Financement de la santé pour atteindre la couverture universelle

Comment utiliser les ressources disponibles de manière plus équitable et efficace?

Plus de santé pour son argent

Le manque de financement en faveur de la santé est un problème partout mais tous les pays peuvent déjà agir davantage avec les ressources existantes. Dans de nombreux domaines, les ressources sont utilisées de manière peu efficace: achat et usage des médicaments, gestion des hospitalisations, prise en compte des capacités et de la motivation des agents de santé et définition de l’éventail des services de santé.

Le mode de financement de la santé peut aussi être un facteur d’inefficacité et les incitations financières en faveur des prestataires influent certainement de manière décisive (pour le meilleur ou pour le pire) sur l’utilisation plus ou moins efficace des ressources.

Plus généralement, il est possible d’améliorer l’efficacité en allouant des ressources aux prestataires sur la base d’informations concernant leur performance et les besoins sanitaires de la population. Ces mécanismes d’«achat stratégique» impliquent souvent de passer des contrats.

Tous les pays peuvent faire quelque chose, et beaucoup d’entre eux peuvent agir fermement, pour améliorer l’efficacité de leur système de santé et ainsi libérer des ressources qui pourraient servir à étendre la couverture. Certaines de ces mesures seraient, par exemple, destinées à améliorer l’efficacité dans un domaine particulier du système de santé, tel que les médicaments. D’autres porteraient sur les mesures incitatives inhérentes aux modes de financement du système de santé (achat de services et paiement des prestataires, en particulier).

Tous les modes de paiement des prestataires présentent des atouts et des faiblesses mais il faut éviter le recours généralisé au paiement à l’acte non ciblé car il incite à proposer trop de services, notamment aux personnes qui ont les moyens de payer ou à celles qui sont couvertes par des fonds mutualisés. À l’opposé, si l’on n’a recours qu’à des postes budgétaires strictement définis, les prestataires sont incités à offrir des services insuffisants et à être peu productifs et les administrateurs n’ont pas de marge de manœuvre pour résoudre les problèmes.

Tous les pays peuvent tenter d’améliorer l’efficacité en adoptant une approche plus stratégique de l’allocation des ressources destinées à payer les prestataires et à financer les services, basée, totalement ou partiellement, sur des informations relatives aux besoins sanitaires de la population et/ou à la performance des prestataires (coût et qualité).Regrouper davantage les fonds mutualisés et l’achat de services de santé permet de réduire les frais administratifs du système tout en permettant la mise en place de mesures incitatives cohérentes pour que les prestataires de services soient plus efficaces.

Les partenaires internationaux du développement peuvent également aider à développer les institutions de financement nationales et réduire la fragmentation du financement qu’ils apportent aux pays et celle des rapports remis par les pays sur l’utilisation de ces fonds. Ils pourraient participer à la réduction du dédoublement des tâches au niveau mondial.

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