Financement de la santé pour atteindre la couverture universelle

Comment protéger les populations des conséquences financières des dépenses de santé directes?

Mutualisation des risques et protection financière

Les dépenses assumées directement par les individus pour leur santé, y compris le paiement des médicaments, des consultations et autres actes médicaux et parfois les paiements informels, empêchent l’accès aux services de santé et sont source de difficultés financières. Même si les gens sont quelque peu protégés par des régimes d’assurance, ils doivent parfois assumer une partie des coûts (ex. copaiement, coassurance ou encore paiement direct).

Un recours moindre aux paiements directs contribuera à supprimer les obstacles financiers à l’accès aux soins et évitera que les dépenses de santé n’appauvrissent ceux qui doivent se soigner.

L’augmentation du niveau et de la part des recettes perçues par le biais de mécanismes de prépaiement et de mutualisation, la réduction de la fragmentation pour augmenter les capacités de redistribution des fonds mutualisés et le recours aux fonds mutualisés pour couvrir les dépenses de santé de ceux qui n’ont pas suffisamment de moyens sont les principaux éléments d’une stratégie que les pays doivent appliquer pour s’acheminer vers la couverture universelle.

Les systèmes de santé qui exigent le paiement direct et immédiat des soins par les patients empêchent des centaines de millions de gens d’accéder aux services et entraînent des difficultés financières, voire un appauvrissement, pour des millions d’autres. Les pays peuvent atteindre plus vite la couverture universelle en ayant moins recours au paiement direct. Pour cela, il faut élever le niveau et augmenter la part des fonds prépayés et mutualisés. Les pays qui ont le plus progressé en matière d’accès aux services et de protection financière sont ceux qui exigent une contribution des personnes qui en ont les moyens, par le biais des impôts ou du paiement obligatoire d’une cotisation à l’assurance-maladie.

Les fonds doivent être mutualisés pour pouvoir être redistribués aux personnes dont les besoins en termes de santé sont les plus grands. À montant égal, moins les fonds mutualisés sont nombreux, plus il est facile de redistribuer les sommes. À partir d’un certain niveau de fonds prépayés, moyennant des réformes pour regrouper les fonds mutualisés, les pays peuvent améliorer la protection financière et l’équité d’accès.

Si aucun pays n’est parvenu à la couverture universelle en misant principalement sur des régimes d’assurance volontaire (assurance-maladie communautaire ou commerciale privée, par exemple), ceux-ci peuvent être utiles s’ils sont utilisés explicitement en complément de l’assurance obligatoire. Il est donc essentiel, pour progresser, de prendre en considération toutes les sources de fonds dans le cadre d’une stratégie nationale intégrée de financement de la santé, en particulier dans les pays qui n’ont pas les capacités voulues pour obtenir un haut niveau de financement obligatoire.

Même si le paiement direct est éliminé, certaines personnes ne pourront toujours pas, pour des raisons financières, accéder aux services de santé. Les frais de transport et de logement à engager pour obtenir un traitement peuvent en effet s’avérer prohibitifs. Les pouvoirs publics doivent envisager des solutions, par exemple des allocations ou des bons de réduction, afin de supprimer cet obstacle.

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