Press Release

 

Communiqué OMS/38
20 mai 1998

 

 

DES EXPERTS SE REUNISSENT A MOSCOU POUR DISCUTER DES EFFETS INDESIRABLES DES CHAMPS ELECTROMAGNETIQUES SUR LA SANTE

 

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l'Académie russe des Sciences médicales (ARSM) ont organisé conjointement à Moscou la première consultation internationale tenue dans la Communauté des Etats indépendants (CEI) sur les effets nocifs éventuels des champs électromagnétiques (CEM) pour tenter de combler les lacunes importantes qui subsistent encore dans les connaissances scientifiques sur la question.

La réunion, qui a eu lieu à l'Institut de santé au travail de l'ARSM du 18 au 22 mai, a rassemblé quelque 80 experts de 14 pays. Pour la première fois depuis la fin du régime soviétique, des experts du Bélarus, de la Fédération de Russie et d'Ukraine rencontraient leurs collègues d'Afrique du Sud, d'Allemagne, de Bulgarie, du Canada, des Etats-Unis d'Amérique, de Finlande, de France, du Japon, du Royaume-Uni et de Suède pour examiner les preuves scientifiques qui ont été accumulées dans l'ex-Union Soviétique et sur lesquelles se fondent les normes d'exposition aux CEM actuellement en vigueur dans beaucoup de pays de la CEI.

La Russie a été l'un des pays pionniers de la recherche fondamentale sur les effets biologiques et sanitaires de l'exposition aux CEM dans la population en général, et plus spécialement chez les travailleurs exposés à ces rayonnements. Le Gouvernement soviétique a adopté les premières normes sanitaires limitant l'exposition aux CEM dès la fin des années 50. Des recherches ultérieures ont mis en évidence une relation entre l'intensité et la durée de l'exposition et la réaction de l'organisme humain aux CEM. Cette découverte a été prise en compte pour élaborer des limites d'exposition professionnelle et d'autres normes fondées sur l'hypothèse d'une relation dose-réponse.

Pendant quelques décennies, les normes limitant l'exposition humaine aux CEM sont restées plus rigoureuses dans l'ex-Union soviétique que dans d'autres parties du monde et il en est toujours ainsi dans les pays de la CEI. Les raisons qui ont présidé à l'établissement de ces limites sont encore peu connues en dehors de la CEI.

Depuis dix ans, les techniques faisant appel aux CEM sont en expansion rapide. Le téléphone mobile, par exemple, qui était à l'origine un gadget pour cadres supérieurs, est devenu aujourd'hui un moyen de communication indispensable. Or, les antennes des téléphones mobiles émettent des radiofréquences dont l'intensité pourrait facilement dépasser les normes russes actuelles. Si l'exposition aux CEM a des incidences sur la santé, la question doit être étudiée rapidement pour éviter qu'il n'en résulte d'importants problèmes de santé publique.

"Les nombreux travaux de recherche sur les effets nocifs éventuels des champs électromagnétiques qui ont été menés dans l'ex-Union soviétique et publiés principalement en langue russe restent pratiquement inconnus de la communauté scientifique internationale" a déclaré le Dr Michael Repacholi, du Projet international CEM de l'OMS, qui a préparé la réunion de Moscou.

Selon le Dr Repacholi, l'évaluation par l'OMS des données scientifiques disponibles Aserait incomplète si elle ne prenait pas en compte les résultats des travaux de grande qualité effectués dans l'ex-Union soviétique". Il a aussi souligné que la réunion de Moscou avait pour objectifs d'encourager une collaboration mondiale entre les experts, de faciliter l'échange d'informations scientifiques, notamment dans le domaine de la santé, et de faire connaître la contribution des pays de la CEI dans ce domaine.

"La sécurité des populations exposées à des sources de CEM sans cesse plus nombreuses et plus diverses, tant sur les lieux de travail qu'à domicile, est certainement devenue un problème de santé publique. En 1995, le Gouvernement de Russie a qualifié cette question de problème social" a fait observer le Dr Nikolai Izmerov, membre de l'Académie russe des Sciences médicales (ARSM) et directeur de l'Institut de santé au travail de cette Académie.

"Les technologies faisant appel aux CEM sont en constante évolution et la recherche sur d'éventuels effets néfastes pour la santé doit se poursuivre. Mais comme dans beaucoup d'autres domaines, la Russie est confrontée aujourd'hui aux problèmes posés par le manque de fonds et l'absence de coordination des travaux" a souligné l'académicien Izmerov. Il a préconisé la création d'un organisme consultatif national indépendant qui pourrait assurer cette coordination et rechercher d'autres sources de financement, en dehors du budget fédéral.

Devant la diversité croissante des technologies génératrices de CEM, comme la production, la distribution et l'utilisation du courant électrique, les émissions de télévision et de radio et les services mobiles de télécommunication, la crainte a été exprimée dans de nombreux pays que ces champs puissent avoir des effets néfastes sur la santé.

En 1966, en réponse à ces préoccupations, l'OMS a lancé le Projet international CEM qui fait appel à la collaboration d'experts du monde entier pour déterminer à quel niveau d'exposition aux CEM il est possible de mettre en évidence des effets néfastes sur la santé. Le projet cherche également à établir si des champs d'intensité plus faible peuvent aussi avoir des effets néfastes.

Un des objectifs du Projet CEM de l'OMS est de contribuer à l'élaboration de normes acceptables au niveau international. L'OMS souhaite que tous les pays communiquent les données obtenues par leurs chercheurs et participent pleinement aux autres activités du Projet CEM. Les conclusions de la réunion de Moscou seront publiées sous la forme d'un document OMS.


Pour de plus amples renseignements, les journalistes peuvent s'adresser à Igor Rozov, OMS, Genève. Téléphone : (41 22) 791 25 32. Télécopie : (41 22) 791 48 58. Email : rozovi@who.ch

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