzé. Ces derniers résultats excluent l'hypothèse selon laquelle des reins de
chimpanzé auraient servi à la préparation de ces échantillons de vaccin expérimental.
- En outre, le processus utilisé pour la fabrication ne permettrait pas au vaccin
expérimental d'être contaminé par le virus de l'immunodéficience humaine ou
simienne. Cette fabrication comprenait un traitement par la trypsine (une enzyme
puissante), la congélation, la décongélation et la filtration, autant de procédés qui
détruisent ou éliminent le VIH et le virus de l'immunodéficience simienne. Le
passage du VIH dans le produit vaccinal final n'est donc pas possible.
Conséquences
- Ces résultats vont dans le même sens que d'autres données épidémiologiques,
biologiques et virologiques et indiquent que l'hypothèse de M. Hooper ne peut
être corroborée.
- La souche Sabin du vaccin antipoliomyélitique oral utilisée pour la vaccination
n'est en rien apparentée au vaccin expérimental mis en cause par
M. Hooper (le vaccin « CHAT »). Les vaccins modernes sont toujours
testés avant l'utilisation et ne contiennent ni le VIH ni le virus de
l'immunodéficience simienne.
- Le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) est sûr et efficace, et il s'agit du
vaccin recommandé pour les efforts mondiaux d'éradication de la poliomyélite et la
certification de l'éradication en 2005. C'est le seul vaccin dont il est
prouvé qu'il interrompt la transmission du virus dans les pays en développement.
Grâce à ce vaccin, la campagne mondiale d'éradication de la poliomyélite a permis
de réduire de plus de 95 % le nombre de cas dans le monde dans les 12 années qui se
sont écoulées depuis son lancement et l'on est en mesure de parvenir comme prévu
à l'objectif de l'éradication.
Pour plus ample information, prendre contact avec Christine McNab, Attachée de Presse,
Unité de Polio, OMS, Genève, Tél (+41 22) 791 4688 ; Courrier électronique :
mcnabc@who.int ; ou Gregory Hartl, Porte-parole
de l'OMS, Genève, Tél. (+41 22) 791 4458 ;
Télécopie : (+41 22) 791 48 58; Courrier électronique : hartlg@who.int Tous les communiqués de presse et
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