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| Communiqué de presse OMS/71 18 novembre 1999 |
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| LA "DECLARATION DE KOBE" VISE A METTRE UN TERME A LA MENACE DU TABAGISME SUR LES FEMMES ET LES ENFANTS Des spécialistes des questions de santé et des militants antitabac ont exhorté l'Organisation mondiale de la Santé à faire toute la place voulue aux "besoins particuliers" des femmes et des filles dans le traité international qu'il est prévu d'adopter sur la lutte anti-tabac. La toute récente Déclaration de Kobe a été adoptée par consensus par les quelque 500 délégués qui ont assisté à la conférence internationale de quatre jours sur les femmes et le tabac tenue par l'OMS à Kobe, au Japon, du 14 au 18 novembre. Cette déclaration demande que la Convention-cadre internationale pour la lutte antitabac intègre dans tous ses aspects la notion de sexo-spécificité et énonce que l'égalité entre les sexes dans la société doit être une composante essentielle des stratégies antitabac qui doivent accorder aux femmes un rôle de premier plan. "Nous devrons travailler ensemble pour assurer le succès de la convention-cadre qui nous fournira un outil précieux pour la santé publique" a déclaré le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS. "Elle pourrait encourager les Etats parties à prendre des mesures appropriées afin de protéger les enfants et les adolescents de l'exposition au tabac en règlementant la publicité, la sponsorisation et l'étiquetage des produits du tabac." Le Dr Filomina Steady, présidente du groupe de rédaction de la Déclaration et professeur d'études africaines et d'études sur la sexo-spécificité à Wellesley College, MA, Etats-Unis d'Amérique, a souligné à quel point il est important d'attirer l'attention sur le risque d'une épidémie de tabagisme chez les femmes et les filles qui "constituent désormais la population cible de la dépendance à la nicotine dans le monde en développement. Cette déclaration alimentera la Convention-cadre pour la lutte antitabac ainsi assurée de comporter une forte dimension sexo-spécifique et d'être un outil capable de mobiliser les femmes, les ONG, les responsables politiques, les militants et les milieux universitaires." La Convention, qui devrait être adoptée au plus tard en mai 2003, sera le premier instrument international ayant force de loi conçu pour mettre un frein à la propagation mondiale du tabac et des produits du tabac. Il est notamment envisagé de prendre des mesures d'interdiction à l'encontre de la publicité pour le tabac, d'en règlementer la promotion et l'étiquetage, de relever les taxes, de renforcer la lutte contre la contrebande et d'organiser des programmes spéciaux d'éducation à l'intention des jeunes. Le Dr Douglas Bettcher, coordonnateur du travail de préparation de la Convention, a reconnu que des efforts supplémentaires devraient être faits pour préciser les problèmes spécifiques des femmes et leur faire la place voulue dans le texte du traité. "Les principes généraux énoncés dans la Déclaration pourraient servir de modèle pour la rédaction de certains aspects de la Convention....les recommandations et la déclaration qui viennent d'être adoptées offriront des bases solides pour ce processus." Les participants à la conférence - officiellement appelée Conférence internationale de l'OMS sur le tabac et la santé, Kobe - Tabac ou santé: créer la différence et éviter l'épidémie de tabagisme chez les femmes et les jeunes - ont examiné les moyens de contrer l'épidémie de tabagisme chez les femmes et les jeunes et ont porté en particulier leur attention sur la croissance alarmante du tabagisme chez les filles et les jeunes femmes en Asie. Une nouvelle enquête du Ministère japonais de la Santé et des Affaires sociales a par exemple montré que le pourcentage des femmes de 20 à 29 ans qui fument a plus que doublé entre 1986 et 1999, passant de 10,5 à 23,2%. Sur les 1,1 milliard de personnes qui fument dans le monde, 200 millions sont des femmes et ce chiffre devrait tripler d'ici 25 ans. L'OMS a estimé que sur les 4 millions de décès liés au tabac qui surviennent chaque année, 500 000 concernent des femmes. L'OMS a fait savoir que si les tendances actuelles se maintiennent, d'ici à 2025, le tabac fera chaque année 10 millions de victimes inutiles dont 70% dans les pays en développement. "Le principal moyen de prévenir l'épidémie au XXIème siècle sera d'arrêter la progression des taux de tabagisme chez les femmes d'Asie et d'Afrique en particulier et chez les jeunes" a déclaré le Dr Derek Yach, Directeur du projet exécuté au titre de l'initiative de l'OMS pour un monde sans tabac. "En santé publique, on axe généralement les efforts là où les taux de morbidité et de mortalité sont les plus élevés. Dans le cas du tabac, nous savons qu'il faut prévoir un délai qui est souvent de plusieurs décennies entre l'exposition et le décès. Si nous parvenons à arrêter l'augmentation des taux de tabagisme, nous savons avec certitude que nous empêcherons une épidémie massive au XXIème siècle." Moments forts de la conférence Si la Déclaration de Kobe a été le résultat le plus tangible de la conférence, celle-ci a été ponctuée d'autres moments forts, notamment au début et à la fin d'un ordre du jour consacré à des thèmes majeurs tels la prévalence du tabagisme et son impact chez les femmes tout au long de la vie ainsi que ses déterminants chez les femmes et les jeunes filles. Le premier de ces moments forts a été l'allocution d'ouverture du Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS, qui a présenté l'industrie du tabac comme l'ennemi public numéro un. "L'épidémie de tabagisme n'épargne aucune nation ni aucun peuple ..... quatre millions de morts inutiles par an, 11 000 par jour."" Dans le cortège de morts et de destructions programmé par l'industrie du tabac, la cigarette est le seul produit de consommation qui tue celui qui l'utilise comme il le souhaite." Le Dr Shigeru Omi, Directeur régional de l'OMS pour le Pacifique occidental, a fait part de l'inquiètude que lui inspire la situation en Asie. "L'industrie du tabac se tourne vers la région Asie-Pacifique pour recruter de nouveaux consommateurs en faisant appel à des techniques de marketing associant l'usage de la cigarette à une pratique socialement acceptable, dans le vent et séduisante." a dit le Dr Omi. Alors que seulement 8,6% des japonaises fumaient en 1986, ce chiffre est passé à 13,4% en 1999 selon les estimations. Le Dr Omi a ajouté que la prévalence du cancer du poumon dans le pays hôte, le Japon, avait augmenté de 14 fois au cours des 40 dernières années. "L'an dernier, 50 000 Japonais sont morts d'un cancer du poumon, qui est maintenant la principale cause de décès par cancer," a encore dit le Dr Omi. Le Dr Yach a fait remarquer que cette conférence était la première réunion internationale d'envergure tenue par l'OMS en Asie depuis le lancement de l'initiative pour un monde sans tabac et la première réunion sur les femmes et le tabac organisée au Japon. Au sujet des résultats attendus, le Dr Yach a évoqué la convergence nécessaire entre le mouvement pour l'égalité des femmes et les autorités de la santé publique invitées à inscrire résolument la lutte contre le tabac au centre de leurs préoccupations. Il a également souligné qu'un débat sérieux s'était engagé sur la participation des gouvernements à la fabrication, à la distribution et à la vente de produits du tabac. Les participants à la conférence se sont vus proposer une analyse approfondie des propriétés dépendogènes du tabac d'un côté, y compris des cigarettes soi-disant légères, et, de l'autre, de la séduction des messages publicitaires qui s'efforcent d'associer l'usage du tabac à des images de minceur, de sophistication et de femmes libérées des stéréotypes traditionnels. L'exposé de Nancy Kaufman sur les médias, la mode et la publicité a suscité une discussion animée. L'un des points forts de la conférence pour le fond a été l'exposé du Dr Rowena van der Merwe. En écho à un rapport récent de la Banque mondiale sur les gouvernements et l'économie de la lutte contre le tabagisme, elle a magnifiquement démontré les avantages économiques de la lutte contre le tabac, montrant que fumer est absurde autant que dispendieux. D'après les chiffres de la Banque mondiale, outre son coût en vies humaines, le tabac entraine, en maladies et en dépenses de santé, une perte nette mondiale de US$ 200 milliards par an - plus que les PNB combinés de la Malaisie et de Singapour. "Rares sont ceux qui contestent maintenant la nocivité du tabac pour la santé," a-t-elle dit. Mais le tabac est également mauvais pour la prospérité économique des pays. Le moment est maintenant venu de mobiliser "les outils et la logique de l'économie pour finir par .... réduire le tribut prélevé par le tabac." La prévention constitue le moyen de lutte le plus efficace et le plus rentable dont les effets sur les tendances futures seront des plus spectaculaires. Toutefois, des mesures complètes s'imposent aussi pour encourager les gens à cesser de fumer. Comme l'a suggéré le Dr van der Merwe, la solution passe par une politique énergique de taxation. "Une augmentation des taxes est le meilleur outil dont on dispose pour redonner leur juste perspective à la fausse perception qu'ont les jeunes du potentiel dépendogène du tabac et à la myopie dont ils font preuve en négligeant les conséquences de leur consommation sur leur santé future." Le Dr van der Merwe a proposé de porter les taxes à 66-75% du prix des cigarettes et d'utiliser les recettes pour financer des activités telles que des campagnes de soins de santé et de contre-publicité. Cette proposition a été incluse dans la Déclaration. A côté de déclarations des principaux participants, la conférence de presse finale a été marquée par les interventions de deux jeunes militantes antitabac très dissemblables. Annika Dulkmark, Miss Suède 1996, a expliqué comment les concours de beauté sont maintenant utilisés comme instruments de marketing antitabac. Par exemple, toutes les candidates au titre de Miss Suède doivent être non-fumeuses et leur rôle consiste en partie à aller dans les écoles et à éduquer les 10-14 ans sur les dangers du tabac. Elle a ajouté que la France, l'Italie, la Norvège, l'Islande, et les concours Miss Monde et Miss Univers (auquel participent 80 pays dans le monde entier) avaient adopté ou envisageaient sérieusement d'adopter de telles pratiques. La Sri-lankaise Tanya Selvaratnam, membre du conseil d'administration de Third Wave, fondation d'aide aux jeunes femmes, mais aussi actrice, productrice de films et diplômée de l'université Harvard en histoire internationale du droit, a donné un témoignage poignant de sa souffrance à la mort de son père médecin, à 54 ans, des suites d'un cancer du poumon. "Nous nous devons à nous-mêmes et nous devons à nos cadets de veiller sur eux pour qu'ils ne s'égarent pas," a-t-elle indiqué, résumant ainsi parfaitement l'esprit qui a animé la conférence et les stratégies de progrès qui y ont été proposées. Manifestations à venir Après avoir rendu compte des travaux de la consultation récemment tenue à Singapour sur les jeunes et le tabac (28-30 septembre), les animateurs de la conférence ont donné une liste de certaines des manifestations à venir, notamment:
Pour davantage de précisions, prière de consulter le site web de l'initiative pour un monde sans tabac, www.who.ch/toh Pour plus d'informations, les journalistes peuvent s'adresser à Gregory Hartl, Bureau de la presse et des relations publiques, OMS, Genève, tél. : (41 22) 791 4458. Télécopie : (41 22) 791 4858. Courrier électronique : hartlg@who.int Tous les communiqués de presse, aide-mémoire et OMS information, ainsi que d'autres informations sur le sujet, peuvent être obtenus sur Internet à la page d'accueil de l'OMS : http://www.who.ch |
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Communiqués
1999 | Note
à la presse 1999 |
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